Honneur mérité pour la Chorale Saint-Jean

Dix personnalités locales ont été intronisées au Temple de la renommée d’Edmonton lors de la 60e cérémonie annuelle  Salute to excellence Hall of Fame Induction Ceremony, le 14 juin dernier, au Centre Winspear.

Sous les applaudissements de plus de 700 spectateurs, l’apport de ces personnes aux domaines des arts et de la culture, du service communautaire et du sport a été souligné en grandes pompes.


La Chorale Saint-Jean, sous la direction de Laurier Fagnan, a foulé les planches du théâtre pour interpréter la chanson Je te retrouve, qui avait été composée pour le centenaire du Campus Saint-Jean. Leur performance a été chaudement accueillie par le public, dont faisaient partie plusieurs intronisés. Toutefois, ce n’était pas seulement pour divertir l’auditoire que la chorale franco-albertaine s’était déplacée.

La Chorale Saint-Jean lauréate
Le Edmonton Cultural Hall of Fame Award of Distinction « est donné à un groupe ou une personne qui a un parcours tellement unique dans le sens communautaire qu’il mérite un prix qui ressort des autres catégories », a expliqué un Laurier Fagnan empli de fierté après la cérémonie qui a couronné sa chorale.

Créée il y a près de 75 ans, la Chorale Saint-Jean est une des plus anciennes chorales d’Edmonton et s’est fait la voix de la francophonie de l’Ouest canadien. À la tête de cette formation de plus de 70 chanteurs depuis 16 ans, Laurier Fagnan peut être fier de ce qu’il a accompli.

Celui qui est aussi professeur à l’Université de l’Alberta peut d’abord se targuer d’avoir équilibré le groupe de choristes, qui est à l’heure actuelle composé d’un mélange d’étudiants et de membres de la communauté francophone. « En se moment, la chorale est moitié-moitié, affirme-t-il. C’est quelque chose de voir une fille de 17 ans chanter à côté d’une femme de 80! »

La formation a ainsi le mérite de lier son établissement, le Campus Saint-Jean, et sa communauté. De plus, en tournée au Québec en 2008, elle a fait tomber plusieurs barrières qui séparaient jusqu’alors la francophonie de l’Ouest et la Belle province. C’est avec émotion que Laurier Fagnan raconte qu’au passage de la Chorale Saint-Jean au Québec, « une femme m’a approché en sanglotant. Pendant plusieurs minutes, elle ne pouvait pas parler. Quand elle s’est finalement calmée, elle m’a dit : “Merci. Enfin, je vais pouvoir être fière de chanter le Ô Canada.” C’était très touchant. On a fait le lien entre le Québec et l’Alberta. »

Finalement, la Chorale franco-albertaine n’a jamais joui d’une telle visibilité, autant dans l’Alberta anglophone que dans la francophonie canadienne. D’une part, le Edmonton Journal a récemment consacré une demi-page à la formation. D’autre part, l’Office national du film (ONF), par l’entremise de la jeune cinéaste Marie-France Guerrette, a produit le documentaire Le chœur d’une culture, qui expose son rôle central dans l’épanouissement de la francophonie de l’Ouest canadien.

Laurier Fagnan décrit sa chorale comme le « cœur de la communauté franco-albertaine. Les membres y délivrent la fierté de ce qu’ils sont et d’où ils viennent. Quand on chante ensemble, on a une voix que 50 solistes ne pourraient pas accoter. »

Aux côtés d’Albert Lafrance, qui a dirigé la chorale longtemps et en a fait un groupe mixte, c’est dans cet état d’esprit qu’il a reçu la fameuse distinction. Cette dernière n’est d’ailleurs pas remise chaque année. Elle a été décernée pour la dernière fois en 2009, au Edmonton Chinese Bilingual Education Association et, avant cela, en 2005 à Aysha Wills.

E.D. Blodgett intronisé
Une autre figure de proue de la communauté franco-albertaine a été applaudie lors de la cérémonie. Edward (Ted) Dickinson Blodgett, qui a enseigné à l’Université de l’Alberta pendant 34 ans en plus d’avoir été, au cours de la dernière année, titulaire du professorat Louis-Desrochers en études canadiennes, a fait son entrée au Temple de la renommée des arts et de la culture.

« Je pense que la décision a été basée sur toutes mes activités après ma retraite, confie le récipiendaire. Je reçois l’honneur curieusement en reconnaissance de ma postcarrière. » En regard de ce qui a motivé sa nomination, il mentionne notamment sa participation à la chorale symphonique Richard Eaton Singers d’Edmonton et aux chorales tchèques et slovaques, ainsi que sa position d’écrivain en résidence à l’Université Grant MacEwan.

« Mais s’il s’agit d’une seule chose, c’est probablement Poems for a small park » qui lui aurait, d’après lui, taillé une place au Temple de la renommée. Retraité, M. Blodgett ne cesse d’ailleurs d’écrire. Deux ouvrages sont sous presse à l’heure actuelle, et il en peaufine un troisième, Les enfants des jésuites, en plus de travailler sur un autre projet avec le poète québécois Robert Melançon.

E. D. Blodgett a aussi été deux fois récipiendaire du Prix du gouverneur général pour la poésie et la traduction. « La francophonie dans la province est beaucoup plus forte que quand je suis arrivé, en 1966, indique l’homme qui est connu pour ses œuvres en anglais comme en français. Si on travaille dans la littérature comparée canadienne, la seule façon de le faire, c’est de travailler dans les deux langues. »

Alors qu’il était à Prague pour le lancement d’un livre, c’est sa fille Astrid qui a reçu l’honneur en son nom pendant la cérémonie.

 

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut