Réseau de l’immigration francophone : du papier au concret

Le Réseau d’immigration francophone de l’Alberta s’est finalement rencontré pour la première fois, le 25 mai dernier à Edmonton, lors d’un forum ouvert inspiré d’un vieux proverbe africain : « Seul on peut aller plus vite, mais ensemble on peut aller loin. »

Une soixantaine de représentants des associations de la francophonie albertaine ont répondu à l’invitation de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) pour participer à la rencontre qui s’inscrit dans l’effort de l’organisme afin d’atteindre une communauté plurielle de langue française.


Forum ouvert
Dans la matinée, chacun était invité à écrire sur une affiche l’enjeu, la question ou le projet dont il voulait parler. Les thèmes de discussion ainsi trouvés ont été attribués à différentes tables auxquelles les participants pouvaient se joindre s’ils se sentaient concernés par ledit sujet. La question de la structuration du dialogue interculturel a été au centre de la table la plus achalandée de la journée.

La forme du débat a plu aux invités, et d’après le président de l’ACFA régionale de Calgary, Michel Berdnikoff, elle a permis de construire un outil d’organisation important pour les futurs projets du réseau. En effet, alors que les participants se séparaient vers les différentes tables, il a été aisé de constater qu’ils ne sont pas tous touchés par les mêmes enjeux. « Le système de thème par table permet de réunir les gens qui sont concernés par les mêmes questions que nous, explique-t-il. Nous avons donc pu rencontrer et créer des liens avec ceux avec lesquels nous pourrons ensuite travailler. »

La création du réseau est d’ailleurs née d’un besoin de bâtir un espace de dialogue entre les associations, afin qu’elles prennent ensemble des moyens pour assurer l’intégration réussie des nouveaux arrivants. Bref, il s’agissait de faire du réseautage entre les organisations. Selon la présidente de l’ACFA, Dolorèse Nolette, il existe un avantage certain à créer un tel espace de rencontre, malgré l’efficacité des systèmes de communication. « Le téléphone et le courrier électronique fonctionnent, mais certainement mieux, sinon seulement après que le contact humain se soit fait. Il est plus facile de travailler ensemble à distance une fois que ce contact est établi », indique-t-elle.

Passer à l’action
La présidente s’est dite très satisfaite de la journée, qui a réuni près de 60 personnes, alors que 47 inscrits étaient attendus. « Nous avons maintenant un travail d’analyse à faire », dit celle dont l’organisme devra, pendant les prochaines semaines, ficeler les conclusions et les suggestions tirées de la journée de travail en prévision de la prochaine rencontre du réseau, prévue pour l’automne prochain. Idéalement, de telles rencontres devraient avoir lieu de trois à quatre fois par année, « question de maintenir le momentum », explique Mme Nolette.

S’il est trop tôt pour tirer de grandes conclusions de la rencontre, un désir de passer à l’action était sur toutes les lèvres. En fin de forum, Arsène Muamba de l’Institut Guy-Lacombe de la famille a suggéré que « le forum était bien, on s’est défoulé, on a parlé beaucoup de beaucoup de choses, mais il ne faut pas oublier que pendant qu’on parle, il y a une communauté d’immigrants ici qui sont dans le besoin. Dépêchons-nous donc de finir de parler et de passer à l’action! » Même son de cloche chez le directeur général de la Fédération des aînés franco-albertains, Igor César, qui croit qu’il est grand temps « de transférer la frustration vers l’action. » 



« Notre but aujourd’hui était de passer au concret plutôt que de continuer à jouer dans la documentation, le papier », a expliqué Dolorèse Nolette en clôture du forum ouvert. En lisant rapidement les documents remplis par les groupes de discussions, elle constate que pour l’instant, l’objectif n’a été atteint qu’en partie. « Le gabarit du document permettait à chaque groupe de noter les points saillants des discussions, les pistes d’actions et les partenariats proposés. Le dernier espace était consacré aux engagements des organismes. Cette case a été remplie, mais pas à toutes les tables », explique-t-elle, alors que seulement cinq discussions sur 12 ont mené à la formulation d’engagements.

« Nous avons peut-être manqué de temps, avance Mme Nolette. Notre prochaine rencontre devra mener à davantage de plans concrets. C’est l’initiative qui va mener à l’action que tous réquisitionnent, tous ces gens qui ont dit qu’il fallait arrêter de parler et passer à l’acte. »

La présidente soutient que l’ACFA, qui chapeaute le Réseau de l’immigration francophone, se sent très concerné par la question de l’intégration des nouveaux arrivants et jouera un rôle dans la prise de décision et l’avancement des causes, entre autres en s’assurant de représenter le réseau auprès des instances gouvernementales. Cependant, « l’action appartient aux organismes qui ont pris ou vont prendre des engagements », déclare-t-elle.

La première rencontre du Réseau a donc été conclue par une plénière lors de laquelle chacun a été invité à commenter son expérience. L’ancien président de l’ACFA, Jean Johnson, a alors déclaré : « Nous ne sommes pas un réseau, nous avons donné naissance a un réseau, un enfant, et c’est notre rôle en tant que parent de le nourrir et d’assurer son avenir. »

Lendemain
Selon les commentaires reçus après le débat par Dolorèse Nolette, l’animateur André Lalonde a joué un grand rôle dans le succès de la journée de travail. Michel Berdnikoff a notamment fait remarquer la capacité de l’homme à « créer rapidement une atmosphère dans laquelle ces personnes qui ne s’étaient jamais rencontrées ont eu envie de discuter ensemble, honnêtement et librement », ce qui a permis un travail de réflexion optimal.

Dans les prochains jours, le consultant André Lalonde devra rédiger le rapport final de la rencontre, une lourde tâche pour laquelle il ne sera pas seul. Un comité a en effet été formé afin de procéder, dès le 26 mai, à une analyse synthèse des propositions et conclusions formulées en marge du forum. « C’est pour aider le consultant à produire un rapport qui nous représente, nous les Franco-Albertains. Parce qu’il n’habite pas en Alberta, il ne nous connaît qu’à travers des documents qu’il lit », indique la coordonnatrice du réseau, Ida Kamariza.

Outre Mme Kamariza, le comité qui a planché sur les comptes rendus des débats était formé de neuf autres membres d’associations francophones à travers la province. « On voulait une représentation des organismes qui reçoivent le plus d’immigrants, et on a sélectionné des gens afin de représenter le plus possible de secteurs et de régions », termine-t-elle.

 

 

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