Le 4 octobre dernier se tenait à Calgary l’Assemblée générale annuelle du Théâtre à Pic. Au programme du jour, bilan d’une année fructueuse et ouverture de la saison à venir.

 

Un bilan modeste mais teinté d’optimisme

 

C’est par une belle après-midi ensoleillée que se sont réunis les membres du Conseil d’administration du Théâtre à Pic afin d’établir un bilan de l’année écoulée. Pour la coopérative théâtrale, c’est déjà la cinquième année d’existence, et si les moyens financiers ont été plus restreints ces derniers temps, l’équipe affiche une mine ravie.

Présentée cet été à l'Art Gallery of Grande Prairie, l'exposition itinérante Emplir le vide / Filling the void est ensuite partie en voyage dans le sud-est de l'Alberta. Après avoir passé un mois à l'école de Standard, l'expo s'installe aujourd'hui à la bibliothèque de Rockyford (horaires).

Emplir le vide est constituée de 21 oeuvres réalisées par sept artistes francophones. Tous ont accepté de nous parler d'une de leurs oeuvres.


Présentification d'un paradis #1 de Jean-René Leblanc
 

 

Comment est née cette oeuvre ?
"Au cours d'un voyage à Hawaii sur la grande île, j'ai été surpris de voir autant de voitures abandonnées dans la nature. J'ai donc décidé de faire un projet artistique sur ce phénomène particulier."

Que vouliez-vous représenter / transmettre ?
"J'ai voulu présenter un contraste entre la beauté exceptionnelle de la nature et ce phénomène d'abandon de voitures. Pour moi, la voiture est un symbole emblématique du capitalisme et de la surconsommation."

Quelles techniques et quels matériaux avez-vous utilisés ?
"J'ai utilisé la photographie numérique standard (en couleur) pour représenter les voitures en nature, et j'ai photographié la nature avec un appareil photographique numérique infrarouge. Parce que les rayons lumineux infrarouges sont invisibles à l'oeil nu, j'ai voulu capter la beauté invisible de cette nature incroyable. Les images en infrarouge ont été converties en image noir et blanc. Finalement, j'ai opté pour une composition d'image en diptyque pour créer une relation dynamique entre l'image en noir et blanc de la nature et celle en couleur des voitures."

Notre jet-setteuse de Calgary Suzanne de Courville Nicol a fait l’expérience du Festival Beakerhead du 11 au 15 septembre dernier. Cofondé par l’animateur et journaliste scientifique Jay Ingram, ce festival en est à sa 2e édition et vise à rassembler différents groupes artistiques autour de créations à thématique scientifique. 

 

Calgary, 14 septembre 2014.  Après la pluie ou plutôt, la neige... le beau temps.  C’est ainsi que les milliers de résidents de la ville restés bouche bée, les bras baissés face au choc de la vilaine tempête de neige qui a frappé Calgary dès la nuit du 9 septembre, on eu l’occasion de se divertir et de s’amuser lors de cette deuxième édition du Festival Beakerhead.  Une mosaïque d’activités se déroulait au centre-ville de Calgary et dans plus de 20 lieux intérieurs et extérieurs à travers la ville.

Cette année, la rentrée de L’Unithéâtre tombe le 29 octobre. Son directeur Brian Dooley nous offre un tour d’horizon de la saison 2014-2015.

« Trois pièces ancrent la saison : La Corneille, Le Destin de tragicomique de Tubby et Nottubby et Jean et Béatrice», déclare Brian Dooley, le directeur général et artistique de L’Unithéâtre d’Edmonton. Trois œuvres destinées au grand public.

Le première est signée Lise Vaillancourt, une dramaturge et romancière québécoise. La Corneille(jouée du 29 octobre au 9 novembre 2014) s’articule autour d’« un thème universel – la relation entre fille et mère – et tout ce que ça peut représenter… Il y a quelque-chose de très émouvant là-dedans », confie M. Dooley. Les actrices locales Isabelle Rousseau et Carole Saint-Cyr donnent la réplique à Jessica Heafey de Vancouver. « C’est important de créer des liens avec d’autres communautés de l’Ouest du Canada », estime le directeur de L’Unithéâtre.

Le premier Grand marché des arts s’est déroulé du 24 au 28 septembre à la Cité francophone et aux alentours, en parallèle du Contact Ouest et d’Edmonton Chante (le Chant Ouest n’occupait qu’une seule soirée). Retour sur trois évènements imbriqués dans le cadre des Journées de la culture.
 

Reconnu « site vedette » des Journées de la culture de l’Alberta par le ministère, le Grand marché des arts (GMA) se présentait comme une porte ouverte sur toutes les disciplines artistiques. Cet évènement étalé du 24 au 28 septembre proposait de nombreuses animations musicales et théâtrales, de danse ou d’arts visuels (entre autres), principalement dans le quartier de la Cité francophone. Sa programmation incluait aussi trois évènements indépendants mais partenaires : le Contact Ouest (7e édition), le Chant’Ouest (25e édition) et Edmonton Chante (7e édition).

Les vitrines et ateliers du Contact Ouest se sont déroulés du 25 au 28 septembre. Les participants ont eu droit à un programme chargé et les artistes, à plusieurs scènes pour dévoiler leur talent.

