Le premier long métrage de Roger Parent, ancien professeur du Campus Saint-Jean, s’est distingué en remportant le Coup de cœur/Prix spécial du jury lors du festival international de cinéma Vues d’Afrique 2017, qui s’est déroulé à Montréal à la fin du mois d’avril. Cette récompense vient honorer ce film-documentaire qui évoque la dure réalité de l’intégration des réfugiés africains francophones.

Affiche du film

Le film De Sherbrooke à Brooks raconte l’histoire du couloir migratoire entre les deux villes du Québec et de l’Alberta qui est emprunté par les réfugiés africains francophones. « On suit quatre protagonistes venus d’Afrique et on retrace leur parcours sur dix ans. Le film permet de voir cette vie d’errance que connaissent malheureusement ces nouveaux arrivants en quête de terre d’accueil », restitue Roger Parent, le réalisateur du film. Le documentaire donne la parole aux protagonistes et, selon lui, « permet au public de marcher dans leurs mocassins ».

Lien entre recherche académique et création artistique

Tout a commencé par une recherche académique menée par Paulin Mulatris, vice-doyen au Campus Saint-Jean. Roger Parent explique à ce sujet que « les recherches peuvent déclencher des instances de création ». Le réalisateur sait de quoi il parle puisqu’il est docteur en littérature française, et est un ancien professeur-chercheur de l’Université de l’Alberta où il enseignait les études théâtrales et la sémiotique culturelle.

Inspiré du fondement scientifique de la recherche, le réalisateur montre dans son documentaire comment plusieurs réfugiés ont fui les génocides rwandais et congolais des années 2003 à 2005, ont transité via des camps en Ouganda et en Tanzanie, pour finalement atterrir à Sherbrooke, au Québec. Faute d’emploi, et au fil du temps, un véritable corridor s’est créé avec Brooks, une petite ville de l’Alberta où un réseau d’accueil pancanadien s’est développé.

Une participation généreuse de l’ONF

L’ONF (Office national du film) a financé le film en tant que partenaire majoritaire. Dominique Desjardins, producteur exécutif au Studio de la francophonie de l’ONF, explique son choix : « notre mandat est de produire des œuvres avec et pour les francophones. Nous cherchons des œuvres qui reflètent les différents visages de la francophonie, qui nous incitent à nous poser des questions, qui poussent à la réflexion », dit-il.

Le thème du visage changeant de la francophonie a en effet été déterminant pour Dominique Desjardins: « notre cinéma est très blanc. Je suis convaincu qu’on manque de diversité. Il faut s’intéresser à d’autres réalités, avoir de l’empathie », indique-t-il.

En outre, Dominique Desjardins informe « qu’une entente a été conclue avec Unis TV qui a diffusé sur ses ondes le film en novembre dernier et le diffusera à plusieurs reprises dans les années à venir ».

Des retours encourageants

Le récit cinématographique a souvent étonné ceux qui l’ont visionné. Les spectateurs ont pour la plupart, d’après le réalisateur, été surpris de découvrir ces parcours dont ils n’avaient pas idée. « Notre première intention était de donner une visibilité et une voix à une communauté marginalisée », précise-t-il.

Roger Parent ajoute que les spectateurs sont admiratifs devant la résilience et le courage dont ont fait preuve les réfugiés. « Ils ont beaucoup à nous apprendre et enrichissent notre francophonie », surenchérit-il.

Le film a été présenté au festival Cinergie, le festival du film francophone de Saskatoon, ainsi qu’à Sherbrooke et Brooks. « Les différents festivals ont permis un dialogue approfondi avec les communautés. Il se produit en ce moment une belle remise en question et une belle action sociale se met en place », commente Roger Parent. Le réalisateur évoque ici les demandes de formations interculturelles et de prévention de la radicalisation de la part de plusieurs spectateurs du film.

Le Festival international du cinéma en République démocratique du Congo serait aussi en négociation avec l’ONF pour présenter le film.

 

« Le film permet de voir cette vie d’errance que connaissent malheureusement ces nouveaux arrivants en quête de terre d’accueil », Roger Parent

Courage 31Du 20 au 23 avril 2017 s'est déroulé le 28e Festival théâtre jeunesse de l'Alberta (FTJA) à Nordegg. Organisé tous les ans par l'UniThéâtre, ce festival permet à des élèves francophones du secondaire (de la 7e à la 10e) de présenter une pièce de leur composition devant des professionnels du milieu artistique.

 

« Le théâtre développe le caractère, le courage, la fierté et la confiance en soi », explique Brian Dooley, directeur général et artistique de l'UniThéâtre. Tous les ans, les écoles francophones et d'immersion s’adonnent aux joies de la scène. Une compétition conviviale qui offre une expérience unique et permet aux jeunes de s'initier au milieu théâtral et de s'extérioriser. « Surtout dans les arts, ça nous aide à développer une identité », poursuit le directeur.

