Secrétariat francophone : déjà 15 ans!

Quelque 80 personnes, leadeurs de la communauté franco-albertaine et députés provinciaux, se sont réunies au Government House, le 4 mars dernier, pour participer à un banquet visant à souligner le 15e anniversaire du Secrétariat francophone.

« Nous soulignons les 15 ans du Secrétariat francophone certes, mais nous célébrons surtout 15 ans de liaisons continues entre le gouvernement de l’Alberta et la communauté franco-albertaine », a affirmé l’agent de liaison communautaire, Rhéal Poirier, qui agissait comme maitre de cérémonie de la soirée.


Comme le fait remarquer la ministre de la Culture et ministre responsable du Secrétariat francophone, Heather Klimchuk, la francophonie albertaine a beaucoup évolué depuis la création du Secrétariat, le 16 mars 1999.

« La population francophone de la province a augmenté de façon considérable dans une proportion de 40 %. Nous avons maintenant l’une des francophonies les plus diversifiées et dynamiques au pays », note-t-elle, en rappelant que l’Alberta comptait la troisième plus importante population francophone en situation minoritaire au Canada après l’Ontario et le Nouveau-Brunswick.

« Le gouvernement de l’Alberta s’est engagé à bâtir notre province par l’entremise de programmes et d’initiatives qui appuient le développement de nos communautés francophones, y compris la prochaine génération de francophones et francophiles », affirme Mme Klimchuk en précisant qu’en éducation seulement, depuis 1999, près de 80 % des écoles francophones avaient soit été construites ou modernisées.

La ministre a aussi rappelé que plus de 30 organismes francophones s’étaient partagé, au fil des ans, quelque 500 000 $ provenant de l’Alberta Foundation for the Arts.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier non plus les 27 projets qui ont reçu, du Secrétariat francophone, un total de 650 000 $ en 2013-2014 pour le développement d’initiatives et services en français. Des projets tels l’appui du développement d’un incubateur de services de santé en français à Calgary, du Centre de santé Saint-Thomas à Edmonton, de l’offre de services dans le secteur économique auprès de l’ACFA de Wood Buffalo, de services pour les migrants interprovinciaux, pour n’en nommer que quelques-uns.

Pas un long fleuve tranquille
En 15 ans, la route empruntée par le Secrétariat francophone s’est avérée juchée d’embuches. « Il y a bien eu des moments de questionnement, de la part du gouvernement et de la communauté, raconte la directrice générale du Secrétariat, Cindie LeBlanc. Le mandat du Secrétariat a été remis en question. L’an passé, des gens se demandaient même si son futur était menacé. »

Pour la nouvelle directrice, il s’agissait la plupart du temps de malentendus, de signaux mal compris du public. « La première ministre, Alison Redford, a d’ailleurs récemment réaffirmé l’importance du Secrétariat francophone, rappelle-t-elle. De plus, nos sondages mon-trent une grande satisfaction de notre clientèle face au rôle du Secrétariat en tant qu’agent de liaison entre les différents ministères et la communauté. »

« Et bien qu’il existe toujours une certaine incompréhension face à la grandeur, à la croissance et à la nature changeante de la communauté franco-albertaine, le Secrétariat a fait des grands pas. La preuve, c’est qu’au sein du gouvernement, les besoins des francophones et ceux des anglophones sont de plus en plus considérés comme des besoins de même niveau », termine-t-elle.

Tourné vers l’avenir
En cette soirée soulignant le 15e anniversaire, Heather Klimchuk préfère regarder en avant. « Je réalise qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. Et, parfois, cela prend plus de temps, surtout en période économique instable, fait-elle remarquer. Mais au cœur de nos succès collectifs a été la volonté de travailler ensemble, d’être transparent et de se parler des vraies choses. »

Deux dossiers retiennent l’attention ces jours-ci, celui de la petite enfance à Calgary et le Centre collégial de l’Alberta. « Je suis d’accord avec vous que l’avancement de ces deux dossiers contribuera à faire avancer la communauté franco-albertaine », note-t-elle.

Elle tenait d’ailleurs à partager son enthousiasme envers le secteur collégial francophone. « Dans les dernières semaines, il y a eu des signaux positifs en provenance de l’Université de l’Alberta qui font en sorte qu’une programmation collégiale en français pourrait devenir une réalité dès le mois de septembre, comme cette volonté d’explorer un modèle de gouvernance qui répondra aux attentes de la communauté francophone », explique Heather  Klimchuk.

« Il s’agit là de développements significatifs », enchaine-t-elle.

En ce qui a trait au domaine de la petite enfance, aucun projet ne figure officiellement sur la liste de la ministre pour l’instant, mais il faut rappeler que la Société de la petite enfance et de la famille du Sud de l’Alberta (SPEFSA) a bien espoir que sa demande pour l’obtention de la désignation Parent Link Centre, et de la subvention qui s’y rattache, soit reconsidérée.

Mme Klimchuk affirme qu’elle est en pourparlers avec le ministre responsable des services sociaux, Manmeet Bhullar, afin de s’assurer que la province pourra subvenir aux besoins de la population grandissante. « Ce qui me préoccupe en ce moment est de nous assurer que nous pouvons accueillir et intégrer les nouveaux immigrants et migrants au cœur des écoles et de la communauté franco-albertaine. »

La ministre Klimchuk assure qu’elle « a bien hâte de travailler avec les ministres Hancock [de l’Innovation et de l’Éducation supérieure] et Bhullar sur ces deux dossiers prioritaires ».  

Secrétariat plus fort
La ministre responsable du Secrétariat francophone a profité de la soirée pour confirmer la nomination de Cindie LeBlanc à titre de directrice générale, poste qu’elle occupait par intérim depuis la retraite de Denis Tardif en juin 2013.

« Afin de pouvoir continuer à bien desservir la communauté, nous avons aussi ajouté un poste, ce qui nous permettra de maintenir un poste d’agent à Calgary tout en renforçant notre présence partout en province », signale Mme Klimchuk.

Selon Cindie LeBlanc, sa nomination et l’ajout d’un poste permettront au Secrétariat francophone de réaliser plus facilement ses projets. D’un côté, il veut remplir son rôle d’outiller les ministres afin qu’ils puissent mieux comprendre les besoins des francophones et qu’ils sachent y répondre de manière innovatrice.

De l’autre, « nous voulons que le Secrétariat devienne l’entrepôt de l’information gouvernementale sur ce qui se fait en fran-çais en Alberta », assure-t-elle.

Selon la ministre, ces changements permettront au Secrétariat francophone de « continuer à servir les communautés francophones à travers la province et renforcer la capacité du gouvernement à répondre aux besoins des Franco-Albertains », lance-t-elle.

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