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Un musée historique à Beaumont en 2015 ?

C’est ce qu’espère la Beaumont Heritage Society qui, depuis 2010, tente de sauver les bâtiments historiques de ce village, devenu ville tardivement.

« Il ne se passait pas grand chose ici jusque dans les années 70 », explique Carole Hudson, la fondatrice de la Beaumont Heritage Society. « Le village de Beaumont était très petit quand je suis née dans les années 50. Chaque quart de section avait une ferme, une grange et puis des vaches, c’est tout ! », relate Adèle Madu, née Gobeil. Cette dernière vient de signer les papiers pour faire don de l’étable familiale (photo ci-dessous) à la société patrimoniale, conjointement avec une autre association intéressée à préserver les traditions locales : la Beaumont Agricultural Society.

L’étable – achetée dans les années 40 par Ernest et Angéline Gobeil – va être déménagée à un mille et demi de la ville, sur le terrain de l’Agricultural Society. Le rêve est d’en faire une salle communautaire où pourront être célébrés les mariages au pas de valse et de two steps, comme dans le bon vieux temps. « Nous, c’est ce qu’on faisait quand on était jeunes : on allait à toutes les danses des villages environnant. Et quand quelqu’un se mariait, tout le village était invité à la soirée dansante, raconte la fille de fermiers. Je veux préserver l’héritage pas seulement de mes parents, mais de toutes les familles de Beaumont. »


 

La société historique

C’est également ce qui avait motivé Carole Hudson, quand elle est arrivée à Beaumont dans les années 90, à travailler avec ses contacts à la ville de Beaumont, pour déterminer l’ancienneté des maisons qui semblaient prendre de l’âge. « Je trouvais qu’il nous fallait un musée à Beaumont. J’ai su que plusieurs années avant, il y avait eu une société historique et qu’ils avaient essayé de sauver une autre maison, en vain, raconte-t-elle. Un de mes amis m’avait alors dit que la maison Saint-Jacques devait être une des plus vieilles. Ça a pris plusieurs coups de téléphone, mais j’ai finalement appris qu’elle datait de 1912. Ça en fait la plus vieille bâtisse de Beaumont, plus vieille que l’église qu’on a actuellement ! » En effet, l’église originale avait brûlé en 1918 (elle datait de 1895).

L’épopée de la Beaumont Heritage Society a commencé de cette façon. Elles n’étaient que trois femmes au départ. Avec l’idée de sauver la maison Saint-Jacques et un jour, d’en faire un musée. Malheureusement, elles devaient d’abord amasser des fonds puisque la maison et le terrain sur lequel elle se trouvait n’appartenaient plus désormais à la famille Saint-Jacques. « Je suis allée à la maison pour visiter Robert Saint-Jacques et sa mère. Il m’a dit qu’il avait vendu la maison ! » Les propriétaires de la maison ont cependant accepté de la leur donner, si elles payaient les frais du déménagement.

La ville leur a proposé un emplacement récréatif, trop proche du trafic de la 50e avenue pour être utilisé pour un parc d’enfants, mais qui, commodément, se trouve sur une portion de ce qui était le terrain de 80 acres de la famille Saint- Jacques. Carole Hudson avait à cette époque approché la société agricole de Beaumont – dont elle connaissait le projet de préserver l’étable des Gobeil – pour former une organisation officielle dédiée à la conservation du patrimoine de la ville. La Beaumont Heritage Society fut enregistrée comme telle en 2010.

Le projet       

Le rêve qui a permis à l’organisme de lever des fonds s’élevant à 100 000 $ : faire de la maison un musée et centre historique et communautaire, hébergeant les bureaux de la Beaumont Heritage Society, une salle de recherche généalogique ouverte à tous et une salle d’activités, le tout dans un sous-sol moderne et accessible aux handicapés, en dessous de la maison restaurée selon son panache des années 40. Il y aura également une cuisine pour préparer des recettes canadiennes-françaises et un grenier plein de costumes pour faire des photos d’époques. La maison ayant été reconfigurée par la famille en 1945, il est impossible de la ramener à son état de 1912. Mais rien de ceci ne peut être entamé avant le déménagement.

« Il y a deux ans on était prêts à déménager la maison. C’est dur pour la communauté et les écoles d’attendre tant de temps pour le musée », déplore Carole Hudson. Celle-ci espère que la compagnie qui possède la propriété Saint-Jacques, et qui compte s’en débarrasser, la vende le plus rapidement possible, pour que les choses bougent.

« Le français, on l’entend presqu’uniquement dans les écoles à Beaumont. On veut avoir un édifice dédié à la promotion de notre héritage français. Un musée c’est parfait », conclut Mme Hudson.

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