Sur le terrain, le joueur de football étoile Étienne Boulay n’a jamais donné dans la demi-mesure. L’athlète de 33 ans, aujourd’hui à la retraite, a rendu visite les cinq, six, sept et huit avril aux élèves de certaines écoles francophones de l’Alberta. Sportif passionné, cet athlète de haut niveau a connu une jeunesse qui n’a pas toujours été de tout repos. Persévérance, détermination et discipline, voilà toutes des qualités qui l’ont mené à ce qu’il est, aujourd’hui.

Trois fois champion de la Coupe Grey, Étienne Boulay est aussi animateur à la télévision, analyste et conférencier. Voulant s’inspirer de ses expériences vécues pour encourager les jeunes à persévérer, il a préféré demeurer honnête. « Évidemment, je parle des choses positives. Mais je dois aussi parler de mes moins bons moments, des cotés plus difficiles, et de comment je réussis à trouver ma place aujourd’hui à travers les épreuves », a admis l’ex-footballeur.

L’élément déclencheur

Au début du secondaire, Étienne était un jeune turbulent. « J’avais hâte d’aller à l’école, mais c’était pour les mauvaises raisons. J’avais hâte d’aller niaiser avec mes amis », se remémore-t-il. Mauvaises notes, mauvaises fréquentations, il était reconnu comme étant le « bouffon » de la classe.

baeQuand il a découvert le Football, Étienne n’avait sûrement pas imaginé qu’il serait le jeune joueur sollicité qu’il est devenu. Pour pouvoir jouer dans l’équipe, il a dû travailler fort et obtenir de meilleures notes à l’école. Selon Statistique Canada, un Albertain sur dix ne termine pas son secondaire. « Au début, avec les Alouettes (de Montréal), on allait dans les écoles pour contrer le décrochage scolaire. Mais même après le football, j’ai continué à y aller, parce que j’y ai pris goût », a expliqué Étienne.

Lors de sa conférence, il a parlé entre autres de ses blessures sportives. « Quand je me suis blessé, la première chose que j’ai faite a été d’appeler ma mère », a sans gêne avoué l’athlète. « Elle m’a dit de me concentrer sur les choses que je peux contrôler, et d’oublier celles qui sont hors de mon contrôle », a-t-il confié aux élèves. Pour lui, ce conseil a été décisif dans la façon dont il percevait les défis.

Prendre sa retraite a été une épreuve pénible pour Étienne Boulay. Il a confié qu’après le Football, il a commencé à faire la fête et à consommer de l’alcool. Après quelques années difficiles, Étienne a repris sa vie en main en consultant des spécialistes et fait aujourd’hui la promotion d’un mode de vie sain.

 

C’est pour cette raison que la Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA) a voulu inviter l’athlète. Dans le cadre de leur projet de promotion de la santé, les organisateurs préparent des activités au niveau de la vie active, de la saine alimentation et de la vie mentale. « Oui, il a parlé beaucoup de vie active, mais la raison pour laquelle on l’a fait venir, c’est pour le côté santé mentale », a mentionné l’agente de projet, Renée Levesque-Gauvreau.  « On savait qu’il avait eu des choses à surmonter, et c’est le message de motivation qu’on voulait passer dans les écoles », a-t-elle ajouté.

Le dicton qui dit : « ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort » n’aura jamais sonné plus vrai. Aujourd’hui, bien dans son corps et bien dans sa tête, Étienne Boulay est un bel exemple pour la jeunesse, dans ses forces comme dans ses faiblesses.

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