Bien des émotions pour l’AJEFA

Le vendredi 13 juin au Derrick Golf Club trois évènements importants pour l’Association de juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) ont eu lieu : l’assemblée générale annuelle durant laquelle s’est effectuée la passation de la présidence au nouvel élu, suivie d’une conférence avec pour invité Me Evan J. Bergeron, de la Louisiane, et finalement la remise du prix d’excellence Jean-Louis-Lebel a un nouveau récipiendaire.

Dans une salle du Derrick Golf Club inondée par la lumière d’une soirée estivale, à 17 h 10 a démarré l’assemblée générale annuelle de l’AJEFA, présidée jusqu’alors par Me Maryse Culh

am. L’ordre du jour comportait, entre autres, la passation de la présidence de l’association.

En des termes pour le moins émouvants, Me Culham a exprimé son admiration et sa reconnaissance a l’égard de Mme Fernande Bergeron, directrice générale de l’AJEFA, ainsi qu’à tous les membres, avant de passer à l’élection de son successeur, Me Pierre Asselin.

Me Culham a ensuite présenté le rapport annuel en mettant en exergue les accomplissements de l’association et en rappelant les défis à venir, suite à quoi fut élu un nouveau conseil d’administration.

Mme Bergeron nous a rappelé le rôle de l’AJEFA au sein de la communauté francophone, qui est celui de fournir « des informations juridiques plutôt qu’un avis juridique » à titre gratuit, ceci étant assuré par les membres de l’AJEFA dont elle admire le dévouement. De là, les personnes en quête de soutien juridique peuvent ensuite être recommandées à des avocats afin de répondre aux différents besoins.

Plus de 60 personnes assistèrent ensuite au banquet offert par l’AJEFA durant lequel eurent lieu la conférence de Me Evan J. Bergeron ainsi qu’un discours de la sénatrice de l’Alberta Claudette Tardif qui introduit le récipiendaire du prix d’excellence Jean-Louis Lebel 2014, Me Gérard Lévesque.

C’est avec adresse et une joie manifeste que Me Pierre V. Lamoureux a fait la présentation de chacun des intervenants et intervenantes le long du déroulement de toute la conférence.

Le conférencier invité cette année, Evan Bergeron, exerce actuellement le droit pour le cabinet Hailey, McNamara, Hall, Larmann & Papale, LLP et est membre de la section francophone de l’Ordre des avocats louisianais.

Durant sa conférence, il a retracé l’histoire de la place que la langue française a occupée dans le droit louisianais en soulignant les obstacles qui furent surmontés ainsi que ses avancées indéniables. Il a insisté avec enthousiasme et optimisme sur les possibilités de collaboration entre l’AJEFA et les juristes d’expression française louisianais en vue de pouvoir offrir à la langue française davantage d’espace dans le droit au sein des deux pays.

« La passion [pour la langue française] est absolument un ingrédient essentiel [pour] la poursuite en commun entre la Louisiane et l’Alberta » a soutenu Me Bergeron avec insistance.

« La passion existe déjà en Louisiane dans les générations passées » et Me Bergeron assume avec optimisme son rôle « d’attiser cette passion et de la cultiver partout ».

Prix d’excellence Jean-Louis-Lebel
C’est avec la présence d’une intervenante de taille, la sénatrice Claudette Tardif, que la soirée a atteint son point culminant. Du haut de sa modestie et de son charisme, elle a offert un bref discours plein d’éloquence pour accueillir le nouveau récipiendaire du prix d’excellence Jean-Louis-Lebel cette année : Me Gérard Lévesque. Ses paroles empreintes de chaleur humaine et d’admiration à l’égard de Me Lévesque ont touché l’audience.

« Des personnes de la trempe de Me Lévesque qui sont capables de dénoncer des situations injustes et de sensibiliser les gouvernements et le grand public dans le but de faire appliquer nos droits; Me Lévesque mérite toute notre gratitude; et que lui soit décerné le prix Jean-Louis-Lebel ce soir reconnait sans équivoque sa contribution dans le but d’améliorer l’accès à la justice en français en Alberta », a-t-elle affirmé. Une effusion d’applaudissement a ainsi accueilli le nouveau récipiendaire du prix Jean-Louis-Lebel à l’estrade.

Me Lévesque a présidé l’association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO) pendant dix ans, de 1991 a 2001. Il a d’ailleurs reçu l’Ordre du mérite de la part de cette même association en 2004.

Sa lutte pour la reconnaissance de la langue française au sein du droit a notamment été mise en évidence quand il est devenu le directeur général de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO), en étant également le président du Comité des langues officielles du Programme de contestation judiciaire et président du Conseil de la vie française en Amérique.    

Faire progresser le statut du français devant les tribunaux n’a pas été chose facile pour Me Lévesque qui rappelle que le français n’était pas considéré comme une langue officielle par les tribunaux ontariens lorsqu’il a commencé sa lutte.

Plusieurs personnes l’ont appuyé tout au long de ce chemin que l’on imagine plein d’embuches et de moments gratifiants à la fois, à commencer par son épouse Sonia qu’il a tenu à remercier en premier. Ses remerciements se sont ensuite adressés à l’AJEFA et à tous ceux qui l’ont soutenu dans ses efforts pour faire accepter le français comme une langue officielle devant les tribunaux canadiens.

Il a remercié, non sans humour, son « plan de retraite personnel et sa relève » en la personne de sa fille Geneviève qui l’a soutenu à plusieurs reprises en Alberta, entre autres, en « tentant de convaincre les clients qui demandent des testaments en français de s‘engager à ne pas mourir sur le territoire de l’Alberta tant qu’on n’a pas réussit à changer la procédure qui ne reconnait pas encore le testament français à moins qu’il soit traduit en anglais », a-t-il raconté.

Son discours a laissé transparaitre une force de caractère derrière cette figure discrète et courtoise qui sait aussi rallier l’humour à sa cause, que ce soit à travers ses paroles ou ses caricatures.

Il a conclu ses remerciements en citant un ancien juge, Me Maurice Lacourcière, qui a notamment exhorté les jeunes générations de juristes à « être courageux et même, au besoin, agressifs dans la revendication des droits collectifs et individuels, car, affirme Me Lévesque, les juges ne peuvent faire avancer un dossier s’il n’y a pas de juristes pour plaider pour ces causes ».

Le prix Jean-Louis Lebel est décerné périodiquement par l’AJEFA à un juriste qui fait preuve d’un dévouement exceptionnel à l’avancement de la francophonie de l’Alberta.

Me Culham, la présidente sortante, a conclut la soirée en saluant sa relève, Me Pierre Asselin désormais président de l’AJEFA, et elle a tenu à « remercier ceux de la vieille garde qui ont pavé le chemin pour nous autres les jeunes ».

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