Après les défilés, les spectacles, les consultations et conférences ainsi que les démarches de réconciliation et les excuses officielles, quel est l’état d’esprit des Canadiens à la fin de l’année du 150e anniversaire de la Confédération canadienne ? Pour certains observateurs, le triomphalisme est difficile : 2017 a débuté avec la tuerie de six musulmans dans une mosquée et encore des Autochtones, des femmes et des minorités sexuelles sont quotidiennement victimes de violence.

Canada 105

Une chronique publiée dans la Gazette de Montréal le 6 décembre par Dan Delmar évoquait la « renaissance » que le français connaîtrait hors Québec, c’est-à-dire le « Canada anglais » pour son auteur. Anne Levesque, née à Falher en Alberta, et militant pour les droits linguistiques, a tenu à répondre par chronique interposée. Pour la francophone avocate établie à Ottawa depuis une dizaine d’années,  cette vision est erronée. Elle nous donne sa perspective.

Anne Levesque 2

La question a été posée mercredi par la chroniqueuse Chantal Hébert du Toronto Star : si la Cour suprême n’était plus tenue au bilinguisme des juges et devait refléter la diversité canadienne, quel serait l’impact sur l’appareil fédéral ? Plusieurs acteurs ont été troublés par le scénario évoqué par le prochain commissaire aux langues officielles. Raymond Théberge a corrigé le tir jeudi, mais son propos continue à faire réfléchir.

« Quand l’égalité des votes a été annoncée, on a tous les deux été estomaqués, explique le nouveau président de la FCFA du Canada, Jean Johnson, on ne s’attendait pas à ça. ». Le 10 juin, il a fallu un deuxième tour de la présidentielle, qui a produit encore 9 voix contre 9, sauf pour un bulletin invalide pour la présidente sortante, Sylviane Lanthier. C’est dire la division au sein de l’organisme parapluie.

Le Colloque de l’ACFAS s’est ouvert de très belle façon le 7 avril dernier, avec  la présentation d’une conférence de l’ancien ministre libéral québécois, Benoît Pelleter. « Quelle est la place du Québec dans la francophonie canadienne? », a-t-il demandé aux convives réunis dans le Grand Salon de la Faculté Saint-Jean.  Pour lui, il s’agit d’un véritable défi de bien vivre ensemble dans une seule et même Francophonie.

Avocat de formation, Benoît Pelletier a commencé sa conférence en expliquant qu’au Canada, les droits linguistiques ne sont pas des droits individuels fondamentaux et que la Cour suprême choisi de les interpréter de façon uniforme, peu importe la communauté. « Par contre, au Québec, cette interprétation devrait être plus nuancée, car la langue de la majorité québécoise est la langue de la minorité canadienne », a-t-il partagé. Du même souffle, il a souhaité que la Cour suprême soit plus souple envers le fait français au Canada, afin de protéger la langue de Molière.

Au Québec, afin de freiner l’assimilation à la majorité anglophone, le gouvernement a mis sur pied la loi 101, honnie du reste du pays. « La Cour suprême a dit, dans différents jugements, qu’elle comprenait les objectifs poursuivis par la loi 101, qu’ils étaient même nobles, mais que les moyens utilisés par le Québec pour poursuivre ces mêmes objectifs étaient démesurés et disproportionnés », a fait savoir Benoît Pelletier.

Ringard, le français?
Quebec City 01Pour le professeur en droit de l’université d’Ottawa, le français est fragilisé au Canada, et même au Québec. Or, selon lui, la Belle province n’en fait pas assez pour protéger la langue française. « Les Québécois ont tort de considérer que la défense du français est ringarde. Nous sommes tous dans le même bateau, nous devons ramer dans la même direction et surtout éviter les confrontations », a-t-il insisté.

Selon lui, si tous les francophones du pays œuvraient collectivement pour la protection du français, le concept de dualité linguistique du Canada serait possible et  serait plus sensé. « Or, il n’est pas évident de dire aux Québécois, dont plusieurs estiment qu’il est inutile de maintenir des relations serrées avec le reste du pays, de revenir dans le giron de la Francophonie canadienne », s’est-il désolé. Il ajoute qu’un certain travail de sensibilisation auprès des Québécois devrait être effectué afin de raffermir ces relations, « ce qui n’enlève en rien au caractère national du Québec. Les Québécois forment une nation, la Chambre des communes l’a reconnu. »

Une seule Francophonie canadienne
Les Québécois peuvent-ils réellement réintégrer la grande famille de la Francophonie canadienne? « Politiquement, la tâche est difficile, car dans une perspective québécoise, il est plus simple de faire cavalier seul », répond le conférencier.  Or, à son avis, il n’y aucune raison qui explique que le Québec ne veuille pas s’inclure dans le concept de Francophonie canadienne, alors qu’il le fait pour la Francophonie internationale. « C’est complètement contradictoire. Quand on aime une langue, on veut qu’un maximum de gens la parlent! »

C’est d’ailleurs un des moyens privilégiés par Benoît Pelletier pour assurer l’avenir de la langue française au Canada. « La Francophonie canadienne doit devenir une grande société d’accueil. Nous devons travailler ensemble, avec le Québec. C’est ensemble que nous sommes, et c’est ensemble que nous serons », a-t-il conclu.