Le Contact Ouest étant un espace de réseautage et de découverte pour les diffuseurs et les artistes, rares sont les membres du public qui savent exactement ce qu’il s’y passe (à l’exception du concours Chant’Ouest). Pourtant, en dehors du spectacle du premier soir, celui du Chant’Ouest avec qui le Contact Ouest est en partenariat depuis ses débuts, trois autres spectacles étaient ouverts au public.

Il s’agissait de trois vitrines où les artistes, 18 en tout, ont eu 15 minutes pour impressionner les diffuseurs et membres de l’industrie de la scène francophone canadienne et internationale. Les artistes choisis sur dossier venaient de différentes disciplines dont la musique, le spectacle pour enfants, le cirque et l’humour. Après leur performance, ils parlaient de leur parcours, succès et disponibilités pour l’année à venir avec l’animatrice Célyne Gagnon.

Une multitude d’artistes francophones d’ici et d’ailleurs ont uni leur talent du 24 au 28 septembre pour le Festival Edmonton Chante afin de livrer des prestations des plus diversifiées. Pour le spectacle de clôture, La Luna de Santiago, Le Fuzz et un partenariat entre Motel 72 et plusieurs artistes franco-albertains ont su charmer le public.  

« Bienvenue à tous pour la soirée de clôture du Festival Edmonton Chante ! », s’exclama le maitre de cérémonie Éric M’Boua venu tout droit de Montréal. « C’est la première fois que je viens à Edmonton et la première chose que je remarqué, c’est la qualité de l’accueil du public. Je tenais à vous remercier et surtout d’être présents avec nous après cinq jours de festival, 20 artistes et 16 spectacles. »

Ainsi, pour débuter la soirée de clôture, M. M’Boua invita La Luna de Santiago à monter sur scène. Originaires de la Colombie, du Mexique et du Canada, les artistes ont offert des prestations comportant une fusion de funk, reggae et rock. Ils ont su énergiser la foule avec un rythme qui a fait danser plus d’un spectateur.

Cette année, le 25e Chant’Ouest était présenté à la Cité francophone d’Edmonton le 25 septembre. Karimah et Kasperzick ont été couronnés.

Le concours interprovincial de l’Ouest et du Nord canadiens fêtait son 25e anniversaire et mettait en vedette les quatre finalistes : Denis P. Clément (Colombie-Britannique), Karimah (Alberta), Malika Sellami (Saskatchewan) et Kasperzick (Manitoba).

Le président du Conseil d’administration de la Société Chant’Ouest, Aimé Boisjoli, a exprimé sa satisfaction face à la réussite de cet évènement, surtout en ce 25e anniversaire : « C’était un très bon spectacle, je n’avais pas l’impression d’être à un concours et ce n’est pas souvent que je me sens comme ceci lorsqu’il s’agit d’une compétition. Il y avait une belle complicité et une qualité artistique de professionnels chez tous les participants ! J’espère que c’est seulement le début de cette vague de talent. »

Chant’Ouest, ce n’est pas qu’un concours de musique francophone de l’Ouest canadien, c’est aussi une panoplie de formations pour des artistes en devenir. Le Franco a ainsi accompagné l’Albertaine Karimah à deux ateliers (« tournées » et « subventions ») en amont du concert du 25 septembre.

« Si tu loues une camionnette, il faut t’assurer d’avoir des shows à chaque jour », déclare Raphaël Freynet, artiste originaire du Manitoba et responsable de l’atelier Chant’Ouest consacré aux tournées. En effet, une journée sans concert ne dispense pas de payer les « per diem » des musiciens et éventuels techniciens, « même si c’est des amis ».

Ce genre de conseils pragmatiques, Raphaël en a plein sa besace. Cela fait des années qu’il voyage à travers le Canada pour partager sa musique. « As-tu déjà annulé un show ? », l’interroge Karimah, la veille de son concert au Chant’Ouest. « Bien sûr ! » Et le Franco-Manitobain de raconter une histoire de tempête  terrible au Nouveau-Brunswick, avec des « bancs de neige plus hauts que les maisons ». Ce genre d’imprévus demande de changer son fusil d’épaule, passer des coups de fil en série et chercher des dates de dernière minute… ce qui débouche parfois sur de jolies surprises.

Le court métrage documentaire Voice of my Grandmother sera projeté au cinéma Garneau d’Edmonton le 27 septembre, à l’occasion des Journées de la Culture de l’Alberta. Rencontre avec son réalisateur Gene Gregoret, un anthropologue francophone qui s’est intéressé au mode de vie des Cris dans les années 1960-70.

Après avoir exercé le métier de photojournaliste, notamment en France, Gene Gregoret est revenu à Edmonton pour étudier l’anthropologie. Dans le cadre de sa maîtrise en 1968-1969, il a passé deux étés au sein d’une communauté crie isolée de Trout Lake, entre Rivière-la-Paix et Fort McMurray. Il en tirera un film documentaire de 57 minutes en 16 mm et en noir et blanc. « J’étais un peu comme Truffaut », plaisante aujourd’hui l’anthropologue.

« Pour aller là-bas, il n’y avait pas de route hein, il fallait prendre l’avion, un petit Cessna », se rappelle Gene. Sur place, il est accueilli par le père Vandersteene, un oblat belge chargé d’évangéliser les autochtones et qui passera la moitié de sa vie parmi eux. « Il était connu dans toute la région et a même écrit des dictionnaires en cri », raconte le documentariste.

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