Karen Leibovici à La Cité francophone

La candidate à la mairie mise sur son expérience, sur la promesse d’inclusion et sur son français pour plaire aux francophones.


Une cinquantaine de personnes ont patiemment attendu la venue de la conseillère municipale qui avait une heure de retard, le 2 octobre dernier, dans la rotonde de La Cité francophone. Après une brève allocution, Karen Leibovici a laissé place aux questions du public qui avait bien l’intention de lui exhorter quelques promesses électorales.

 



« Je crois que ce que vous voulez c’est quelqu’un d’honnête », a-t-elle avancé sur la question du logement, un des dossiers les plus pressants pour le Centre d’accueil et d’établissement (CAÉ) du Nord de l’Alberta qui était l’hôte de cette rencontre, organisée par Mirande Alexander. En effet, les employés du service d’établissement font face à une pénurie de logements à louer dans la capitale albertaine et à des loyers en général réévalués à la hausse tandis que la demande monte en flèche avec la migration et l’immigration.

Karen Leibovici connait le dossier, puisqu’elle a siégé au comité qui a fait adopter en 2009 un plan de 10 ans pour trouver des solutions à l’itinérance, comprenant la construction de 5000 logements abordables. Ceci ne serait toutefois pas suffisant alors que la demande dépassera l’offre de cinq fois ce nombre d’ici 2015, selon l’organisme à but non lucratif Homeward Trust.

Consciente de ces enjeux, particulièrement pour les nouveaux arrivants, elle reste toutefois prudente. « Nous n’avons pas les ressources de construire des habitations temporaires pour les nouveaux arrivants. Je suis honnête. Je ne peux pas promettre cette construction seulement pour avoir votre vote », admet-elle, tout en promettant néanmoins de travailler avec les centres d’accueil et le gouvernement fédéral pour obtenir le financement nécessaire.

Qui plus est, elle rappelle les bénéfices du programme de subventions pour les propriétaires qui libèrent des espaces à louer dans leur maison (Private Landlord Rent Supplement), qu’elle compte renouveler.

 



Conseillère municipale depuis 2001, Mme Leibovici n’a cessé de faire valoir son expérience durant la campagne. C’est cependant le mot progrès qui a résonné dans la rotonde de La Cité francophone en cet après-midi d’automne. La candidate profite de sa visite pour présenter son initiative sur la diversité et l’inclusion annoncée sur son site web le jour même.

Il s’agit de mettre sur pied un groupe de travail composé de chefs de file des différentes communautés qui se penchera sur des « programmes de formation, mentorat et leadeurship pour permettre aux nouveaux Edmontoniens de profiter de ce que la ville a à offrir », peut-on lire sur son site de campagne. Par contre, elle n’a pas voulu préciser le schéma de représentation de ce comité, ni garantir une présence francophone, mais elle a dit qu’une fois élue, « on décidera d’un processus de nomination ».

Mohameet Sall, président de la communauté sénégalaise d’Edmonton, pense que c’est une politique « très élastique ». Par ailleurs, pour que les nouveaux arrivants aient réellement la possibilité de s’impliquer dans la vie civique, il leur faut relever plusieurs défis de taille. « L’intégration passe par le revenu », maintient M. Sall, en évoquant notamment la difficulté pour les immigrants de mettre à profit leurs diplômes et leurs expériences acquises dans leur pays d’origine.

« Je lui ai posé ces questions-là, et elle a dit que ça sera sur la table », ajoute-t-il. L’Intitiative for diversity and inclusion prévoit d’ailleurs de faire correspondre la demande des entrepreneurs pour une main-d’œuvre qualifiée avec les compétences des nouveaux arrivants à travers la création d’un registre des entreprises.

Pour le directeur général de Volontaires unis dans l’Action au Canada (CANAVUA), Dicky Dikamba, l’expérience et le fait qu’elle peut s’exprimer en français lui vaudront son vote le 21 octobre prochain.

Une douzaine de bénévoles de l’organisme ont d’ailleurs prêté mainforte à sa campagne, ainsi qu’à celle de Sonia Bitar - aspirante au conseil municipal dans Millwoods - dont la plateforme électorale tourne également autour de la diversité et de l’inclusion.

Durant la période de questions, M. Dikamba a fait remarquer que depuis les trois dernières années, la Ville d’Edmonton n’acceptait plus de nouvelles demandes de financement sous l’enveloppe des Family and Community Support Services.

Le directeur du CAÉ, Georges Bahaya, a ajouté qu’aucun organisme francophone n’était sur la liste des organismes subventionnés par cette branche d’Alberta Human Services. Karen Leibovici a affirmé devoir « trouver la raison pour laquelle les services sociaux francophones ne reçoivent pas de fonds » et travailler avec ceux-ci pour y remédier.

Mme Leibovici s’est également prononcée en faveur d’un changement de nom d’une rue ou d’une avenue d’Edmonton, en l’honneur d’un exemple de réussite francophone et notamment africain, une demande de Mohameet Sall. Celui-ci travaille dans les écoles francophones et estime que les jeunes issus des communautés immigrantes n’ont pas assez de modèles auxquels s’identifier.

Revenant sur la rencontre, Georges Bahaya se dit heureux de la tournure des évènements. « Nous voulions leur donner l’opportunité de poser les bonnes questions, maintenant c’est à eux de peser les réponses et de faire leur choix », conclut M. Bahaya.

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