 

Drapeaux francos.jpgL’ombudsman d’ICI Radio-Canada, Pierre Tourangeau, soutient que les questions posées lors du débat des chefs en français, diffusé à l’antenne d’ICI Radio-Canada, concernaient l’ensemble des Canadiens. C’est ce qu’il conclut dans un récent rapport publié sur son site Internet. Une réponse qui a suscité de nombreuses réactions déjà au sein de la communauté francophone.

« J'ai trouvé sa réponse arrogante et condescendante. [Pierre Tourangeau] donne l'impression que les francophones hors Québec ne sont qu'une nuisance pour son institution. Ses arguments sont fallacieux et sans fondement. Je n'ai pas apprécié du tout », a indiqué le doctorant en science politique spécialisé en minorités linguistiques à l’Université de Montréal, Martin Normand.

Dans sa révision de la plainte de Line Branchaud, Pierre Tourangeau avoue que la question sur les droits linguistiques des francophones hors Québec n’a pas été abordée durant le débat. Il ajoute toutefois qu’elle n’a pas été soulevée non plus dans les médias en milieu minoritaire durant la campagne électorale.

CgyLe conseiller municipal de Calgary, Brian Pincott, a affirmé sa volonté, lors de son passage à Québec pour le Rendez-vous de la fondation du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique, du 29 au 31 octobre, de voir sa ville devenir bilingue.

 

« Les écoles d’immersion ont des listes d’attente, ce qui veut dire que même quand les parents ne parlent pas français, ils reconnaissent la valeur d’être bilingue. Je pense que la génération après nous va être bilingue et ça va donner un tremplin à la francophonie », croit le conseiller municipal.

 

Il ajoute que les 90 000 francophones qui habitent à Calgary doivent avoir un meilleur accès à des services dans leur langue. Ces changements doivent se faire au sein de l’administration de la ville, et pas au conseil municipal, d’après Brian Pincott. « C’est bon pour l’image d’un politicien de se lever au conseil pour manifester son soutien aux francophones, mais ça prend plus que ça. Il faut que l’administration de la ville s’asseye avec les organismes francophones », explique celui qui s’implique aussi au sein du Réseau des municipalités francophones de la Fédération canadienne des municipalités (FCM).

DSC 5881-2La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada demande ce qu’il y ait des clarifications concernant les langues officielles. Personne n’a encore été nommé responsable au sein du Cabinet des ministres, dont l’assermentation a eu lieu ce matin (4 novembre).   

 

« Est-ce la nouvelle ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, qui est responsable des langues officielles, ou ce portefeuille fait partie des responsabilités directes du premier ministre, sachant que celui-ci s’est gardé les Affaires intergouvernementales ? Ce n’est pas clair à ce moment. Ce qui est clair, c’est que personne n’en porte le titre, et ça envoie un drôle de message », souligne la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.

 

L’organisme se dit prêt à collaborer avec le nouveau gouvernement, et espère savoir rapidement à qui il devra s’adresser au sujet des langues officielles. « Notre priorité, c’est que quelqu’un au cabinet puisse avoir l’autorité nécessaire pour veiller à la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles et coordonner l’élaboration du plan amélioré en matière de langues officielles que le parti s’est engagé à développer avec les communautés », précise la présidente de la FCFA.

Dominc LeBlancÀ la dissolution du Parlement, le 2 août 2015, la représentation franco-canadienne dans la 41e législature canadienne était composée de 6 Conservateurs, 5 Néo-démocrates et 2 Libéraux. Au lendemain du scrutin du 19 octobre, elle passe de 13 à 11 députés, tous libéraux sauf un. C’est une baisse de 15 %. À noter que depuis le scrutin du 19 octobre, la Chambre des communes compte 30 députés de plus.

 

La vague libérale a commencé à se faire sentir dès l’annonce des premiers résultats dans les provinces de l’Atlantique. Le Nouveau-Brunswick conserve ses quatre députés francophones, mais cette fois-ci ils sont tous libéraux. Dominic LeBlanc (Beauséjour) n’est plus le seul, il aura à ses côtés Serge Cormier (Acadie-Bathurst), Ginette Petitpas-Taylor (Moncton-Riverview-Dieppe) et René Arseneault (Madawaska-Restigouche). Le ministre Bernard Valcourt a été défait dans cette dernière circonscription et les néo-démocrates n’ont pas réussi à conserver Acadie-Bathurst, longtemps le fief d’Yvon Godin.

Celine Bosse horizontalLa diététiste-nutritionniste de Calgary, Céline Bossé, ne chôme pas ces jours-ci. Elle travaille à la préparation d’une série de huit ateliers destinés à des enfants d’âge préscolaire. Le tout premier aura lieu le 29 octobre sur les courges, à l’occasion de la fête de l’Halloween.

 

Récemment de retour du Québec où elle a suivi sa formation de l’organisme Les ateliers cinq épices, Céline Bossé, ou « Moman Popotte », son nom de personnage, a des idées plein la tête pour inspirer les jeunes à manger sainement et à varier leur alimentation.

 

Bientôt, elle commencera à faire cuisiner les bouts de choux de quatre à six ans et leurs parents, dans les locaux de la Société de la petite enfance et de la famille du sud de l’Alberta (SPEFSA).

Page 1 sur 2
Aller au haut