C'est le samedi 21 février que l'Association haïtienne de Calgary a lancé une première soirée multi-médias mémorable dans ses locaux, quartier nord-est de la ville, à l'occasion du Mois de l'histoire des noirs 2015.

La conférence trilingue – en français, créole et anglais –, à la fois divertissante et éducative, créée et animée par Luigi ‘‘Sound Proof’’ Labarrière, ne s'attarde pas sur les réalités révoltantes de l'histoire et des traitements inhumains infligés aux noirs.

« L'historien américain Carter G. Woodson est, en 1926, à l'origine du Mois de l'histoire des noirs célébré officiellement au Canada depuis 1995 », rappelle Luigi. Il souligne que le 21 février marque le 50e anniversaire de l'assassinat de Malcolm X, mentionnant évidemment Martin Luther King Jr. né en 1929 et mort assassiné en 1968 à Memphis (Tennessee) et les exploits de la courageuse Rosa Parks. Mère du mouvement des droits civiques aux États-Unis, elle a lutté contre la ségrégation raciale avec Martin Luther King.

Le conférencier boule-de-feu d'origine haïtienne choisit de mettre l'accent sur le positif et de rendre hommage à certains personnages noirs des Amériques et à leurs grands succès.

La Communauté ivoiro-canadienne d’Edmonton organisait sa première Soirée du Grand Rire samedi 18 mars au Northgate Lions Recreation Centre. Les humoristes ivoiriens Gohou et Nastou étaient les invités d’honneur, mais des danseurs et comédiens locaux ont aussi proposé de petits spectacles.

Samedi 18 mars, plus de 300 personnes ont répondu à l’appel de la Communauté ivoiro-canadienne d’Edmonton. À l’intérieur du vaste Northgate Lions Recreation Centre, toutes les tables ont trouvé preneur. Pour déplacer cette foule de gens prêts à payer entre 35 et 50 $ leur billet d’entrée, les organisateurs ont eu recours à un argument choc : la venue du duo comique ivoirien Gohou et Nastou, très célèbre en Afrique, notamment  à la télévision.

Dès sa première apparition sur la scène, Michel Gohou déclenche un tonnerre d’applaudissements et de cris. Le comédien n’hésite pas à aller immédiatement au contact de son public, circulant entre les tables et blaguant avec ses fans. Il se moque notamment de l’affaire Dominique Strauss-Kahn au détour d’une vanne, draguouille un peu, puis remonte sur scène afin d’interpréter deux sketchs en solo. Il tourne d’abord en dérision le christianisme… avant de s’attaquer au très récent crash de l’avion de Germanwings dans les Alpes françaises, qui a fait 150 victimes. « Pour nous, il n’y a pas de tabous, explique Gohou après le spectacle. Derrière l’humour, il y a toujours un message qui passe. Le message, c’est comme une pilule, si on enlève le côté sucré, c’est très amer ! »

C’est le 25 mars qu’a eu lieu le lancement du livre Abigaëlle et le date coaching dans la brasserie Yellowhead à Edmonton. L’auteure franco-albertaine native du Québec, Stéphanie Bourgault-Dallaire a récemment publié son premier roman chez la maison d’édition Libre Expression.

D’où vient l’idée du roman? C’est la question à laquelle a répondu Stéphanie Bourgault-Dallaire au tout début de la soirée. « Imaginez-vous dans le salon du personnel de l’école publique Gabrielle-Roy », expliqua l’enseignante de maternelle. En effet, c’est lors d’un jeu brise-glace qu’est née l’idée du roman.

En répondant à la question « Si vous gagniez à la loterie, qu’est-ce que vous feriez demain? », elle réalise que son rêve était plus près de se réaliser qu’elle ne le pensait. Trois ans plus tard, en janvier 2014, elle termine son manuscrit et l’envoie à quatre maisons d’édition.

Normand Fontaine est décédé en novembre dernier. Il était bien connu du public comme un annonceur de radio qui a travaillé à CHFA pendant 37 ans avant de prendre sa retraite en 1995. Moi, je n’ai pas connu l’homme de la radio qu’il était. Quand je suis arrivé en Alberta, j’ai plutôt découvert le grand artiste qu’était Normand.

Il avait un côté artistique peu ordinaire. Il maniait également bien la plume et le pinceau. Il nous a laissé des textes publiés par la FAFA dans Échos franco-albertains et un recueil de petits contes qu’il a publiés en 2007.

Normand était surtout doué pour la peinture et le dessin. À partir de sa retraite en 1995, il s’est appliqué à faire de la peinture en portant une grande attention aux détails. Il avait un style bien à lui. Ses toiles sont vivantes, colorées et vibrantes. Le pays qui l’a vu naître a inspiré plusieurs de ses peintures.

