L’évènement d’une artiste francophone de Calgary a attiré une centaine de personnes, le 4 juin, au centre communautaire CommunityWise, au centre-ville de Calgary. De nombreux jeunes du programme parascolaire du centre ont transformé de vieux souliers en jardinières. C’était dans le cadre du projet d’art public communautaire de Patricia Lortie.

Sur une table installée à l’extérieur du centre communautaire CommunityWise, une dizaine d’enfants laissent aller leur créativité. Ils ont accès à de la peinture, des perles, des objets colorés et brillants pour décorer des souliers. Des souliers qui seront par la suite remplis de terre pour qu’une fleur y soit plantée.

Thomas Korpach, un jeune artiste et bénévole de 17 ans, a aidé les jeunes à choisir la plante de leur choix, parmi une grande sélection. « C’est agréable de les voir sourire, dit-il. L’art me permet de relaxer et de mettre le stress de côté pour un moment. C’est un peu ce que j’aimerais transmettre à ces jeunes ».

Après avoir marché les 800 km du Francés en 2011, Ronald Tremblay savait à quoi s’attendre sur le Camino Norte. Il avait dépoussiéré sa vieille liste d’équipement et étudié de près les premières étapes cruciales du parcours pittoresque.  Le
« Norte » constitue en effet un plus grand défi que sa contrepartie classique en partance de Saint-Jean-Pied-de-Port.  Un proverbe yiddish dit « l’Homme propose et Dieu dispose » (« Man plans and God laughs »). Ce dicton trouve tout son sens dans ce genre de situation. On peut en effet prévoir absolument tout… sauf l’imprévisible.

JEUDI 5 MARS – Saint-Jean-de-Luz à Hendaye

« Après avoir vécu les intempéries de trois saisons lors de mon premier jour de marche dont une brève mais surprenante tempête de neige entre Bayonne à Saint-Jean-de-Luz, le trajet jusqu’à Hendaye a été caractérisé par un soleil radieux et une légère brise. Une partie de la route longeait la mer.

Devant une œuvre contemporaine d’art visuel (une peinture, une sculpture…), le défi est d’aller plus loin que le cliché
« c’est intéressant ». Un regard averti et un esprit ouvert sont bien sûr des prérequis pour comprendre l’art. Mais l’art part également d’une émotion qui nécessite une certaine acuité pour arriver à y mettre des mots, surtout si on désire devenir critique ou commissaire, par exemple. 
 
C’est là que la formation « L’art visuel s’écrit », offerte ici par le Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA), est venu donner un coup de pouce à ceux qui désiraient ajouter cette corde à leur arc. Pour l’occasion, le RAFA a invité le Montréalais Serge Murphy, lui-même artiste, commissaire et critique, à donner un atelier pour apprendre comment parler d’art – que ce soit son art ou celui des autres. L’atelier, qui a eu lieu à la Cité francophone d’Edmonton les vendredi et samedi 29 et 30 mai, a attiré un petit groupe de curieux, dont principalement des artistes.

 

 

 

 

L’Alliance française d’Edmonton proposait, ce mois-ci, un festival de la bande dessinée, mettant en vedette le spécialiste du 9e art, le professeur Chris Reyns de l’Université de l’Alberta. Du 21 au 23 mai, la thématique de Charlie Hebdo, toujours brûlante d’actualité, a été abordée.

 

M. Reyns, spécialiste de la bande dessinée, a tracé le 21 mai l’historique de la caricature en France, remontant jusqu’à la première moitié du 19e siècle pour retrouver les premières œuvres célèbres, notamment Les Poires, se moquant du roi Louis-Philippe Ier. Il a surtout rappelé que la censure était loin d’être exclusive à l’islam, comme l’église catholique créait des tabous dont il ne fallait pas parler; tabous qui ont persisté jusqu’à assez récemment.

