Les activités du Centre collégial en berne

 

La technique d’administration des affaires et le programme de l’École des langues ont été suspendus, mettant en doute l’avenir de cette institution. 

 

Le recteur par intérim de l’Université de l’Alberta, Martin Ferguson-Pell, a annoncé le 3 mai dernier sa décision de suspendre l’admission au programme d’administration des affaires du Centre collégial de l’Alberta, une division du Campus Saint-Jean (CSJ). 

 

Cette décision avait été annoncée sur le blogue officiel de l’Université de l’Alberta. Dans son billet, Martin Ferguson-Pell justifiait sa décision par le fait que « le peu d’applications indiquent que le programme n’est pas en demande ». 

 

En effet, la technique d’administration des affaires avait reçu neuf candidatures, une personne ayant été admise au programme, cinq conditionnellement acceptées et une application n’ayant pas été traitée. Les deux autres avaient été refusées. 

 

« Nous sommes ahuris de ce revirement, soutient la présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Dolorèse Nolette. Cela fait 25 ans que la communauté francophone attendait le premier programme de formation collégiale francophone. » « L’ACFA a promu activement l’Université de l’Alberta comme partenaire fiable dans cette initiative », déplore-t-elle.

 

Le mandat de l’université avait été modifié en 2008 pour permettre d’offrir des programmes collégiaux et des certificats en français, mais aucun n’a encore vu le jour. 

 

Demande, ou pas?

Le programme du Centre collégial comptait donc six inscriptions de moins qu’un programme bilingue offert à NAIT en 1996. Comme le fait remarquer le directeur général de Canadian Parents for French (Alberta Branch), Michael Tryon, en trois ans, le programme à NAIT avait doublé ses inscriptions. 

 

« Je ne crois pas que le travail de promotion de ce programme a été adéquat, probablement à cause d’un manque de fonds », pense M. Tyron dont le réseau national se consacre à la promotion des possibilités d’apprentissage du français langue seconde. 

 

Pour lui, la demande est là .« 60 % à 70 % des étudiants au Campus Saint-Jean viennent des écoles d’immersions », rapporte Michael Tryon. « Étant donné que l’on prévoit que la croissance des programmes de maternelles à la 12e année se maintiendra à plus de 2 % pour l’avenir prévisible, une plus grande variété de programmes et d’espaces physiques dans de nouveaux programmes ainsi que dans des programmes existants seront requis si l’Alberta souhaite être en mesure de maintenir sa place dans l’économie mondiale d’aujourd’hui », affirme Cindy Kelly, vice-présidente de Canadian Parents for French (Alberta Branch). 

 

Financement assuré

508 000 $ avaient déjà été alloués par la province pour les dépenses opérationnelles du programme d’administration des affaires, notamment les salaires des professeurs. 

 

Le doyen par intérim du Campus Saint-Jean, Ed Blackburn a réitéré dans un courriel, que « la décision de suspendre l’admission du programme n’est pas une décision budgétaire, c’est en raison d’une demande insuffisante ». 

 

Il a cependant confirmé que « le programme de l’École des langues a [lui aussi] été suspendu puisque les revenus étaient insuffisants pour couvrir les dépenses ». « Le Campus Saint-Jean est en cours d’examiner le processus en vertu duquel ce programme pourrait être relancé », ajoute-t-il. 

 

Pourtant, le Centre collégial avait aussi reçu un financement d’un demi-million du gouvernement fédéral, via la Feuille de route sur les langues officielles, à renégocier en avril 2013.

 

Outre ces deux enveloppes budgétaires pour l’année, Campus Alberta avait alloué un autre demi-million pour le développement d’un deuxième programme collégial, en gestion touristique. Celui-ci a déjà franchi l’étape d’approbation du Conseil de la Faculté Saint-Jean. 

 

Ed Balckburn a mentionné que le « programme doit encore passer par le processus d’approbation de l’université ». 

 

Par ailleurs, cela fait déjà plusieurs mois que la soumission a été envoyée au bureau du recteur, alors qu’habituellement cette étape ne devrait prendre que quelques semaines. 

 

Dans son courriel, M. Blackburn affirme que toutes les sommes mentionnées ont été dépensées pour le développement du programme et pour le loyer, « y compris le bail qui sera honoré ». Ce bail se termine en juillet 2014. Les cours de langues et le programme d’administration des affaires étant les deux seuls projets du Centre collégial de l’Alberta, les locaux qui occupent deux étages de La Cité francophone seront probablement inoccupés à l’été et à l’automne, du moins. 

 

La communauté se mobilise

Canadian Parents for French Alberta, l’ACFA et le Regroupement artistique francophone de l’Alberta ont communiqué leur mécontentement au sujet de la suspension du programme d’administration des affaires auprès du ministre de l’Entreprise et de l’Enseignement supérieur, Thomas Lukaszuk, qui ultimement pourrait renverser la décision de Martin Ferguson-Pell. 

 

Plusieurs pétitions circulent sur le web et le directeur général de l’ACFA, Denis Perreaux, a mentionné sur le réseau social Twitter, qu’un important donateur de l’Université de l’Alberta « s’était abstenu » en lien avec la lutte pour maintenir le programme d’administration des affaires.

 

« Les discussions, quant à savoir si le programme sera offert de nouveau, vont commencer à la fin mai ou au début juin », maintient Ed Blackburn.

 

 

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