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Industrie du film en Alberta: Des revenus qui pourraient quintupler d'ici 5 ans

L’industrie du film en Alberta est en plein essor. La région de Calgary à elle seule génère environ 100 millions de dollars en revenus chaque année. L’organisme Développement économique Calgary (Calgary Economic Development) croit qu’en l’espace de cinq ans, ces profits pourraient quintupler si la province, qui offre des mesures incitatives et des subventions aux compagnies venant produire un film ou une série télé en Alberta, investissait davantage.

Un mois après la création de Productions Loft, le téléphone des deux cofondateurs, Steve Jodoin et Marie-France Guerrette, commence à sonner. Ils n’ont peut-être pas encore signé de contrat avec un client, mais les organismes oeuvrant en français ou en anglais commencent à les questionner sur les services qu’ils offrent. « Plusieurs personnes m’approchaient pour me demander quelle entreprise de production elles devraient engager pour produire du contenu vidéo. Au fil du temps, je me suis rendu compte qu’il y avait un besoin. C’était rendu compliqué de les référer, Marie-France et moi avons donc décidé de le faire nous-mêmes », lance le cofondateur de Productions Loft et réalisateur, Steve Jodoin.


Selon lui, « n’importe quel organisme avec un site Internet devrait avoir une vidéo aujourd’hui ». Il soutient qu’une vidéo de bonne qualité, qui peut coûter à petit prix entre 3000 et 5000 dollars, peut durer longtemps si elle est bien réalisée. Steve Jodoin rappelle toutefois qu’il faut penser à la renouveler après quelques années. « Les gens viennent tannés de regarder la même affaire. La vidéo permet d’attirer le regard des gens et de leur en faire connaître sur un organisme ou une entreprise », indique-t-il.

Un petit coup de pouce
Leur offre se divise en trois parties : vidéos corporatives, documentaires et contenus pour la télévision. Marie-France Guerrette et Steve Jodoin s’occupent de la scénarisation et de la réalisation et engagent du personnel technique, notamment pour la caméra et le montage. L’ouverture d’un studio de tournage à Calgary, prévue à l’automne 2015, ne les laisse donc pas indifférents. S’ils le veulent et s’ils ont des occasions de tourner dans le sud de la province, ils pourront avoir accès à des salles de tournage, des accessoires et des travailleurs de l’industrie du film.  

« Calgary devait se doter d’un studio de tournage. Nous étions l’une des seules villes de l’industrie du film au Canada et peut-être même en Amérique du Nord qui n’avait pas ce genre d’infrastructure en place. Notre climat et nos hivers rigoureux font en sorte que c’est difficile d’attirer des entreprises étrangères ici à l’année », explique celui qui frappe aux portes des réalisateurs de films, de contenus numériques et de séries télévisées de Los Angeles, New York, Toronto, Montréal et Vancouver, Luke Azevedo. « À chaque fois, on me pose les trois mêmes questions : quelles sont vos primes d’encouragement, vos travailleurs sont-ils expérimentés et quelles sont les infrastructures à notre disposition », précise le commissaire à Développement économique Calgary.

À ces questions, Luke Azevedo a plusieurs réponses. D’abord, l’Alberta investit 23,5 millions de dollars par année pour offrir des subventions aux réalisateurs. Chaque projet peut recevoir jusqu’à 5 millions de dollars en retour de la province.Le porte-parole de Développement économique Calgary estime ensuite que l’Alberta a beaucoup à offrir dans un rayon de 300 kilomètres : une diversité de reliefs, c’est-à-dire les montagnes Rocheuses, les prairies et les badlands et la présence de deux villes de plus d’un million d’habitants chacune.

La province compte aussi des travailleurs expérimentés qui ont été nommés à plusieurs reprises pour les Golden Globes, les Oscars et les prix Emmy.

Au cours des dernières années, de grands projets de films et de séries télévisées comme Fargo, Hells on Wheels, Heartland et The Revenant ont été tournés en grande partie ou en totalité en Alberta.

« Notre industrie bénéficie du dollar canadien bas en ce moment. Ça rend le Canada plus intéressant pour les réalisateurs de films étrangers. Si le gouvernement [provincial] nous donne les outils, nous pouvons devenir une alternative viable à l’industrie pétrolière qui se porte moins bien », soutient Luke Azevedo, en précisant que son organisme devrait avoir une meilleure idée en septembre de l’orientation que veut donner le nouveau gouvernement à l’industrie du film.  

« Je pense que les projections de Développement économique Calgary sont très optimistes, mais il y a moyen d’y arriver. Il suffit d’avoir du personnel qualifié en place. Le studio de tournage de Calgary et les programmes postsecondaires reliés à ce domaine offerts un peu partout en province peuvent contribuer à créer cette expertise », croit le ministre de l’Éducation, de la Culture et du Tourisme, David Eggen. Celui-ci ajoute qu’en ce moment, son gouvernement évalue les besoins de l’industrie. Dans les prochaines années, un système de crédits d’impôts pourrait voir le jour en Alberta, comme c’est le cas en Colombie-Britannique et en Ontario. Il s’agirait d’une autre prime d’encouragement pour les compagnies de réalisation.

« Notre gouvernement est conscient que d’investir dans l’industrie du film et dans les médias en général est une bonne valeur ajoutée. Nous savons que la province a beaucoup de potentiel », lance le ministre Eggen sans toutefois donner de détails sur le prochain budget qui sera alloué à l’industrie du film. Il doit rencontrer des représentants de ce secteur sous peu.

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