L’ACFA va créer un fonds pour soutenir le leadership politique

Samedi dernier, l’ACFA provinciale et les ACFA régionales se sont réunies à l’occasion de la rencontre annuelle de la grande famille. Le lendemain, c’était au conseil d’administration de se rassembler. Parmi les dossiers évoqués : l’immigration francophone en Alberta, la création d’un fonds pour soutenir le leadership politique et la question du bilinguisme à Ottawa. Entrevue avec le président de l'ACFA, Jean Johnson. 

 

 

Jean Johnson, qu’avez-vous retiré de la rencontre de la grande famille de l’ACFA ?

 

Ça a été vraiment une rencontre exceptionnelle. On a eu un invité, monsieur Denis Prud’homme, qui travaille beaucoup avec la régionale de Grande-Prairie. (…) Il s’est développé une expertise dans le domaine du recrutement et plus spécifiquement celui des travailleurs de pays étrangers. (…) Les bureaux régionaux ont vraiment été interpelés par le fait qu’il y a un potentiel de gens qui arrivent de différents pays du monde pour s’établir dans leur région. Donc il faut s’impliquer dans l’intégration communautaire plutôt que de les laisser disparaître dans la brume et être assimilés par la langue anglaise.

 

Dans le domaine de l’engagement politique, on a parlé de l’importance d’une communauté d’expression française en Alberta. (...) Le principe de base c’est : si on n’est pas présent, on n’existe pas. (…) Dans un contexte visant à bâtir des relations, [l’idée est d’aller à la rencontre] des gens qui auraient une influence fédérale, provinciale ou municipale (…) Si c’est répété fréquemment par toutes sortes de gens, dans tous les territoires, le discours à l’Assemblée législative est transformé : « Les francophones de ma région sont toujours là, ils sont présents à nos activités, m’invitent à venir chez eux, me donne la parole... »

 

Vous avez aussi rencontré le Parti libéral cette semaine. Quelles préoccupations avez-vous exprimées ?

 

On a discuté avec M. Dubourg et M. Boissonnault le fait que, de plus en plus, l’appareil gouvernemental fédéral et la feuille de route n’augmentent pas la capacité des communautés mais seulement la lourdeur bureaucratique du gouvernement fédéral. (…) Il faut que la francophonie puisse mieux s’outiller. (…)

 

L’enveloppe de Canada-communauté de Patrimoine canadien compte 3 millions d’investissements annuels pour l’Alberta. C’est le même montant qu’en 1990. (…) Les communautés ont trouvé des moyens de diversifier leurs revenus mais peu importe. On estime déplorable que les recommandations faites par la communauté soient rarement respectées par les instances décisionnelles du ministère de Patrimoine canadien.

 

On a demandé au Parti libéral, s’il accédait au pouvoir, d’entrer en discussion pour le renouvellement de la feuille de route – afin d’arrêter d’investir à l’intérieur du gouvernement et d’investir dans les communautés – et de l’entente Canada-communauté – pour faire respecter le signataire-partenaire de l’entente, c’est-à-dire l’ACFA en Alberta.

 

Pourquoi avec choisi le Parti libéral et pas un autre ?

 

On ne les a pas choisis, ils nous ont choisis. Si tu es un député et que tu as un intérêt politique à notre égard, il y a de fortes chances que je te dise : « Soyez consistants comme gouvernement ». J’aurais exactement le même message à donner au Parti néo-démocrate ou au Parti conservateur. (…)

 

En tant que communauté, ça nous donne une plateforme pour exprimer des éléments de frustration. Eux nous promettent de s’attarder sur nos préoccupations. Moi je suis une personne qui n’évalue pas les paroles mais les actions.

 

 

Par ailleurs, quelles décisions viennent d’être prises à l’ACFA et quels sont les dossiers en cours ?

 

Plutôt que de répartir [dans les régions] les fonds générés par les frais d’adhésion, on a convenu que ce serait mieux de les garder centralement, de les gérer par le bureau provincial et Franco-Réso, de façon à créer des économies d’échelle (dans le développement des outils de promotion par exemple). Cela a été adopté par consensus unanime hier, les gens étaient vraiment emballés. C’est pour une période de temps définie jusqu’en juin 2017. 

 

On a aussi parlé de la préparation du congrès annuel. Historiquement, le nom Rond-Point avait développé une certaine culture mais avec la vague de gens qui arrivent dans la région, si on leur parle de « Rond-Point », ils ne savent pas ce que c’est. Ce qu’on a fait, au niveau du marketing, c’est de [décrire exactement ce dont il s’agit] : un Congrès annuel de la francophonie albertaine. Mais le principe reste exactement le même.

 

Parmi les autres dossiers importants : le dossier immigration, le dossier post-secondaire – trouver des moyens d’appuyer les efforts du doyen du Campus Saint-Jean par rapport au financement – et la gouvernance du Centre collégial.

 

Parlez-nous un peu du futur Fonds de dotation Georges A. Arès…

 

L’ACFA avait évoqué, au moment du décès de M. Trudeau, de créer un fonds de leadership politique utilisant son nom. Quelques années plus tard, l’ACFA a décidé de se servir de quelqu’un de notre communauté. George Arès a été président de l’ACFA pendant trois ans, puis directeur général (…) et président de la Fédération des communautés francophones et acadiennes pendant cinq ans. C’est un homme qui a démontré une très grande capacité en tant leader dans le domaine politique.

 

[Le but de ce fonds], c’est de faire la promotion de la vie publique, d’encourager les jeunes à se lancer en politique municipale, provinciale ou fédérale. On n’investit pas dans leur campagne, mais on investit dans la promotion de ce qu’ils vont faire, peu importe l’orientation partisane. On veut aussi reconnaître ceux qui se sont investis dans leur temps. Il ne faut pas oublier nos champions du passé.

 

On va expliquer le concept à Rond-Point et nommer le premier récipiendaire. 

 

Comment l’ACFA va-t-elle soutenir le bilinguisme à Ottawa ?

 

J’ai l’autorité et le privilège d’être le porte-parole de l’ensemble de la francophonie albertaine. (…) Une lettre de l’ACFA va encourager les instances décisionnelles de la ville d’Ottawa à respecter le fait que la capitale nationale ne peut pas se permettre de ne pas être bilingue.

 
 
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