Dralion : dépasser l’humanité

Les déesses de l’air, de la terre et de l’eau, ainsi que Yao de feu, le guide des démons fougueux, prendront vie grâce à la troupe du Cirque du Soleil, qui présentera Dralion au Rexall Place d’Edmonton du 6 au 10 juillet prochain.

Dralion, dont le nom évoque la fusion entre les acrobaties de l’occident (dragon) et d’orient (lion), est une production dont l’énergie irradie et de laquelle la directrice musicale Violaine Corradi parle avec passion. « Le concept de Dralion est axé sur la folie merveilleuse, tente-t-elle de décrire. Il y existe un lien à un niveau étonnant entre tout ce qui se passe sur la scène, entre les acrobates, les clowns, les musiciens et les chanteurs. Ça déménage. C’est difficile à définir, c’est un tsunami d’amour. Je suis impatiente que les gens aillent le découvrir. »


Une première aventure
Violaine Corradi, montréalaise d’origine italienne, a été recrutée par le Cirque du Soleil en 1998 et elle signe avec Dralion sa première collaboration avec la célèbre troupe, une aventure qui se poursuit depuis avec les spectacles de Varekai et, à l’heure actuelle, de ZAIA.

Pour son premier contrat, elle a vite été plongée dans le bain. « La construction des musiques des spectacles du Cirque du Soleil s’étale habituellement sur trois ans, explique-t-elle. Mais pour Dralion, des circonstances particulières ont fait que je n’ai eu qu’un an pour composer et arranger la musique. Le défi avec Dralion n’était pas seulement le délai, mais une combinaison d’éléments. C’était ma première expérience, ils m’ont dit que j’avais un an, je n’ai pas posé de questions et j’ai sauté dedans. »

Le travail commencé s’est ensuite fait très vite. « La création, c’est toujours une aventure, signale Violaine Corradi. On se lance dans le vide et on découvre, pendant la chute, qu’on a des ailes. » Elle compare de cette manière son travail de création avec celui des trapézistes, pour lesquels elle ne cache d’ailleurs pas son admiration.

« Ils prennent d’énormes risques, et c’est leur passion, insiste-t-elle. Ils sont sur scène et ils montrent comment ils dépassent ce qu’est un être humain. C’est pour cela que tellement de gens aiment le cirque, parce qu’ils s’y reconnaissent, ils ressentent en eux cette capacité de dépassement. »

Mme Corradi indique au passage que, bien qu’elle se penche actuellement sur le scénario de ZAIA, une œuvre de Gilles Maheu, son travail avec Dralion n’est pas terminé.

Depuis la première du spectacle, présentée à Montréal le 22 avril 1999, elle ne cesse d’ajuster le tir, si bien que ce qui sera présenté à Edmonton sera bien différent. « Le spectacle est toujours en mouvement. Il respire et vit comme un être humain », affirme-t-elle.

L’œuvre de créateurs francophones
Contrairement à la version officielle, le Nouveau-Brunswick n’est pas le seul territoire canadien bilingue : avec ses concepteurs recrutés aux quatre coins du pays, la dualité linguistique est aussi une réalité quotidienne au Cirque du Soleil. Violaine Corradi décrit d’ailleurs son milieu de travail comme « un pays bilingue. »

Pour son premier contrat avec la troupe, la québécoise a travaillé avec une équipe expérimentée de créateurs parmi lesquels on compte le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, le tout premier directeur artistique que le Cirque du Soleil ait connu, Guy Caron, ainsi que huit autres francophones.

« Ce n’est pas arrivé souvent que le processus de création ne se déroule que dans une langue », dénote la Montréalaise. Depuis le début de sa collaboration avec le cirque, elle a pu remarquer que les discussions au sein des équipes de créateurs se passent tout aussibien dans les deux langues officielles.

Cependant, il n’est pas question, lors d’un travail d’une ampleur telle que celui de la création d’un spectacle pour le Cirque du Soleil, que la barrière de la langue ne devienne un obstacle. « Ça dépend des équipes, explique-t-elle. On peut parler en français ou en anglais, selon ce que comprend la personne en face de nous. L’important ici n’est pas la langue, mais que tout le monde nous comprenne. »

La directrice musicale ajoute qu’en ce qui concerne la troupe complète, le milieu est littéralement multilingue, avec des artistes et des acrobates provenant de partout sur la planète.

« On appelle l’équipe du Cirque la “petite ONU” parce qu’on entend toutes les langues et les accents. Pour Dralion par exemple, il y a un fort contingent chinois. Comme une grande partie de la troupe parle mandarin, un interprète travaille avec eux en tout temps. Nous, on en profite pour apprendre quelques mots. De leur côté, ils apprennent un peu de français. Certains suivent aussi des cours d’anglais. Sur d’autres spectacles, on apprend d’au-
tres langues. C’est une école incroyable », termine-t-elle.

BDV : :Équilibre sur canne : Han Yuzhen. (Photo Daniel Desmarais)

 

 

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