 

Depuis plusieurs années, le festival se déroule à Nordegg au centre de loisirs Goldeye. Ce petit hameau situé au pied des rocheuses est choisi pour sa localisation centrale en Alberta et sa tranquillité. « Tout le monde partage le site, les élèves ne peuvent pas se disperser partout dans une ville. Ils sont concentrés sur le théâtre », ajoute le directeur de l’UniThéâtre.

 

Un festival complet pour l'année 2017

 

Cette année, le FTJA a battu son plein avec la participation de dix groupes venant de six écoles : Alexandre-Taché, Beauséjour, Joseph-Moreau, Maurice-Lavallée, Voyageur et West Island College. Au total, ce sont une centaine de personnes qui se sont donné rendez-vous à Nordegg, parmi lesquelles 75 élèves participants, 15 accompagnateurs ainsi que 11 personnes de l'UniThéâtre.

 

« C'est fascinant ! Je suis toujours étonné par leur talent, leur créativité et le soutien qu'il y a entre eux », s'exclame Brian Dooley. Les participants se sont retrouvés pour deux journées intensives avec au programme les représentations des élèves, mais également des jeux et des ateliers animés par des professionnels. Les groupes ont été évalués par un jury de trois personnes appartenant au milieu du théâtre.

 

Cette rencontre a été clôturée par la cérémonie de remise des prix. Cette année, le prix de la meilleure production (7e à 9e) a été remis à l'école West Island College pour la composition Le bon roi Richard Cœur-de-pomme. Dans la catégorie 10e à 12e, c'est l'école Beauséjour qui a été récompensée pour la pièce Le Célibataire. De nombreux autres prix ont aussi été attribués pour les meilleurs comédiens, le meilleur texte ou encore le meilleur costume.

 

Depuis plusieurs années, le FTJA se déroule en partenariat avec la Chicane albertaine, un festival de musique organisé par le Centre de Développement Musical de l'Alberta. L'association de ces deux festivals permet un rapprochement entre la musique et le théâtre au sein du monde artistique.

« On voit une flamme à l'intérieur de tous ces jeunes ! » - Brian Dooley

À l’intérieur de cette chronique, l’auteur de ces lignes recense l’offre francophone de trois artistes hors Québec qui ne chantent pas exclusivement en français. Les trois artistes ont fait paraître des disques dans les dernières années qui ont réussi à se faire entendre au-delà des régions d’origines de ceux-ci.

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Le plus récent EP de Marie-Claire marque un tournant dans sa carrière. D’abord, pour la première fois, la Franco-Ontarienne établie à Montréal collabore avec une nouvelle brochette d’artistes chevronnés, sous la réalisation de Guido Del Fabbro. En fait, Scaphandre laisse entrevoir une facette beaucoup plus ambitieuse de la démarche de l’auteure-compositrice.

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Écologiste, tout naturellement francophone et témoin de l’engagement des jeunes, la lentille de la caméra du Franco-Manitobain Gabriel Tougas se tourne autant vers la fiction que le documentaire.

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Du 5 au 15 avril, l’UniThéâtre lance sa prochaine pièce, intitulée La Raccourcie. Cette pièce intimiste met en scène les deux acteurs Steve Jodoin et André Roy dans un duo père et fils à ne manquer sous aucun prétexte !

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La pièce Le Dragon, interprétée par la troupe du Théâtre à l’Ouest, a fait salle comble. Entre 150 et 200 spectateurs à chaque séance sont venus applaudir les comédiens qui se produisaient pour cinq représentations au total. Une œuvre à lire comme un appel à la liberté et à la prise de conscience.

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Quand je suis en vacances dans le Sud, je m’ennuie souvent du Nunavut. Après quelques jours, j’en ai assez du magasinage, du trafic et de l’anonymat des grandes villes. Je crois que c’est pour cette raison que je suis toujours à l’affut de ce qui est écrit sur le Nord. De cette manière, je peux voyager tout en lisant un roman qui me rappelle le Nunavut. Au cours des dernières années, plusieurs livres en français dont l’histoire se déroule en terre inuite ont été publiés. Voici donc quelques suggestions de lecture, si vous voulez à votre tour découvrir ce territoire vaste et pur.

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Pour son troisième album, Cédric Vieno a réservé sa collection de chansons la plus ambitieuse. Cette Autopsie d’un peureux en dix chansons marque un virage habile, quoiqu’un brin inégal pour l’auteur-compositeur originaire du Nouveau-Brunswick.

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Des milliers de citoyens, artistes et intervenants ont participé à la consultation nationale sur la modernisation des stratégies fédérales dans la valorisation de la culture à l’ère numérique. L’exercice tenu à l’automne 2016 confirme l’urgence de redéfinir le contenu canadien, les créateurs et l’industrie culturelle. Le contenu en français demeure toutefois marginal.

Dube Culture monde numerique Anne Robineau

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L'annuaire francophone 2017

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