Vendredi 27 mars, rendez-vous à La Cité des prairies de Lethbridge à 20h pour découvrir gratuitement l’intégralité de la websérie Mon Œil créée par une cinquantaine de membres de la communauté avec le soutien de professionnels.

« On a cinq ou six minutes pour raconter une partie de l’histoire mais ça doit être assez intéressant pour qu’on ait envie de visionner le prochain épisode.  » Voici le défi relevé par Ryan Harper-Brown, professeur en nouveaux médias à l’Université de Lethbridge et réalisateur des cinq épisodes de la websérie Mon Œil.

« C’est Cinémagine qui m’a approché, explique le francophone. […] L’idée, c’était de faire une websérie pour les 16-25 ans. » Et quel meilleur moyen d’intéresser les jeunes de la région que de les inclure dans le processus créatif ?

La troisième et dernière pièce de L’Unithéâtre cette saison sera jouée jusqu’au 5 avril. Écrite par Carole Fréchette et mise en scène par Brian Dooley, cette histoire d’amour contemporaine réunit un chasseur de prime cupide et une femme rêvant au prince charmant.

« Ça résonne comme un conte de fée, ça c’est voulu de la part de Carole [Fréchette, l’auteure] », explique Brian Dooley, metteur en scène de Jean et Béatrice, la nouvelle production de L’Unithéâtre jouée du 25 mars au 5 avril à La Cité francophone. Librement inspirée du conte allemand Raiponce– celui avec la jeune femme enfermée au sommet d’une tour –, l’histoire nous présente Béatrice, qui habite seule au 33e étage de son immeuble. « Elle a mis des affiches sur les poteaux à travers la ville. Elle cherche un homme qui peut l’intéresser, l’émouvoir et la séduire. Y’a ces trois étapes-là », sourit le metteur en scène. À la clé, une « récompense substantielle » qui fait apparaître des dollars dans les yeux de Jean, peu intéressé par la romance... jusqu’à présent.

« Je suis toujours fasciné par les relations humaines, quand il y a une complexité subtile, elusive, quand on parle de l’amour ! », résume Brian Dooley. Pour favoriser l’intimité entre les deux comédiens – Steve Jodoin et France Perras – et les spectateurs, le directeur de L’Unithéâtre a fait en sorte d’insérer la scène dans le public, pour que celui-ci soit disposé sur trois des quatre côtés. « C’est ce genre d’expérience que j’aime et que je recherche quand je vais au théâtre », confie-t-il simplement. Minimaliste, le décor du huis clos possède néanmoins une immense fenêtre permettant des projections vidéo, d’ailleurs présentes dans les didascalies de la pièce écrite en 2002.

Après avoir mis en scène deux créations originales, le professeur Bernard Salva a choisi le Pinocchio de Joël Pommerat pour ses étudiants du Théâtre à l’Ouest. Une version moderne et multiculturelle qui sera jouée du 20 et 22 mars.

Comme chaque année, le club de théâtre du Campus Saint-Jean (CSJ) propose une pièce pour le grand public. Il s’agira cette fois du Pinocchio écrit par Joël Pommerat en 2008. « C’est quelqu’un qui explose depuis 5-6 ans, il est parmi les auteurs français les plus joués à l’heure actuelle », explique Bernard Salva, metteur en scène et professeur au CSJ.

« Ça n’a plus rien à voir avec le Pinocchio de Walt Disney ou même l’italien (le roman original a été écrit par Carlo Collodi à la fin du XIXe siècle, NDLR) », assure-t-il, bien que les éléments les plus mythiques – comme le nez qui s’allonge lorsque Pinocchio ment – aient été conservés. Question décor, M. Salva a fait le choix de cubes de couleurs primaires pouvant être déplacés, ce qui donne à la scène des allures d’arène de cirque.

« Depuis une dizaine d’années, il y a un renouveau de l’écriture jeune public qui auparavant était relativement méprisée », explique le metteur en scène, pour qui il est hors de question d’édulcorer le contenu ou d’infantiliser le public. Le professeur du théâtre apprécie le fait que Pommerat « ne se contente pas d’un vernis divertissant » et parle de sujets actuels comme l’éducation ou la pauvreté.

L’artiste peintre Gabrielle Bujold proposait deux expositions au centre culturel de Morinville le 6 mars, à l’occasion de la soirée de Célébration de la francophonie. L’ex-chanteuse prépare actuellement une fresque murale à Edmonton et… un livre où elle incarne un voyageur temporel.

