La troupe du Campus Saint-Jean ressuscite Pinocchio

Après avoir mis en scène deux créations originales, le professeur Bernard Salva a choisi le Pinocchio de Joël Pommerat pour ses étudiants du Théâtre à l’Ouest. Une version moderne et multiculturelle qui sera jouée du 20 et 22 mars.

Comme chaque année, le club de théâtre du Campus Saint-Jean (CSJ) propose une pièce pour le grand public. Il s’agira cette fois du Pinocchio écrit par Joël Pommerat en 2008. « C’est quelqu’un qui explose depuis 5-6 ans, il est parmi les auteurs français les plus joués à l’heure actuelle », explique Bernard Salva, metteur en scène et professeur au CSJ.

« Ça n’a plus rien à voir avec le Pinocchio de Walt Disney ou même l’italien (le roman original a été écrit par Carlo Collodi à la fin du XIXe siècle, NDLR) », assure-t-il, bien que les éléments les plus mythiques – comme le nez qui s’allonge lorsque Pinocchio ment – aient été conservés. Question décor, M. Salva a fait le choix de cubes de couleurs primaires pouvant être déplacés, ce qui donne à la scène des allures d’arène de cirque.

« Depuis une dizaine d’années, il y a un renouveau de l’écriture jeune public qui auparavant était relativement méprisée », explique le metteur en scène, pour qui il est hors de question d’édulcorer le contenu ou d’infantiliser le public. Le professeur du théâtre apprécie le fait que Pommerat « ne se contente pas d’un vernis divertissant » et parle de sujets actuels comme l’éducation ou la pauvreté.


Une troupe multiculturelle

En plus de présenter une version revisitée du célèbre conte, la troupe du Théâtre à l’Ouest peut compter sur un atout de poids : son multiculturalisme. « Sur scène, on a la Chine, la Colombie, la France, le Canada, l’Afrique…, cite Bernard Salva. Ça crée de très belles dynamiques. »

Douze étudiants participent à la pièce : huit comédiens et trois conteurs, dont deux d’origine africaine. « Il y a une relation au conte et à l’oralité qui est beaucoup plus forte en Afrique qu’en Occident », argumente Bernard Salva, qui essaye de tirer le meilleur parti de ses étudiants tout en leur offrant une expérience de qualité professionnelle, notamment avec des lumières et des costumes de qualité.

« C’est une atmosphère formidable avec les comédiens et une expérience extraordinaire pour moi », s’enthousiasme Likang Ding, interprète de Geppetto. Il décrit son personnage comme « quelqu’un de timide, qui ne parle pas beaucoup », mais qui « fait tout pour le bien de son fils ». L’étudiant a passé un an au Campus Saint-Jean avant d’opter pour une école de commerce… ce qui ne l’a pas empêché de continuer le théâtre rue Marie-Anne-Gaboury. « Le théâtre, c’est une façon de se distraire, d’échapper aux soucis du monde ! C’est un art de communication donc ça m’intéresse beaucoup », ajoute le Chinois de 20 ans.

Une date pour les scolaires

Le 20 mars, la première date sera destinée aux scolaires, ce qui n’était pas arrivé au club de théâtre de CSJ depuis bien longtemps. « C’est un gros défi pour les comédiens. Ça demande à articuler plus… C’est un peu comme de jouer dans la rue », confie le metteur en scène.

Jouer devant un public d’enfants n’intimide pas tellement Likang Ding. « Quand tu es sur scène, tout est obscur ici, tu ne vois pas les spectateurs ! Tu sais que tu as des yeux qui te regardent mais tu ne les vois pas... »

 

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