Tout budget est un exercice comptable complexe, mais le degré de complexité atteint parfois des niveaux beaucoup plus importants lorsqu’une dimension politique vient s’y greffer. C’était le cas du budget de jeudi dernier avec Jim Prentice qui, depuis la fin de l’année 2014, annonçait que la difficile situation économique de l’Alberta exigeait un coup de barre radical pour remettre la province sur le droit chemin financier. Plus précisément, il s’agissait de briser la dépendance du gouvernement aux revenus du pétrole et du gaz. Nous savons maintenant comment le gouvernement entend y parvenir avec un budget pas aussi drastique qu’on aurait pu le croire, mais qui n’est tout de même pas sans conséquence, loin de là. Essentiellement, le premier ministre propose un budget qui le distingue notamment de Ralph Klein, même si dans ses premières interventions, il n’a pas voulu le reconnaître.

En effet, Jim Prentice a rejeté l’héritage de Klein de deux façons. D’une part, il a refusé de procéder à des coupes budgétaires massives, l’idée de couper de 5% voire 9% comme on l’avait entendu ayant été rejetée. Certes, et le fait est important, le système de santé a vu ses budgets diminuer de 0,8%, ce qui conduira à des mises à pied à Services de santé Alberta, l’organisation étant frappée par une diminution de budget (286 millions). D’autre part, Prentice a rompu avec Klein en mettant de côté le taux d’imposition unique qui était devenu la marque de commerce albertaine, ce fameux Alberta Advantage. En établissant des paliers d’imposition qui permettront, d’ici trois ans, de modestes augmentations du taux d’imposition, maximum 2% pour ceux gagnant plus de 250 000$, le gouvernement conservateur a ainsi brisé un tabou de la politique albertaine.

Vert et or. Ce sont les couleurs officielles de l’Université de l’Alberta, mais on ne peut pas dire que ce soient les couleurs que l’on trouve dans ses coffres-forts. Après des coupures importantes de 147 millions de dollars en 2013, les institutions postsecondaires en Alberta ont souffert et ont dû être créatives pour maintenir leur niveau de service. Certes, elles ont survécu, mais encore une fois, on dirait que ce sont les étudiants qui vont devoir fouiller dans leurs poches vides pour payer l’addition.

En avril 2013, la première ministre Alison Redford avait promis que le budget du gouvernement de l’Alberta ne serait pas équilibré sur le dos des étudiants. Néanmoins, ces derniers jours, c’est un tout autre refrain que nous entendons de la part de M. Prentice.À cause de la situation économique précaire, Jim Prentice a annoncé aux Albertains une des options qu’il considère pour ménager le portefeuille albertain: l’augmentation des frais de scolarité.

Les élections partielles ont souvent peu de signification, mais les quatre qui viennent de se terminer représentaient en quelque sorte une élection générale en miniature. 

 

Les efforts déployés au cours de la campagne par les partis ont d’ailleurs été à la mesure de l’enjeu. Du côté des conservateurs, le nouveau premier ministre nommé attendait avec impatience de recevoir l’assentiment des électeurs de sa circonscription de Calgary-Foothills. Surtout, il n’espérait rien de moins qu’un balayage, question de prouver que son arrivée et la cascade de mesures annoncées qui s’en est suivie signifiaient bien le changement que lui et son équipe cherchent à incarner pour se distinguer de l’administration précédente. Mission accomplie, car les résultats de lundi dernier confirment, aux yeux de Prentice et son équipe, qu’ils sont effectivement en mesure de renouveler le parti. Et même si ce fut serré dans Calgary-West (Mike Ellis) et Calgary-Elbow, où la division du vote a probablement favorisé Gordon Dirks, les victoires de Mandel et Prentice sont nettes. Globalement, le pourcentage de voix accordé aux conservateurs a peut-être décru par rapport aux belles années du parti, mais rien n’indique qu’il continuera de baisser. On peut même penser l’inverse, que l’appui au PC pourra seulement remonter lorsqu’Alison Redford ne sera plus qu’un souvenir.

Jim Prentice est premier ministre de l’Alberta depuis plus d’un mois. L’occasion pour Le Franco de faire le bilan de ces premières semaines avec Frédéric Boily, professeur de sciences politiques à l'Université de l'Alberta à Edmonton.

 

Ses promesses pré-élection

 

Jim Prentice, avocat de formation, anciennement ministre de l’Environnement, ministre de l’Industrie et député à la chambre des communes, a pris la tête du Parti progressiste-conservateur de l’Alberta le 6 septembre 2014. Il est devenu dans la foulée le 16e premier ministre de l’Alberta, suite à la démission d’Alisson Redford, sa prédécesseure.

Le premier ministre de l’Alberta, Jim Prentice, a signé mardi 7 octobre un accord-cadre avec le maire de Calgary, Naheed Nenshi, et celui d’Edmonton, Don Iveson. Le but de ce projet est de donner à terme plus de pouvoir à ces villes, mais aussi plus de responsabilités, par le biais de chartes civiques.

 

Le Premier ministre de l’Alberta, Jim Prentice, a signé mardi 7 septembre un accord-cadre avec le maire de Calgary, Naheed Nenshi, et celui d’Edmonton, Don Iveson. Le but de ce projet est de donner à terme plus de pouvoir à ces villes mais aussi plus de responsabilités, par le biais de chartes civiques.

Les prémices de cet accord ont été discutés pour la première fois il y a déjà plusieurs années. En juin 2012, le principe de créer des chartes avait été accepté, et un protocole d’accord avait été signé afin d’entamer les discussions à ce sujet. Mais ce projet était concrètement resté dans les cartons.

Jim Prentice a décidé de le ressortir afin de faire face, notamment, au déficit d’infrastructures qui touche Calgary et Edmonton. En effet, les deux principales villes de l’Alberta doivent supporter un nombre grandissant d’habitants, alors que la création d’écoles, d’espaces de loisirs ou d’hôpitaux ne suivent pas toujours.

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