Mathieu Lefèvre exposé à la Biennale d’art contemporain

 

Mathieu Lefèvre a fait son chemin dans le milieu de l’art contemporain tout en critiquant les arcanes. La Biennale d’art contemporain de l’Alberta lui rend un hommage posthume.

Dans le mot d’introduction au livre dédié à l’œuvre de Mathieu Lefèvre, sa mère, Erika, parle d’un tableau qu’elle avait également mentionné en entrevue, au sujet des ambitions du jeune artiste décédé en 2011 dans un accident de vélo à Brooklyn. Le tableau représente le Musée des beaux- arts du Québec s’envolant en flammes avec le jeune artiste sur ses marches. « Pour créer sa propre œuvre, pour se faire une place aux échelons de la Tour d’ivoire de l’Art, le jeune artiste doit détruire la hiérarchie, secouer la fondation de l’Institution de l’Art. Mais le jeune artiste ne se libère pas de l’Institution, l’Institution elle-même se libère de sa fondation, emmenant avec elle l’Artiste vers le futur, vers le monde magique de l’imagination et du rêve. »


À titre posthume, et le premier, car toujours plus contemporain que ses contemporains, l’artiste franco-albertain Mathieu Lefèvre expose à la Galerie d’art de l’Alberta, dans le cadre de la Biennale de l’art contemporain de l’Alberta depuis le 23 janvier (et jusqu’au 3 mai). « Je trouvais qu’il était très important de reconnaître la carrière de Mathieu Lefèvre dans la biennale. Plusieurs artistes qui y participent le citaient comme référence », souligne la curatrice de l’exposition, Kristy Trinier.

Ce sont quatre œuvres de sa série Histoire de l’Art − des graffitis d’expressions d’usage familier sur des reproductions des grands de la peinture – qui donnent le ton à l’exposition Future Station, composée de jeunes artistes albertains qui, pour la plupart, n’avaient pas encore été invités à la biennale. « Le questionnement face à l’autorité qu’est l’Histoire de l’Art, l’utilisation de matériaux trouvés et la culture de la rue sont des éléments de l’oeuvre de Mathieu qui font qu’il est encore pertinent en 2015 », pense la curatrice.

Mais comme le fait remarquer Erika Lefèvre dans le livre Mathieu Lefèvre, I don’t understand art about art, l’ironie la plus efficace n’exclue pas le désir de se voir consacré auprès de ses pairs, comme à la biennale, ou qui sait, un jour, dans un musée d’art contemporain. « Mathieu était très conscient du sérieux de sa satire. Même s’il aimait rigoler, il considérait le fruit de son travail comme étant des œuvres d’art. Il était conscient de faire lui-même partie de l’histoire de l’art, de par son approche critique », affirme Mme Trinier.

Mathieu Lefèvre est emblématique d’une qualité propre à l’art contemporain en Alberta : celle du renégat, pense la curatrice de la biennale. C’est ce qui lui donne son espace infini pour créer. Kristy Trinier l’explique de cette façon : « Ils pratiquent leur art sans attendre de rétroaction de la communauté internationale, d’attention des critiques ou de personne, d’ailleurs, seulement parce qu’ils ont un amour intense pour leur art. »

Le livre de Mathieu Lefèvre est disponible sur mathieulefevre.com

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