Quartier francophone : le dossier est relancé

La capitale albertaine pourrait bien, d’ici peu, abriter un quartier francophone.

Après quelques années à dormir sur les tablettes, le dossier de faire du quartier Bonnie Doon d’Edmonton le quartier francophone de la capitale albertaine refait surface. En effet, depuis quelques mois, un groupe de francophones tente de faire avancer cette idée.

 

Selon Patricia Auger Lachance, propriétaire de La bébé boutique à La Cité francophone, Edmonton est une mosaïque de cultures, que chacun peut découvrir en visitant les différents quartiers de la ville. Elle est d’avis qu’il serait temps que les Franco-Albertains soient eux aussi clairement visibles dans la capitale.

 

« Comme on peut tout de suite voir qu’on est dans la communauté chinoise en entrant dans le Chinatown, ou chez les Italiens de Strathcona, on pourrait aussi faire en sorte de créer un quartier qui reflète la présence des Franco-Albertains ici », explique Mme Auger Lachance.


« L’idée de rouvrir ce dossier m’est venue parce que je vis ici depuis 10 ans et j’ai mon commerce dans La Cité francophone depuis près d’un an. Presque 80 % de mes clients sont anglophones et aucun d’entre eux ne sait en venant ici qu’ils sont dans un milieu où l’on parle français. Ils me demandent toujours quel est cet endroit », ajoute-t-elle.

Pour elle, le quartier Bonnie Doon regroupe suffisamment de membres de la communauté pour devenir officiellement francophone. Depuis octobre 2010, un groupe de francophones dont fait partie Patricia Auger Lachance mûrit le projet. Ce comité a trouvé une oreille attentive auprès du maire Stephen Mandel, qui les
a reçu le 6 juin dernier.

« Il a très bien accueilli l’idée et est partant pour nous aider avec ça. J’ai présenté le projet en soulignant que les Franco-Albertains sont là depuis plus de 100 ans et que l’on pourrait mettre cela à profit en reconnaissant cet endroit comme un véritable quartier francophone », ajoute la commerçante.

Ben Henderson, conseiller municipal couvrant entre autres le quartier Bonnie Doon, estime que c’est une bonne idée de souligner la présence franco-albertaine à Edmonton.

« À mon avis, c’est déjà un quartier francophone, ce d’autant plus que la communauté augmente et se regroupe précisément au Bonnie Doon, ce qui crée un effet boule de neige parce que cette présence attire encore plus de francophones venus de l’extérieur. En plus, il y a déjà de nombreux commerces, des écoles et des organismes qui y vivent en français. Dans mon esprit, il y a longtemps que l’endroit est dédié à cette communauté », estime M. Henderson.

Selon lui, il appartient maintenant aux francophones de voir comment ils souhaitent se donner plus de visibilité.

Pour réaliser ce projet, Patricia Auger Lachance a mis sur pied un comité composé, entre autres, de Steve Levesque, représentant de La Cité francophone, Cindie Leblanc, du Secrétariat francophone de l’Alberta, et Patrice Gauthier, du Conseil de développement économique de l’Alberta.

« Je trouve que ça s’est fait très vite. Vers la fin de l’année 2010, j’avais réuni un comité, et nous nous sommes mis au travail. Seulement quelques mois plus tard, nous avons réussi à joindre le maire. Je crois que la plus grande difficulté a été d’avoir un emploi du temps qui concorde. Nous rencontrer n’a pas été facile à cause de nos différents emplois du temps. Aussi, il fallait réunir des gens qui entreraient dans le projet sans se désintéresser ensuite », indique Mme Auger Lachance.

Le comité planche encore sur les moyens de souligner la présence francophone au quartier Bonnie Doon. « Pour le
moment, nous ne pouvons pas encore dévoiler entièrement le projet et nous ne savons pas encore exactement comment nous allons concrétiser l’idée. Peut-être qu’on va mettre l’accent sur les commerces, ou sur l’architecture, on n’a pas encore tout détaillé. Mais nous avons déjà l’appui de la municipalité et nous attendons de rencontrer à nouveau le maire, pour pouvoir avancer », affirme Patricia Auger Lachance.

Le maire d’Edmonton, Stephen Mandel a donné rendez-vous au comité dans environ quatre semaines pour établir un plan d’action qui permettrait au projet de voir le jour.

 

 

 

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