Jim Prentice, un bon premier bilan

Jim Prentice est premier ministre de l’Alberta depuis plus d’un mois. L’occasion pour Le Franco de faire le bilan de ces premières semaines avec Frédéric Boily, professeur de sciences politiques à l'Université de l'Alberta à Edmonton.

 

Ses promesses pré-élection

 

Jim Prentice, avocat de formation, anciennement ministre de l’Environnement, ministre de l’Industrie et député à la chambre des communes, a pris la tête du Parti progressiste-conservateur de l’Alberta le 6 septembre 2014. Il est devenu dans la foulée le 16e premier ministre de l’Alberta, suite à la démission d’Alisson Redford, sa prédécesseure.

 

Pendant sa campagne, il a été révélé que ses trajets en avions gouvernementaux, alors qu’il était ministre fédéral, avaient coûté plus de 400 000 dollars à la province. Mais Jim Prentice, alors candidat, efface vite ce scandale en promettant de vendre la flotte aérienne de l’Alberta, et de réduire les frais de déplacement des membres de son futur gouvernement.

 

Autres points importants du programme de Jim Prentice, la volonté de faire de la province un modèle environnemental à l’échelle internationale, la promesse de ne pas augmenter les taxes, de faire construire de nouvelles écoles et de rembourser la dette provinciale au plus vite.

 

Un premier bilan

 

Pour Frédéric Boily, le bilan des premières semaines du Premier ministre Prentice est très bon. « Il a su rapidement proposer des mesures qui le distinguaient du gouvernement de Redford, et reprendre le contrôle de l’ordre du jour politique. Il a été aussi loin qu’il le pouvait sans avoir à déclencher une élection générale » explique t-il.

 

Jim Prentice a en effet fait plusieurs annonces dès le début de son mandat : la vente du service d’avions gouvernementaux, l’annulation du changement des plaques d’immatriculation, de nouveaux représentants à l’étranger, le maintien du centre Michener à Red Deer ou encore le projet de chartes civiques avec Calgary et Edmonton.

 

Les projets du nouveau Premier ministre

 

Selon le professeur Boily, le projet de Prentice tourne autour de deux grands axes. Le premier consiste à restaurer la confiance des électeurs, notamment celle des conservateurs. Le deuxième concerne les dossiers énergétiques, au niveau des débouchés extérieurs et de l’image environnementale. « C’est d’ailleurs pourquoi il s’est gardé le ministère des Affaires intergouvernementales et internationales ainsi que celui des Relations autochtones » précise le professeur en sciences politiques.

 

À très court terme, Prentice devra passer l’étape des élections partielles législatives. Le Premier ministre se présente à Calgary-Foothills. « Il est identifié à Calgary, il devait se présenter dans cette circonscription, d’autant plus qu’il a trouvé un candidat de valeur avec Mandel à Edmonton. Et Calgary-Elbow, la circonscription de Redford, était trop hasardeuse pour lui », explique Frédéric Boily. S’il est élu, il aura pour rôle de rebâtir les ponts avec Naheed Nenshi, le maire de Calgary.

 

Jim Prentice, le francophile ?

 

Selon l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Jim Prentice serait « ouvert au fait français en Alberta ». Il a en effet été, pendant les élections de Premier ministre, le seul candidat à accepter un rendez-vous avec des francophones, organisé par l’ACFA.

 

Frédéric Boily est plutôt du même avis. « Issu du sérail des conservateurs fédéraux il a, comme Brian Mulroney et jusqu’à Stephen Harper, intériorisé la dimension bilingue du Canada. » avance le professeur. Il est possible que Jim Prentice veuille jouer sur le côté progressiste de sa formation et se montrer sensible à la diversité de l’Alberta d’aujourd’hui, ce qui serait une bonne nouvelle pour la francophonie albertaine.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut