Jean et Béatrice, conte de fée moderne

La troisième et dernière pièce de L’Unithéâtre cette saison sera jouée jusqu’au 5 avril. Écrite par Carole Fréchette et mise en scène par Brian Dooley, cette histoire d’amour contemporaine réunit un chasseur de prime cupide et une femme rêvant au prince charmant.

« Ça résonne comme un conte de fée, ça c’est voulu de la part de Carole [Fréchette, l’auteure] », explique Brian Dooley, metteur en scène de Jean et Béatrice, la nouvelle production de L’Unithéâtre jouée du 25 mars au 5 avril à La Cité francophone. Librement inspirée du conte allemand Raiponce– celui avec la jeune femme enfermée au sommet d’une tour –, l’histoire nous présente Béatrice, qui habite seule au 33e étage de son immeuble. « Elle a mis des affiches sur les poteaux à travers la ville. Elle cherche un homme qui peut l’intéresser, l’émouvoir et la séduire. Y’a ces trois étapes-là », sourit le metteur en scène. À la clé, une « récompense substantielle » qui fait apparaître des dollars dans les yeux de Jean, peu intéressé par la romance... jusqu’à présent.

« Je suis toujours fasciné par les relations humaines, quand il y a une complexité subtile, elusive, quand on parle de l’amour ! », résume Brian Dooley. Pour favoriser l’intimité entre les deux comédiens – Steve Jodoin et France Perras – et les spectateurs, le directeur de L’Unithéâtre a fait en sorte d’insérer la scène dans le public, pour que celui-ci soit disposé sur trois des quatre côtés. « C’est ce genre d’expérience que j’aime et que je recherche quand je vais au théâtre », confie-t-il simplement. Minimaliste, le décor du huis clos possède néanmoins une immense fenêtre permettant des projections vidéo, d’ailleurs présentes dans les didascalies de la pièce écrite en 2002.


Aussi, les dialogues respectent scrupuleusement ceux du texte original, ce qui peut poser quelques difficultés aux comédiens. « Les tournures de phrases sont complètement différentes. J’ai tendance à vouloir sortir les mots dans un ordre… et c’est complètement l’opposé », avoue France Perras, interprète de Béatrice, tout en appréciant la poésie et les qualités stylistiques de la pièce. « Ce qui est important, c’est de me brancher directement dans le texte, de vraiment être ouverte en tant qu’instrument – la comédienne – et d’être capable de faire danser les mots dans mon corps pour que quelque chose en ressorte », ajoute-t-elle.

« Le plus gros défi, c’est de savoir ce qu’il se passe dans la tête du personnage, estime pour sa part Steve Jodoin, interprète de Jean. Il arrive là dans le but de se faire payer : il aime les récompenses. Je pense qu’il ne s’attendait pas à ce que Béatrice soit comme elle est… Elle est quand même assez intense ! Ça le fait réfléchir à des histoires de sa vie passée... Ce qui m’a vraiment touché, c’est les différentes couches de ce personnage. Chaque répétition, ça m’a amené à un autre endroit ».

Une certaine alchimie préexiste entre les deux acteurs, ce qui a facilité leur travail d’équipe et leurs interactions. « Le fait que France et moi, on est de bons amis, ça aide énormément à se faire confiance sur scène », affirme Steve. « Je ne sais pas si j’aurais voulu le faire avec qui que ce soit d’autre ! », avance quant à elle France.

Finalement, la pièce questionne la relation de couple dans notre monde d’aujourd’hui. « Qu’est-ce que nous enseignent les médias et les films ? C’est quoi tomber en amour ? Qu’est-ce qu’on fait pour rester en relation ? », s’interroge la comédienne. Des éléments de réponse seront distillés au théâtre de La Cité francophone jusqu’au 5  avril…

 

Photo : courtoisie Epic Photography

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