Le Centre de santé Saint-Thomas change de main

Depuis 18 mois déjà, le conseil d’administration (CA) du Centre de santé Saint-Thomas (CSST) et l’organisme à but non-lucratif Covenant Care travaillent au redressement financier du centre. Des démarches qui ont mené à la vente, le mois dernier, du bâtiment situé sur la rue Marie-Anne-Gaboury à Edmonton, nouvelle propriété de Covenant Care.

 

« On a beau jeu, pense le président du CA du CSST, Paul Denis. Même si nous n’avons plus la possession de l’édifice [désormais propriété de Covenant Care], nous avons la possession du contenu. » Par ceci, M. Denis entend la possession de services de santé qui selon-lui se sont améliorés depuis que les deux compagnies sous-traitantes, Aramark (alimentation, accueil, nettoyage) et Saint Elizabeth (soins infirmiers) ont pris le contrôle des services en juillet dernier. Les heures d’ouverture de la réception ont notamment été rallongées et les employés bilingues portent des étiquettes colorées afin de permettre de les identifier.

 

« J’ai parlé à plusieurs résidents et ils sont très contents du changement », affirme Maurice Gaudet, un des instigateurs et bienfaiteurs qui ont contribué à l’ouverture du CSST en 2008. « Je pense que c’était une bonne décision à prendre », rajoute-t-il, faisant référence à la situation financière intenable à laquelle devaient faire face les gestionnaires bénévoles du centre.

 

La contribution financière d’Alberta Health Services (AHS) – qui en temps normal représentait environ 50 % des revenus du centre – était allouée selon le nombre d’heures de services offerts aux résidents. Devant l’impossibilité de fournir suffisamment d’heures de services à cause d’un budget déjà déficitaire, le CSST avait accumulé une dette de près de 500 000 $ auprès d’AHS, qui la lui réclamait depuis 2013.

 

Covenant Care, un administrateur de choix
En prévision du transfert de propriété, le nouveau propriétaire Covenant Care, l’organisation sœur du groupe catholique Covenant Health qui gère une vingtaine d’établissements de soins à travers la province, a négocié l’effacement de la dette à AHS.

 

Le poids et les relations politiques que possède le groupe catholique en font un administrateur de choix, selon M. Denis, pour l’offre de services de haute qualité aux résidents de Saint-Thomas.

 

« Nous avions déjà des relations avec Good Samaritan (un groupe luthérien qui avait soutenu le CSST à la construction du centre dès 2001), mais le contrat qu’on avait avec eux limitait le travail qu’ils pouvaient faire avec nous. Ils n’auraient pas pu nous offrir les services que nous ont offerts Covenant Care », maintient Paul Denis.

 

Covenant Care avait été créé en 2013 par l’organisme Catholic Health of Alberta pour répondre à la demande croissante de services aux personnes âgées. En avril 2013, la compagnie avait été approchée par le CA pour aider à remettre de l’ordre dans ses finances et assurer la viabilité à long terme de l’établissement.

 

Dans un courriel, Covenant Care a d’ailleurs confirmé que c’est l’archevêque d’Edmonton, Monseigneur Smith, qui avait recommandé le groupe au conseil d’administration de Saint-Thomas. Le président du Réseau de santé albertain, Denis Vincent, pense d’ailleurs que le groupe est bien placé pour être à l’écoute des besoins de la communauté de Saint-Thomas, qui est très impliquée au sein de sa paroisse.

 

M. Vincent, comme Paul Denis, croit également que Covenant Care est « le meilleur partenaire », ayant d’un côté l’expérience de gestion de plusieurs centre de soins et services aux personnes âgées et, de l’autre, plus de pouvoir de revendication auprès du ministère de la Santé albertain. Autre problème au niveau duquel Covenant Care pourrait donc intervenir : l’assignation prioritaire des lits aux francophones. Sans donner de détails, M. Denis pense « qu’on va avoir de meilleures chances de trouver des solutions avec AHS pour l’assignation des lits ».

 

Garantie de services en français

Lorsque l’accord de vente a fait surface dans les médias le 30 septembre dernier, plusieurs membres de la communauté francophone se sont dits préoccupés de l’offre des services en français au centre. Ayant déjà pâti du resserrement budgétaire passé mais aussi des réalités du marché du travail albertain, cette offre était loin d’être optimale.

 

Le contrat entre le CSST et Covenant Care stipule la capacité d’offrir des services en français, tout comme le stipulait l’appel d’offre aux prestataires de services d’entretien, de nettoyage, d’accueil et de soins infirmiers. « De par notre entente, même dans le futur, Covenant Care a l’obligation d’engager des contractuels qui ont cette capacité », assure Paul Denis. Concrètement, le CA n’a pas voulu définir ce que signifiait cette « capacité d’offrir des services en français » par un pourcentage d’employés bilingues ou autre mesure, pour ne pas plafonner l’offre.

 

Selon Paul Denis, le fait que le groupe ait pris l’entière responsabilité de « l’élément opérationnel » du centre, le comité consultatif qu’ont promis les cadres de Covenant Care au CA afin de maintenir une présence francophone dans l’administration, pourra lui se concentrer entièrement sur sa « francisation ». 

 

François Clavel, le responsable du dossier santé à la FAFA, s'exprime sur la vente du Centre de santé Saint-Thomas:

 

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