Chapitre 1

 

Cela semblait pourtant si simple il y a trois mois, au moment de proposer le projet : rédiger un compte-rendu en trois chapitres relatant mon expérience sur le chemin menant à Saint-Jacques de Compostelle. J’avais déjà le format en tête : un cahier de bord annoté de manière officielle (lieu, date, heure) faisant état des hauts et les bas d’un trek extraordinaire vécu à deux reprises maintenant, des effets de dizaines de kilomètres parcourus quotidiennement, la tête littéralement dans les nuages par moment, de la sagesse acquise au fil de la tranquillité et des incertitudes du célèbre Camino! Dans les mois qui ont suivi mon premier retour de Santiago il y a quatre ans, j’ai bien trouvé mille manières pour revenir sur le sujet sans trop perdre d’amis dans le processus. Et depuis, aussi exécrable puisse être mon humeur du moment, c’est avec plaisir que je ravive, sur commande, mes souvenirs de cette période magique.  Mon compagnon de marche en 2011 était Guy Marcotte, tout comme moi, un ancien de la radio de Radio-Canada en Alberta. Guy est mon meilleur ami, d’où la franchise de nos discussions visant à établir les règles de cohabitation! Nous serions ensemble – en vase clos – pendant 52 jours dont près de 40 sur la route, bon temps, mauvais temps. Étant donné qu’on se parle encore quatre ans plus tard, je suppose que le voyage s’est bien passé.

Depuis le 9 avril et jusqu’au 24 mai, des milliers de spectateurs sont emportés dans un XIXe siècle rétro-futuriste sous le grand chapiteau du Stampede Grounds à Calgary. Conçu et mis en scène par Michel Laprise, KURIOS – Cabinet des curiosités regroupe 46 artistes originaires de 13 pays et constitue la 35e production du Cirque du Soleil depuis 1984.

Le concept scénographique de KURIOS – Cabinet des curiosités situe le spectateur dans un lieu précis, soit le cabinet des curiosités d’un chercheur, rempli d’objets insolites ramenés de voyage. Campé dans ce qu’on pourrait qualifier de futur antérieur, l’environnement scénique fait de nombreux clins d’œil aux débuts de la révolution industrielle du XIXe siècle sans tout à fait s’ancrer dans cette époque. « C’est un peu Jules Verne qui vient à la rencontre de Thomas Edison dans une réalité alternative, hors du temps », explique le scénographe Stéphane Roy.

Dans cette réalité parallèle, c’est plutôt le moteur à vapeur, et non celui à combustion, qui s’est imposé en roi et maître. Le décor évoque le début de l’ère de l’industrialisation, mais comme si les progrès de la science et de la technique avaient bifurqué dans une autre direction en prenant une dimension plus humaine.

Le 23 mai, la quatrième édition de French Twist, versant francophone du Edmonton Poetry Festival, s’est tenu à l’Alliance française. Douze auteurs francophones se sont succédé au micro pour déclamer ou lire un texte poétique. Gisèle Villeneuve, une romancière québécoise installée en Alberta depuis 1978, a choisi un extrait de son carnet d’écrivain actuellement au stade de manuscrit.

Quand elle avait 15 ans, Gisèle Villeneuve a écrit un roman d’aventure en dix chapitres dans le cadre d’un cours de français. On pouvait y déceler l’empreinte de ses héros de l’époque : Bob Morane et Nick Jordan. Trouvant qu’elle avait du talent, son grand-père a fait lire le fameux texte au poète québécois Alfred DesRochers, qui a ensuite rédigé une lettre à l’écrivaine en herbe. « Il m’encourageait à continuer. Il me comparait à Germaine Guèvremont et Françoise Loranger… C’était des grands noms ! », se souvient Gisèle. Mais à l’époque, elle ne prend pas le poète au sérieux et décide de ne pas lui répondre. « Je pensais qu’il était juste gentil ! », assure la Montréalaise d’origine.

Toujours est-il que Gisèle Villeneuve devient écrivaine. Quelques décennies passent et la voilà désormais plus proche de la fin de sa carrière que de son début. Elle décide alors d’écrire un ouvrage en réponse à la lettre d’Alfred DesRochers, bien qu’il soit décédé en 1978. L’auteure souhaite lui raconter son parcours, ses souvenirs, ses impressions sur le monde... Il y a deux ans, elle découvre que Roland Barthes avait écrit la sienne à la troisième personne : « C’est un peu comme un carnet d’écrivain où il parle de son enfance mais aussi de son travail de sémiologue et de la vie de tous les jours, [le tout organisé] en fragments titrés. » Ce mélange de fiction et de réel s’amusant des mots et de leur musicalité lui plaît. C’est ainsi que Gisèle commence l’écriture de son propre carnet d’écrivain.

Du 29 avril au 1er mai, L’Ensemble des sages a donné trois représentations de sa 15e pièce de théâtre au Campus Saint-Jean. Un triple rendez-vous organisé dans le cadre de Plaisir d’apprendre, la semaine d’apprentissage et d’activités de la Fédération des aînés francophones de l’Alberta (FAFA).

« On parlait du 25e de la FAFA et tout à coup je me suis dit : c’est le 15e de la troupe ! » C’est ainsi que France Levasseur-Ouimet, professeure au Campus Saint-Jean (CSJ) et dramaturge, a décidé d’écrire une pièce un peu particulière pour L’Ensemble des sages intitulée Le 15e anniversaire. Étonnamment, rien n’avait été organisé pour le 10e anniversaire de cette troupe amateure principalement constituée de personnes âgées.

Le 15e anniversaire se déroule dans l’arrière-scène très animée d’un théâtre : auditions, entrevues avec des journalistes, rencontres impromptues... Les situations cocasses s’enchaînent à un rythme soutenu. Plus tout jeunes, certains acteurs oublient parfois leur texte mais, quand cela arrive, la metteure en scène se transforme en souffleuse. La pièce glisse de la fiction vers le réel dans la deuxième partie, quand les comédiens évoquent de véritables souvenirs des précédentes pièces et tournées de la troupe.

L’art pour tous ! C’est la mission que s’est donnée l’artiste peintre Mélanie Poirier, organisatrice de l’exposition intitulée ‘‘Regards sur l’art contemporain’’. Cet évènement culturel se tient à la galerie PAVA du 2 mai au 16 juin. Son but : démocratiser l’art. Un concept avant-gardiste pour une exposition de type contemporain à Edmonton. L’élitisme et les complexes n’y ont par leur place. Alors imprégnez-vous, regardez et dites-nous ce que vous voyez !

Un panel de couleurs et d’émotions vous attendent à la galerie PAVA. Ce sont 12 artistes peintres québécois qui ont laissé libre cours à leur imagination et leur créativité  en répondant à cette question : qu’est-ce que l’art contemporain ? Chaque artiste a réalisé trois toiles sur cette thématique. Cette exposition est également un hommage à la poésie, puisque 12 poètes originaires du Québec et de la France ont accompagné de leur plume ces toiles par la rédaction d’un poème. À leur tour, ils apportent  leur vision. Le poète et scénariste québécois Claude Péloquin est l’invité du moment. Artiste atypique et parfois qualifié de sulfureux, Claude Péloquin « apporte une touche d’innovation », comme le souligne Daniel Giroux, directeur de la galerie mp Tresart. Mélanie Poirier est l’initiatrice de ce projet et fait partie des 12 artistes de cette exposition. Elle oeuvre comme peintre depuis 2003 et possède la galerie mp Tresart au Québec.

Jouée en 2013 au Campus Saint-Jean puis finalement éditée en France en 2014, la pièce Dalia, une odyssée de Bernard Salva n’avait jamais vraiment connu de lancement officiel à Edmonton. C’est pourquoi une lecture publique a finalement été organisée le 30 avril, à la librairie francophone Le Carrefour, en présence d’une quinzaine d’amateurs.

Originaire de Djibouti mais née à Montréal, Habone Osman a joué en mars 2013 le rôle-titre de Dalia, une odyssée, une pièce du Théâtre à l’Ouest (la troupe amateure du Campus Saint-Jean) qui raconte l’exil d’une adolescente somalienne à Edmonton. Jeudi 30 avril, c’est avec plaisir qu’elle s’est replongée dans son personnage, le temps d’une lecture publique à la librairie Le Carrefour, à La Cité francophone, aux côtés de Tambry Bernath, Mathilde Effray-Bühl et Bernard Salva, l’auteur.

Un « théâtre monde »

Bien que Habone n’ait pas connu l’exil, le destin de Dalia lui parle. « J’ai beaucoup d’amis qui viennent de la Somalie, qui ont vécu la guerre et qui se sont réfugiés [à Edmonton] », raconte-t-elle. Par ailleurs, ses propres parents ont vécu une forme d’exil en quittant Djibouti et la France pour le Canada. Cependant, Habone tient à le préciser, la situation de Djibouti reste bien plus stable que celle de sa voisine la Somalie, dont le gouvernement est installé au Kenya.

« Je suis pied-noir donc moi-même j’ai été trimbalé… [L’exil] est un thème qui me poursuit », reconnaît Bernard Salva, le metteur en scène de la pièce, sa première en tant qu’auteur. « Ça fait 12 ans que je suis ici [en Alberta] et j’en avais marre de ne jamais voir de sujets du ‘‘théâtre monde’’. Au lieu de râler dans mon coin, je me suis dit : je vais me retrousser les manches ! »

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