Gouvernance du collégial : l’ACFA ne lâche rien

« Les participants donnent à l’ACFA le mandat de continuer à travailler à l’obtention de la gouvernance du Collège francophone. »

 

La proposition a été présentée à l’Assemblée générale annuelle de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), lors du Congrès annuel de la francophonie albertaine (CAFA) les 17 et 18 octobre. Puisqu’elle faisait consensus, comme d’ailleurs toutes les autres propositions issues des ateliers du CAFA, elle n’a pas été soumise au vote.

 

Le Centre collégial de l’Alberta, ou « le collégial en français » pour rester général, a fait l’objet de deux ateliers lors du congrès annuel. L’un d’eux visait à présenter l’état actuel des choses et la stratégie du Campus Saint-Jean pour développer l’offre collégiale en français. L’autre visait à valider le mandat de l’ACFA dans le dossier.

 

Le président de l’ACFA, Jean Johnson, présidait cette dernière séance. « Au mois de juillet, on a rencontré (l’ancien premier ministre de l’Alberta par intérim) Dave Hancock pour lui demander la possibilité d’avoir notre propre gouvernance, relateM. Johnson. Plus récemment, on a eu une réponse de Don Scott (ministre de l’Éducation supérieure sous Jim Prentice). C’était un non. Mais nous, on n’acceptera pas un non. »

 

Le président explique sa persistance dans ce dossier : « Notre expérience nous indique qu’il y a un coucher de soleil » pour le Centre collégial, sous la gouvernance de l’Université de l’Alberta. Jean Johnson confie, lors de l’atelier, ses discussions avec le doyen et vice-recteur à l’enseignement, Marc Ahmrein : selon M. Ahmrein lui-même, le démantèlement stratégique des gros consortiums d’institutions en éducation est la voie de l’avenir. 

 

Il s’agit donc de « trouver une structure qui nous sort de l’influence anglo-dominante » tout en continuant de « soutenir le CJS », affirme M. Johnson.

Kate Peters, la directrice du Centre collégial de l’Alberta, a d’ailleurs eu, la veille, l’occasion de présenter les résultats obtenus par le CSJ dans le dossier collégial depuis que l’Université de l’Alberta a donné le feu vert. La première cohorte de la technique en administration des affaires compte 17 étudiants d’origines variées qui suivent leurs cours au CSJ ou en ligne. Au bout de leurs deux ans, ils auront la possibilité de s’inscrire directement en 3e année à NAIT (Northern Alberta Institute of Technology), de suivre un stage non crédité ou d’intégrer le marché de travail. Ils sont 19 à suivre le programme d’assistant à la petite enfance, donné à distance, en collaboration avec le Collège Lakeland, et cinq se sont déjà inscrits pour janvier. Lakeland offrira d’ailleurs une technique d’aide-élève au printemps 2015.

 

Le Centre collégial compte également développer un programme de tourisme, en partenariat avec Olds College et le Collège de Matane, au Québec, ainsi qu’un diplôme de préposé aux soins.

 

La stratégie de développement axée sur les partenariats et l’accessibilité des programmes est commune à ce que fait actuellement le CSJ et à ce qu’envisage Jean Johnson par l’entremise d’une gouvernance indépendante. La différence est que le financement ne passerait pas par l’Université de l’Alberta, et que le choix des programmes serait à la discrétion des gouverneurs communautaires. Le Centre collégial pourrait tout de même émettre des certificats et des diplômes reconnus, en partenariat, ou non, avec d’autres institutions.

 

Doutes exprimés

Lors de l’atelier animé par Jean Johnson, quelques membres de la communauté ont émis certains doutes par rapport à la forme que prendrait une structure indépendante non divorcée du CSJ. « C’est là mon brouillard », commence la directrice administrative d’Accès-Emploi, Antoinette Vani-Mistrzak.  Elle prend d’ailleurs le Centre de santé Saint-Thomas comme exemple de manque de clairvoyance quant aux responsabilités remises entre les mains d’un comité communautaire. « Ce n’étaient pas des experts dans le domaine », dit celle qui s’inquiète qu’on refasse la même erreur avec le Centre collégial de l’Alberta.

 

Jean Johnson a nommé plusieurs personnes dont l’expertise n’est pas négligeable selon lui et qui figureraient à titre de gouverneurs, notamment le directeur général du Collège Grasset (QC), Gilbet Héroux, comme expert-conseil.

 

L’avocat et membre du conseil d’administration de l’ACFA Albert Nolette souhaite également se joindre au conseil d’administration d’un futur Collège francophone indépendant. Il estime que l’institution collégiale est le « maillon faible » des institutions francophones en Alberta et que les besoins spécifiques aux francophones seront mieux servis par une gouvernance communautaire.

 

Char d’assaut

« En restant rattaché à l’Université de l’Alberta, on est dans un char d’assaut qui a du
poids », affirme le conseiller à l’association étudiante de l’Université, Colin Champagne. Il pense que le problème sous-jacent est le déclin de la valorisation du postsecondaire et le manque de fonds qui y est rattaché et que c’est à ce problème qu’il faut s’attaquer en premier. « Je pense qu’on est capable de travailler avec l’Université pour obtenir quelque chose de bien », dit-il.

 

Jean Johnson rétorque que le divorce de l’Université ne sera pas complet. « Combien de temps allons-nous rester à la merci d’un champion ? »

 

« Être allié à l’Université de l’Alberta est non négligeable. Ça parle aux employeurs et aux partenaires », mentionnait Kate Peters dans son atelier. Elle note également plus tard que les budgets des programmes mis en place par le CSJ ne pourront pas être transférés, dans le cas d’une charte indépendante.

 

 
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut