Cabinet fédéral : une continuité appréciée

Le premier ministre du Canada Stephen Harper a dévoilé, le 18 mai dernier, la composition de son nouveau cabinet ministériel.

Dans le discours lors duquel il a annoncé qui fera partie de son Conseil des ministres, Stephen Harper a indiqué que « tous les entraîneurs de hockey diront que si une équipe compte continuer à gagner au fil du temps, elle doit maintenir un noyau de vétérans, puis graduellement y mélanger de nouveaux talents. »

 

 

C’est ainsi qu’il a expliqué pourquoi le nouveau cabinet ne compte que 11 nouveaux visages, sur les 38 députés nommés.

 

Pour certains organismes de la communauté franco-albertaine, la présence au Conseil des ministres de visages bien connus est plutôt rassurante. C’est d’ailleurs le point de vue de la présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Dolorèse Nolette.

  

« Ce qui nous préoccupe c’est de savoir qui sera ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles. Pour nous, c’est très bien que le poste soit redonné à James Moore, puisqu’il nous connaît déjà. Nous évitons de refaire tout un travail de familiarisation, que nous aurions dû faire avec un nouveau ministre. Nous nous attendions d’ailleurs à ce qu’il soit de retour, nous ne sommes pas surpris et nous n’en sommes pas du tout désenchantés. »

Même son de cloche chez le directeur général du Réseau santé albertain (RSA), Luc Therrien, qui s’est dit heureux de voir que la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, conserve son poste. « Elle nous connaît déjà un peu, indique-t-il. Même chose au sujet de Tony Clément (Conseil du trésor) et Jim Flaherty (ministre des Finances), qui restent au Conseil. Ils ont déjà essayé de fermer certains de nos hôpitaux, ils connaissent déjà la réaction des francophones quand on s’attaque à leur système de santé. Ils savent à quoi s’en tenir. »

Du côté des nouveaux venus, l’arrivée de l’Acadien Bernard Valcourt au poste de ministre d’État à la Francophonie et à l’Agence de promotion économique du Canada atlantique est vue positivement. « C’est une bonne nouvelle parce qu’il connaît bien les dossiers dont il va s’occuper. C’est déjà un défenseur des droits des francophones au Canada. Plusieurs de mes contacts des autres réseaux ont eu la même réaction que moi à propos de sa nomination », affirme Luc Therrien.

De son côté, Dolorèse Nolette mentionne qu’il « sera intéressant de voir ce que M. Valcourt pourra faire, et jusqu’où il va aller pour les francophones des milieux minoritaires. »

Au bilan, la présidente de l’ACFA et le directeur du RSA voient plutôt d’un bon œil la composition du nouveau cabinet. « Notre principale préoccupation, termine M. Therrien, c’est que le gouvernement Harper veut couper. Vont-ils couper dans nos programmes? Nous ne le saurons qu’en 2013. M. Harper a bien dit que la santé demeurait un dossier prioritaire, alors j’ai bon espoir. On commence à faire des percées, ce serait bien qu’on puisse poursuivre nos efforts. Je suis un optimiste prudent. »

Femmes au cabinet : statu quo
Comme il l’avait fait en 2008, Stephen Harper a nommé 10 femmes à des postes de ministres ou ministres d’État, sur un total de 38, un ratio qui se maintient depuis une décennie. En effet, le cabinet de Jean Chrétien nommé en 2002 comptait 11 femmes sur 38, tout comme celui de Paul Martin qui a suivi.

Selon Denise Lavoie-Cyr, présidente de la Coalition des femmes de l’Alberta, « il y a encore un bon bout de chemin à faire pour l’égalité des femmes. » Cependant, la composition du cabinet ne dépend pas selon elle des préférences des hommes politiques, mais bien des femmes elles-mêmes.

« Les femmes ne s’impliquent pas assez en politique, déclare-t-elle. Avant qu’elles ne représentent au cabinet le même 50 % qu’elles représentent dans la population, on a du chemin à faire. »

Par ailleurs, Mme Lavoie-Cyr croit que Rona Ambrose, qui est à la Chambre des communes depuis 2004, est la bonne personne pour occuper le poste de ministre de la Condition féminine. « Mme Ambrose a beaucoup d’expertise. Elle a travaillé dans les dossiers de lutte contre la violence faite aux femmes, les agressions sexuelles et elle a ouvert le foyer pour femmes battues d’Edmonton. Elle sait où elle s’en va », conclut-elle.

BDV : James Moore a conservé son portefeuille du Patrimoine canadien et des Langues officielles.
(photo : Bureau du premier ministre)


 

 

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