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Stupeur et tremblements adapté au théâtre

Le best-seller d’Amélie Nothomb, récompensé par le grand prix du roman de l'Académie française, n’est plus à présenter. On connaissait son adaptation au cinéma avec Sylvie Testud, mais le roman a également été mis en scène au théâtre par Layla Metssitane et arrive bientôt sur les planches de Calgary et d’Edmonton.

 

Layla Metssitane a lu Stupeur et tremblements pour la première fois en 1999 alors qu’elle était étudiante. Elle a eu un coup de cœur pour l’histoire et a immédiatement eu l’idée de l’adapter au théâtre. Mais le processus pour faire passer l’œuvre des pages à la scène a été long.

 

« Je suis venue à l’adaptation grâce à l’écriture d’Amélie Nothomb, son humour, son expérience singulière, sa double culture, le rapport homme-femme et femme-femme dans l’univers de l’entreprise. Beaucoup de choses m’ont touché pour différentes raisons », raconte la comédienne et metteuse en scène.

 

La singularité de cette adaptation réside notamment dans le choix de n’avoir qu’une seule actrice sur scène, Layla Metssitane elle-même. Elle joue plusieurs personnages, féminins et masculins pendant plus d’une heure.  « Je n’ai pas eu l’idée immédiate d’être seule en scène. Cela s’est produit naturellement dans le processus d’adaptation. Au final, on ressent un isolement de chacun de mes personnages. »

 

Dans le livre autobiographique, la jeune Amélie retourne au Japon où elle a vécu sa prime enfance pour retrouver à ses racines et se sentir chez elle. Malheureusement les japonais voient en elle une occidentale. « Son expérience de jeune femme déracinée qui revient à la source mais ne s’y retrouve pas m’a attiré. Je suis française d’origine marocaine. J’ai la chance d’avoir une double culture, et parfois aussi je me suis sentie étrangère. »

 

Layla Metssitane - Crédit photo Ugo Richard

 

Layla Metssitane incarne le personnage d’Amélie Nothomb depuis maintenant 4 ans, et l’écrivain belge lui rend bien cet intérêt. « Elle m’a écrit être bouleversée par le spectacle. Je suis heureuse car si l’auteure entend, voit, découvre autre chose que son récit, cela signifie que j’ai apporté ma singularité, mon regard et qu’elle a été sensible à cela. Je la remercie pour son soutien. »

 

Après avoir tourné en France mais également en Australie et dans dix pays d’Amérique Latine, la pièce arrive maintenant au Canada grâce à la Fondation des Alliances Françaises à Paris et des Alliances Françaises au Canada. Elle s’arrêtera notamment le 12 février à 19h au théâtre de la Cité des Rocheuses de Calgary, et le 14 à 20h à l’auditorium du Campus Saint-Jean d’Edmonton.

 

Pour la comédienne, le public est le dernier acteur d’une pièce de théâtre. « Il joue sa partition, nous allons partager un moment commun de nos vies. La culture, plus que jamais, est un ingrédient aussi nécessaire que l’air que nous respirons ou l’eau que nous buvons. Venir au théâtre après une journée de travail, plutôt que de rester chez soi avec 1 001 chaînes de TV devient presque un acte de résistance. Alors jouons ensemble ! »

 

Crédit photo d'ouverture : Sandra Schmidt

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