Refuge

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Terre nouvelle, langue nouvelle, culture nouvelle… Partir de son pays pour voler vers des contrées inconnues représente un périple semé d’embûches et de défis. Le metteur en scène Steve Jodoin a voulu imager l’histoire d’êtres humains qui ont courageusement parcouru des milliers de kilomètres pour s’installer au Canada. Du 1er au 4 juin, la pièce communautaire Refuge, produite par l’Unithéâtre, a mis en lumières les nombreuses expériences qu’ont pu vivre ces nouveaux arrivants.

La troisième et dernière pièce de L’Unithéâtre cette saison sera jouée jusqu’au 5 avril. Écrite par Carole Fréchette et mise en scène par Brian Dooley, cette histoire d’amour contemporaine réunit un chasseur de prime cupide et une femme rêvant au prince charmant.

« Ça résonne comme un conte de fée, ça c’est voulu de la part de Carole [Fréchette, l’auteure] », explique Brian Dooley, metteur en scène de Jean et Béatrice, la nouvelle production de L’Unithéâtre jouée du 25 mars au 5 avril à La Cité francophone. Librement inspirée du conte allemand Raiponce– celui avec la jeune femme enfermée au sommet d’une tour –, l’histoire nous présente Béatrice, qui habite seule au 33e étage de son immeuble. « Elle a mis des affiches sur les poteaux à travers la ville. Elle cherche un homme qui peut l’intéresser, l’émouvoir et la séduire. Y’a ces trois étapes-là », sourit le metteur en scène. À la clé, une « récompense substantielle » qui fait apparaître des dollars dans les yeux de Jean, peu intéressé par la romance... jusqu’à présent.

« Je suis toujours fasciné par les relations humaines, quand il y a une complexité subtile, elusive, quand on parle de l’amour ! », résume Brian Dooley. Pour favoriser l’intimité entre les deux comédiens – Steve Jodoin et France Perras – et les spectateurs, le directeur de L’Unithéâtre a fait en sorte d’insérer la scène dans le public, pour que celui-ci soit disposé sur trois des quatre côtés. « C’est ce genre d’expérience que j’aime et que je recherche quand je vais au théâtre », confie-t-il simplement. Minimaliste, le décor du huis clos possède néanmoins une immense fenêtre permettant des projections vidéo, d’ailleurs présentes dans les didascalies de la pièce écrite en 2002.

La pièce Trajet dit sera présentée en lecture publique les 27 et 28 février à 20h, dans l’atrium de La Cité francophone, à l’invitation de L’UniThéâtre (entre 5 et 10 $ sans abonnement). L’auteure Donia Mounsef nous en dit un peu plus.

« Le théâtre peut raconter des choses très difficiles sans avoir recours au sensationnel », estime Donia Mounsef, dramaturge, poète et professeure à l’Université de l’Alberta. Sa pièce Trajet dit raconte l’histoire d’un enfant tué dans un accident de voiture selon trois points de vue : celui du père « qui ne sait pas comment gérer son deuil », celui de l’accusé « qui veut échapper à toute responsabilité » et celui du mur, témoin privilégié.

« Quand on est en deuil, le monde de tous les jours change entièrement. J’ai voulu capter cette atmosphère, ce sentiment d’impossibilité de vivre », explique l’auteure bilingue d’origine libanaise. Elle a notamment enseigné le théâtre à l’Université de Yale (États-Unis) avant de revenir donner des cours à Edmonton, où elle avait étudié.

« Je vis dans différentes langues… J’écris en français et en anglais mais très peu en arabe, que j’ai un peu perdu, confie Donia Mounsef. L’anglais m’interpelle par son aspect concret mais j’aime la capacité d’abstraction du français. » Bien sûr, d’autres auteurs diront peut-être l’inverse… « On s’exile dans la langue et en même temps on y trouve des refuges », estime la dramaturge, ajoutant que « dans un milieu anglophone, il faut aussi revendiquer sa place ! »


Une pièce qui n’en était pas une au départ. Née d’une vieille cassette enregistrée et de l’impulsion de préserver son contenu. Un besoin de réapprivoiser sa langue originelle et maternelle. C’est le fruit de cette conjoncture qu’a présenté pour la première fois en public, les 28 et 29 novembre au Studio Yolande Proulx de L’UniThéâtre, la poète Pierrette Requier.

Les voix éclatéesou Le blues des oubliés(le titre de travail pourrait changer) est, selon le directeur de L’UniThéâtre Brian Dooley, un geste théâtral. Même mis en scène, il ne s’agira pas d’une pièce conventionnelle mais bien d’un mouvement multidimensionnel guidé et rythmé par cinq voix de femmes (dont une musicienne et vocaliste hors champ, Alison Grant-Préville). La texture des mots lus par les comédiennes – Joëlle Préfontaine, Carline Lemire, Isabelle Rousseau et Anna-Maria Lemaître – ne fait aucun doute.

« Ce fut un long accouchement », confie Pierrette Requier à l’auditoire. Elle les encourage à « se laisser rire », à « ne pas trop s’accrocher à comprendre le fil de l’histoire ». Car c’est de cette manière qu’elle l’a écrite, en retranscrivant des bribes d’une histoire racontée par une vieille femme usée.

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