Durant ses trois mandats consécutifs, le maire d’Edmonton Stephen Mandel a laissé sa marque sur la 91e Rue et dans l’esprit des francophones. 

 

À l’automne prochain, après 12 ans au Conseil municipal, Stephen Mandel ne se représentera pas aux élections. C’est-ce qu’il a confirmé, le 22 mai dernier.

 

« Je crois qu’on peut parler de quelqu’un qui aidait les francophones et qui voulait davantage connaitre la francophonie », a dit du maire l’ancienne présidente de La Cité francophone entre 2000 et 2010, Suzanne Lamy-Thibodeau. Celle-ci rappelle que la construction de la Phase II de La Cité francophone aurait été « certainement très difficile à accomplir si le maire n’avait pas réussi à rallier son équipe autour du projet ». 

 

En effet, les mandats du maire Mandel ont été marqués par plusieurs projets de grande envergure, certains ayant été doublement bénéfiques pour la ville et pour la francophonie. 

 

On compte parmi ceux-ci la Phase II de La Cité, dans laquelle le municipal a injecté 4 millions $, en plus des deux autres enveloppes de la même somme apportées par les gouvernements provincial et fédéral. 

 

« Quand le municipal est capable de se lier aux deux autres paliers de gouvernement, c’est toujours un plus pour la francophonie », note Suzanne Lamy-Thibodeau. 

 

Par ailleurs, la Ville a accepté en 2012 la requête de subvention au festival de chant, les Choralies internationales, une contribution de 75 000 $ qui a permis de tenir l’évènement à Edmonton l’été dernier.

 

Quartier francophone

Plus récemment, Stephen Mandel a été chef de file dans la réalisation du projet du Quartier francophone. Sollicité pour être partenaire dans un projet de mise en valeur du quartier Bonnie Doon, c’est lui qui a proposé à la présidente du Quartier francophone, Patricia Auger Lachance d’en faire une Zone de revitalisation commerciale (BRZ), en juin 2011. 

 

« Ce qui était plaisant, c’est qu’il était tout le temps proactif », fait remarquer Mme Auger Lachance. Dans les derniers milles du projet du Quartier francophone, le maire avait même démontré une volonté particulière d’accélérer le pas, peut-être pour l’avoir accompli avant la fin de son mandat. 

 

L’appui de la ville serait nécessaire à une potentielle expansion du Quartier francophone. C’est pourquoi son directeur, Jean Johnson, compte présenter le cas d’affaires pour étendre les frontières et englober le Centre commercial Bonnie Doon en juillet, pour qu’il puisse être approuvé au Conseil exécutif de la Ville avant les élections. 

 

Visionnaire et homme d’affaires

« Le maire Mandel, c’est une personne de vision : quand il faisait une déclaration, il soutenait toujours sa position par une action concrète », témoigne Jean Johnson, également ancien président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). 

 

En 2009, il remettait le prix Ami de la francophonie de l’ACFA à Stephen Mandel. Cet évènement a convaincu l’ancien président de la sincérité du maire, quant à son intérêt pour la francophonie. 

 

« Après avoir reçu le prix, il devait partir, raconte-t-il. Je l’ai suivi dehors et il avait les larmes aux yeux », se souvient Jean Johnson.

 

Pour le directeur du Quartier francophone, le maire d’Edmonton est autant un visionnaire qu’un homme d’affaires. Dans le dossier de l’aréna, qui traine, notamment dans les médias, depuis plusieurs mois, il y avait beaucoup d’opposants. « Personne n’a parlé des retombées économiques que ça va avoir pour la ville, et même pour nous à Bonnie Doon, qui ne sommes pas loin du centre-ville », déplore Jean Johnson. 

 

Encore une fois, sur ce dossier, Stephen Mandel est sorti vainqueur grâce à son talent pour former des alliances au Conseil municipal, qui lui ont permis de mener à bien ses projets. Selon Jean Johnson, ce n’est pas une tâche facile : « C’est comme essayer de voler avec des aigles. »

 

Suzanne Lamy-Thibodeau espère « que les prochains maires suivront l’exemple de Stephen Mandel  », pour que la francophonie continue d’avoir une place de choix dans la direc-tion des affaires municipales. 

 

Premier candidat

L’ancien chroniqueur du Edmonton Sun, et conseiller municipal pour un terme, Kerry Diotte, s’est déclaré candidat à la mairie, avant même que M. Mandel n’annonce qu’il prenait sa retraite. 

 

« Mes partisans et moi, nous voulions démarrer tôt, notamment pour essayer d’interpeler plus de gens à s’intéresser à la politique municipale et à dialoguer », affirme M. Diotte, qui est très présent sur les médias sociaux. 

 

Kerry Diotte dit avoir une affinité avec les francophones d’Edmonton, puisqu’il a une branche franco-ontarienne dans son arbre généalogique. « La population franco-albertaine n’est pas très grande, mais elle est importante », consent le candidat à la mairie.

 

Par ailleurs, il a pris part au développement du projet de quartier francophone alors que sa circonscription s’étend jusqu’au côté sud de l’avenue Whyte, frontière sud du Quartier francophone. Il dit avoir joué un rôle de médiateur auprès des commerçants parfois réticents à se joindre au projet, étant donné l’impôt supplémentaire. 

 

Mais Jean Johnson n’y croit pas trop : « Je connais déjà la réponse des gens d’affaires si je leur demande s’ils savent qui est Kerry Diotte », ironise-t-il.

 

En tout, 12 sièges, dont six qui chercheront à élire un nouveau représentant, seront mis en élection en octobre, ce qui pourrait considérablement changer le visage du Conseil municipal pour les trois années à venir.

 
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