Secrétariat francophone : organigramme revu

En toute discrétion, le ministère de la Culture a éliminé le poste d’« Executive Director » au Secrétariat francophone pour un poste de « Director », une décision qui déçoit la communauté franco-albertaine.

« Nous ne sommes pas le genre de ministère qui nous arrêtons aux titres », affirme la ministre de la Culture, qui est aussi ministre responsable du Secrétariat francophone, Heather Klimchuk. « C’est à Cindie Leblanc de briller maintenant », ajoute-t-elle.


Directrice adjointe du Secrétariat francophone depuis 2005, Cindie Leblanc avait été promue au poste de direction générale par intérim lorsque Denis Tardif a pris sa retraite le 28 juin dernier. Elle doit maintenant être nommée directrice, comme l’indiquait la page contact du site du gouvernement de l’Alberta. « J’accepte la réaffectation », mentionne la principale intéressée, pour qui ce changement représente une promotion.

Il n’y aura plus de directeur général au Secrétariat francophone, mais les effectifs ne changeront pas. « Nous sommes quatre et nous resterons quatre », affirme Mme Leblanc. La ministre de la Culture pense que ce « rafraichissement » de l’organigramme du Secrétariat permettra d’avoir « plus de personnel sur le terrain » puisqu’elle-même ne peut pas « être partout où elle aimerait en province ».

L’élimination représente une économie pour le Ministère puisque les changements de classification des postes entrainent des changements de salaire, cautionne Cindie Leblanc.

Communauté déçue
« On souhaite que ce ne soit pas une décision finale », maintient la présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Dolorèse Nolette. Par ailleurs, celle-ci se dit très surprise et déçue de cette décision, qui va à l’encontre des promesses faites par Mme Klimchuk de ne pas toucher au Secrétariat francophone — la priorité de l’agenda politique du conseil d’administration de l’ACFA.

Pour la communauté francophone, il s’agit d’une rétrogradation de statut important à l’intérieur de l’appareil gouvernemental. La présidente, dont le mandat prendra fin le 19 octobre prochain lors de Rond Point, croit que « ça crée une couche administrative entre la ministre et les employés du Secrétariat francophone » (la direction devant se rapporter au sous-ministre) et que ce changement de statut restreint les voies de communication de la directrice aux homologues de l’ancien directeur général dans d’autres ministères.

« C’est vraiment un recul pour la communauté », pense-t-elle, rappelant que l’existence d’une direction générale avait été le résultat d’une mobilisation de la part de la communauté francophone par le passé.

Cindie Leblanc ne croit pas que le titre fera la différence dans la capacité du Secrétariat de porter les divers dossiers auprès d’autres fonctionnaires-cadres du gouvernement grâce aux relations établies par l’équipe dans le passé.

De plus, « nous avons une ministre qui a exprimé un désir réel de faire avancer les dossiers – et pas seulement ceux relatifs à la Culture – et de connecter avec la communauté », soutient-elle.

Heather Klimchuk estime qu’elle-même a « fait beaucoup de choses pour la communauté » et qu’au sein de Alberta Culture, le Secrétariat francophone a d’infinies possibilités de servir la communauté francophone, que ce soit au niveau de ses évènements, de ses besoins, mais aussi des liaisons avec les différents paliers de gouvernement. « C’est très important pour moi et pour Cindie que le Secrétariat francophone réside au ministère de la Culture », lance-t-elle.

La présidente de l’ACFA insiste justement sur le fait que pour préserver le rôle à multiples facettes du Secrétariat francophone, celui-ci ne peut se résumer « à une interaction entre le ministère de la Culture et la communauté francophone parce que son mandat est beaucoup plus large que ça. »

Dès le retour au travail après la longue fin de semaine d’octobre, la présidente sortante doit rencontrer la ministre Klimchuk pour tenter de faire annuler sa décision. Par ailleurs, certains organismes francophones, dont le Conseil scolaire Centre-Nord, ont rédigé in extrémis des lettres au ministère pour exprimer leur mécontentement.

Fait à noter, le titre officiel de Mme Leblanc a été changé sur le site du gouvernement de l’Alberta, mais n’a pas encore été effectué sur le site du Secrétariat francophone.










 

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