Le 18 juin marque le début de la fête du ramadan pour des milliers de musulmans à travers le monde. Cette année, le jeûne du lever au coucher du soleil s’annonce particulièrement difficile: les fidèles devront s’abstenir notamment de boire et de manger durant la journée la plus longue de l’année, le solstice d’été.

Environnement Canada prévoit des températures au-dessus des normales saisonnières cet été, en Alberta. Mais ce n’est pas ce qui découragera Safa Abida, une jeune musulmane de Calgary, d’observer le ramadan. Pourtant, elle travaille presque toute la journée sous le soleil, au camp de jour de l’Université de Calgary. « Je vais prendre mes précautions. Je vais, par exemple, porter des lunettes de soleil et un chapeau pour ne pas faire de coup de chaleur. Puis je vais boire des grands verres d’eau avant la venue du soleil et après son coucher », indique la jeune femme.


L’étudiante en Science de la psychologie de l’Université de Calgary avait environ 13 ans lorsqu’elle a été introduite à cette tradition musulmane. « Quand j’ai commencé, j’étais chanceuse, c’était en novembre et les journées étaient plus courtes. L’été, les journées sont plus longues et c’est plus difficile » , explique celle qui tolère bien la chaleur.

Pour elle, le ramadan en vaut vraiment la chandelle. C’est l’occasion de se ressourcer et de se rapprocher de Dieu. Après chaque mois de jeûne, elle sent la spiritualité revivre en elle. « Je me rapproche des petites choses de la vie que Dieu a mis sur mon chemin. J’apprends à les apprécier. Ça me permet aussi de mieux comprendre la réalité des sans-abri et des gens vivant dans les pays en guerre et sous-développés », explique celle qui se fixe comme objectif de donner de son temps libre à ceux qui en ont besoin.

Résolutions de la Nouvelle Année

Pour Safa Abida, le ramadan est un peu comme la Nouvelle Année; c’est le moment d’établir des résolutions. « Chaque année, je me donne le défi de relire le coran. Les bonnes actions de Jésus et de Moïse, par exemple, m’inspirent à les reproduire dans ma vie personnelle. Pour moi, le défi est de réfléchir à comment j’occupe mon temps, à comment je fais du bien autour de moi et à comment je traite mes voisins », dit-elle.

La décision d’observer le ramadan est la sienne, elle ne lui a pas été imposée. « Si je le faisais pour mes parents, je pourrais manger et boire en cachette, mais ce n’est pas le cas, loin de là. Je le fais pour Dieu et pour devenir une meilleure personne », rassure-t-elle.

« Je pleure la dernière journée parce que je trouve ça triste que l’exercice soit fini. Le ramadan, ça me rapproche aussi de ma famille et de ma communauté. Nous allons chaque soir à la mosquée, nous partageons de la nourriture et nous nous entraidons. Après tout, se priver pendant un mois n’est pas un si grand sacrifice lorsqu’on a accès à tout ce dont on a besoin tout le reste de l’année », souligne Safa Abida.

Un ramadan en santé

Durant l’exercice, elle surveille à la calorie près ce qu’elle consomme. Elle s’assure de manger suffisamment de fruits et de protéines, de boire suffisamment d’eau et de prendre des vitamines pour pouvoir passer la journée. C’est une période qu’elle qualifie de désintoxication et de purification, une période qui lui donne de l’énergie. « Ça m’aide à mettre fin à mes vices. J’ai la dent sucrée et ça me permet de ralentir ma consommation », dit-elle avec le

La diététicienne spécialisée en diabète, Vivian Ng, croit qu’il est possible d’observer le ramadan sans compromettre sa santé. « Il s’agit seulement de boire beaucoup d’eau quand le soleil est couché, d’éviter la caféine le plus possible parce qu’elle déshydrate et de consommer de la nourriture qui prend du temps à digérer comme des pâtes alimentaires. Il faut aussi manger des aliments qui contiennent beaucoup de protéines, comme les produits laitiers et les noix », renseigne-t-elle.

L’association à but non lucratif de Calgary, Western Muslim Initiative, qui organise des activités pour promouvoir la culture musulmane, a rédigé un guide permettant aux fidèles qui observent le ramadan de le faire en toute sécurité. Parmi les conseils : manger beaucoup de fibres, éviter de consommer des produits alimentaires riches en sel et cuisiner avec des huiles végétales. L’organisation suggère par exemple d’ajouter des légumineuses, comme les haricots, les pois chiches, les lentilles, les noix et les graines dans les mets au cari, dans l’humus et dans les sandwichs roulés. Elles sont faibles en gras saturés et riches en fibres.

Western Muslim Initiative déconseille la consommation de sel ou d’aliments contenant du sel, comme le ketchup, le chutney, les craquelins, les viandes et poissons en conserve, le fromage et les mets préparés. Ces produits donnent la soif.

La fête du ramadan est du 18 juin au 17 juillet.

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