Les nouveaux arrivants peinent à se loger

Les appartements abordables sont de plus en plus rares dans la capitale albertaine, ce qui rend la tâche difficile au Centre d’accueil et d’établissement qui essaie de répondre à la demande de ses nombreux clients.

Le Centre d’accueil et d’établissement (CAÉ) du Nord de l’Alberta constate les effets d’une immigration considérablement accrue cette année en Alberta. Son directeur, Georges Bahaya, témoigne qu’au mois de juin, un trimestre seulement après le début de leur année financière, le CAÉ avait déjà atteint 41 % de ses cibles annuelles. Juin et juillet ont marqué le point culminant de l’afflux des clients au CAÉ.


« Nous avons maintenant atteint 76 % de nos cibles et nous ne sommes même pas à la fin du deuxième trimestre », souligne le directeur du Centre d’accueil d’Edmonton. Selon la porte-parole d’Alberta Human Services, Jennifer Dagsvik, la période estivale est propice à une demande de services intensifiée due à l’augmentation saisonnière de l’immigration. Mais « cette année, c’est pire que les autres », concède Mme Dagsvik.

La première préoccupation des nouveaux arrivés est de se trouver un toit. Or, cette nécessité est d’autant plus dure à combler que le marché locatif à Edmonton s’est contracté dans la dernière année. Selon un rapport de la Société canadienne d’hypothèque et de logement, le taux de vacance à Edmonton est passé de 2,7 % à 1,2 % en un an, les plus récents calculs datant d’avril 2013. La situation est la même dans plusieurs grands centres urbains comme Calgary et ceux du nord de la province forts en croissance économique, comme Wood Buffalo et Grande Prairie.

Ce marché avantage les propriétaires qui, face à une demande accrue, peuvent majorer leurs loyers. « C’est très difficile maintenant de trouver un appartement avec une chambre à 600 –700 $, comme on pouvait trouver avant », avance Georges Bahaya. De plus, les propriétaires sont parfois frileux devant de potentiels locataires qui n’ont pas encore d’emploi. « Ils demandent deux mois de loyer à l’avance et vont le donner à celui qui peut fournir le plus de garanties », souligne le directeur.

Crescence Nimbona est arrivée à Edmonton le 27 juin avec ses trois enfants, âgés de 7 à 16 ans. « Je n’avais nulle part où aller en arrivant parce que je ne connaissais personne. Tout était fermé pour congé jusqu’au mardi suivant. Mais il y a un monsieur qui a eu pitié de moi et qui m’a logé pour la fin de semaine », raconte Mme Nimbona.

Ensuite, c’est Alberta Works qui a pris la relève, en lui donnant une chambre d’hôtel pour un mois. Un mois s’est transformé en deux, où elle demandait à tous ceux qu’elle rencontrait sur la rue, s’il n’avait pas un logement. Quand elle appelait des propriétaires, elle essuyait un refus après deux questions, celle des enfants et du travail. « L’agente d’Alberta Works me donnait 15 jours de plus à la fois et c’était très stressant parce que la rentrée scolaire est arrivée et je n’avais toujours rien trouvé. »

Crescence Nimbona a finalement rencontré une femme haïtienne sur la rue, qui l’a référée à une propriétaire. Deux semaines d’appels vains plus tard, « la dame m’a donné l’appartement directement parce que j’étais une femme seule, et qu’elle était passée par là elle aussi », soutient Mme Nimbona. Elle vit maintenant dans ce logement de deux chambres avec ses deux adolescents et sa fille de 7 ans, et n’a pas les moyens de leur acheter des vêtements pour la rentrée.

Selon le plan quinquennal Edmonton and Area Community Plan on Housing and Supports de l’organisme à but non lucratif Homeward Trust, la demande pour des habitations abordables devrait dépasser l’offre de 22 000 unités en 2015.

Photo: rent-smi.com

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