« Je trouve ça bien ce genre de rassemblements où on entend parler français », confie Gabrielle Bujold à propos de la Célébration de la francophonie, le 6 mars, au centre culturel de Morinville. Au rez-de-chaussée, l’exposition de sa série Héritage raconte l’épopée des pionniers francophones dans l’Ouest. « J’aime beaucoup la recherche. Je ne suis pas calée en histoire mais j’aime comprendre d’où viennent les gens ! », explique la fière Franco-Albertaine.

De retour en Alberta depuis deux ans après presque trois décennies à Montréal – où elle a notamment sorti un album (la chanson Seule à rêver, c’est elle !) en collaboration avec le bassiste Alain Caron –, Gabrielle Bujold a encore du mal à trouver sa place. « La vie est tellement rapide ici : les gens travaillent beaucoup et sont toujours très occupés. Ils n’ont pas le temps de jaser, de s’asseoir… Je deviens comme eux ! », rigole celle qui évoque la métropole québécoise avec nostalgie. « Montréal, y’a des graffitis un peu partout. Le graffiti est même encouragé. C’est ce que j’aime d’ailleurs. Le vrai graffiti raconte une histoire… comme à Legal. Quitte à peindre sur un mur, autant raconter une histoire ! »

François Massicotte animait le 7 mars deux représentations du Gala Juste pour rire dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie, avec une poignée de jeunes humoristes émergents. Le Franco s’est entretenu avec lui de l’évolution de l’humour, d’un rire et d’une rive à l’autre.

Pourquoi avez-vous été choisi pour être porte-parole des Rendez-vous de la francophonie ?

Je n’ai jamais su pourquoi c’était moi, j’ai peut-être perdu une gageure en quelque part ou peut-être parce que je suis le vétéran. Je suis rendu là, c’est rendu moi le capitaine de l’équipe. Ça me fait plaisir parce que je trouve ça formidable comme projet. Je ne suis jamais venu à Edmonton et je me suis demandé pourquoi je n’étais jamais venu. Ça fait trente ans que je fais des shows. Il y au dessus de 40 000 francophones qui habitent à Edmonton, pourquoi je ne suis jamais venu faire un show à Edmonton ? Il était temps. Et pourquoi on n’en fait pas plus ? J’espère que ça va se développer un peu plus. C’est autant de populations francophones que plusieurs villes au Québec, comme par exemple Drummondville.

Comment est-ce que vous expliquez cela ?

C’est difficile à expliquer. Il y en a qui n’y pensaient pas, qui n’y croyaient pas ou qui le savaient pas… vraiment je suis étonné. J’ai déjà fait Winnipeg en 93, les auditions Juste pour rire, où j’avais rencontré Maxim Martin, qui avait gagné le concours. J’ai déjà fait un show à Vancouver, durant les Olympiques en 2010. On connaît le Nouveau-Brunswick, parce qu’il y a beaucoup de francophones là-bas… mais même Toronto, il y a énormément de francophones à Toronto. Pourquoi est-ce qu’on ne fait pas de show jamais à Toronto en français ? Il y a quelque chose là, c’est sûr.

Carol Prieur a grandi en Irlande et en France avant de déménager à Vancouver, puis à Winnipeg et à Montréal, où elle réside depuis 20 ans. C’est une des danseuses de la Compagnie Marie Chouinard qui présentera les spectacles Gymnopédies et Henri Michaux : Mouvements le 7 mars au Banff Centre.

Pour quelle raison avez-vous commencé à danser ?

Carol Prieur : Je ne sais pas… C’était juste quelque chose que je voulais faire. Quand on a déménagé au Canada (à Vancouver, alors qu’elle avait 11 ans, NDLR), on habitait dans un quartier et il y avait une école de danse. J’ai commencé comme ça. […] À l’Université Simon Fraser, il y avait un programme de danse et un programme de kinésiologie. […] Je voulais faire les deux. Après la première année, je voulais juste faire [de la danse] ! C’est pourquoi je suis ensuite allée à Winnipeg, qui était vraiment une école professionnelle.

Avez-vous toujours fait de la danse contemporaine ?

CP : Dans ma petite école de quartier, on faisait un peu de tout, rien de strict. J’ai continué dans le domaine moderne mais c’est sûr que, dans l’entraînement d’une danseuse, il y a toujours un peu de classique. Dépendamment de l’école, le pourcentage va changer. Je n’ai pas une grande formation en classique… Ça faisait toujours partie du curriculum des écoles […] mais je n’ai jamais été très bonne en classique ! (rires)

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