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Achetez une tuque et aidez les jeunes à la rue

Dimanche 14 décembre au marché agricole de La Cité francophone, des tuques et des chaussettes seront vendues pour aider les jeunes sans-abris d’Edmonton. Une opération à laquelle participe l’organisme albertain Homeward Trust.

« Elles marchent bien comme cadeaux de Noël ! », conseille Alex Abboud, le directeur de Homeward Trust, au sujet des tuques vendues 10 $ dans le cadre de la 18e campagne de Chez Toit (Raising the Roof). 80 % des revenus seront reversés à des agences communautaires locales pour aider les sans-abris, le reste servant à appuyer des initiatives nationales.

Cette année, pour la 11e fois, Homeward Trust Edmonton s’associe à l’évènement. « On vend de novembre jusqu’à mars, explique M. Abboud. Aux shopping malls, au city hall… » Ce dimanche 14 décembre, ce sera au marché agricole de La Cité francophone que Homeward Trust vendra des tuques et – c’est une nouveauté – des chaussettes.

La précédente campagne à Edmonton avait rapporté 16 350 $ (1 268 tuques vendues). Alex Abboud espère dépasser les 20 000 $ cette année. « Beaucoup de compagnies achètent à leurs employés, amis et familles… », explique-t-il. Le point culminant de la campagne aura lieu en février, à l’occasion du Toque Tuesday. Des vendeurs seront répartis à plusieurs arrêts de LRT du centre-ville d’Edmondon.


Rendre leur indépendance aux sans-abris

Organisme à but non lucratif, Homeward Trust a pour objectif de trouver un logement pour les sans-abris et de les réinsérer dans la société. Cela passe bien sûr par la recherche d’emploi, mais aussi par l’éduction. « On va les aider à finir l’école secondaire, prendre des cours en post-secondaire… […] Il y a aussi des personnes qui étaient professionnelles et qui doivent retrouver leur certification », détaille le directeur. Pour certains, il s’agit parfois d’obtenir des soins en santé mentale ou d’apprendre des « lifeskills» comme gérer un budget, faire la cuisine chez soi, etc. L’ambition est que les sans-abris (re)deviennent « indépendants, comme tout le monde ».

Tous les deux ans, Homeward Trust compte les sans-abris d’Edmonton. En octobre 2014, l’organisme en a dénombré 2 252, soit 78 de plus qu’en 2012 (+3,4%, mais la population totale de la ville a augmenté de 7,4%...). Près des trois quarts sont des hommes. « Beaucoup sont autochtones : 48% », alors que seulement 5,4% de la population totale est autochtone », précise le directeur. Par ailleurs, 562 sans-abris ont 24 ans ou moins, soit 81 de plus qu’en 2012 (+17%). Si certains sans-abris vivent dans les rues ou dans les parcs, même l’hiver (19%), la majorité d’entre eux dorment dans des foyers, voire au motel ou chez des amis.

3 200 personnes sorties de la rue

« De 2009 à aujourd’hui, on a réussi à aider environ 3200 personnes qui étaient sans-abris et qui ont trouvé un logement, avance Alex Abboud. Environ 85% de ces gens restent dans leur maison et pour les 15% restants, ce n’est pas toujours mauvais, car plusieurs rentrent dans leur hometown. »

En 2013 par exemple, le programme NOVA a permis de fournir 19 lits permanents à des jeunes sans-abris, ces mêmes jeunes aidés grâce à la vente de tuques. « Il y 4-5 ans, le taux de vacance [des logements] était d’environ 5%... Aujourd’hui, c’est très difficile : 1,2% en 2013 ou 1,4% en 2014 », rappelle M. Abboud. D’où la nécessité d’aider Homeward Trust à négocier avec les propriétaires pour tenter de sortir les sans-abris de la rue.

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