Financement du logement abordable pour ainés : les francophones seront-ils affectés?

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) s’inquiète des effets néfastes que pourraient subir les ainés francophones si le Programme de logements autonomes pour personnes âgées se retrouve entre les mains du gouvernement de l’Alberta.

Pour l’instant, le programme est régi par une entente fédérale-provinciale, entre la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) et le ministère provincial des Affaires municipales. L’entente vient à échéance en 2014 et la SCHL aurait l’intention de déléguer le dossier aux provinces.


« Il faut voir comment ce sera gérer. Cela dépendra de quel ministère en aura la responsabilité et comment cela sera mis en œuvre », s’interroge le directeur général de l’ACFA, Denis Perreaux. Ce dernier précise être encore en recherche d’informations concernant ce dossier.

Quatre établissements sont principalement visés puisqu’ils sont gouvernés par la communauté francophone, soit les manoirs Saint-Thomas, Saint-Joachim, le Centre de santé Saint-Thomas à Edmonton, ainsi que la Villa Jean Toupin à Calgary.

D’autres manoirs francophones existent en province, mais ils sont gérés par l’autorité régionale. Le nombre de francophones dans ces régions justifie l’octroi de services en français.

« Si on perd la gestion des admissions pour logements autonomes, cela aura un énorme impact sur les ainés francophones », croit Denis Perreaux, puisque la province ne possède pas de politique de services en français officielle.

Réagir rapidement
La présidente de la Société des Manoirs Saint-Joachim et Saint-Thomas, Madeleine Mercier, se dit préoccupée par cette possibilité. « Nous en sommes encore aux préliminaires. Nous avons averti l’ACFA parce que nous n’avons pas autant de ressources pour intervenir qu’eux, en tant qu’organisme », laisse-t-elle savoir.

Cette dernière aurait eu vent des plans du gouvernement à long terme par l’entremise de l’ancienne conseillère responsable des manoirs francophones d’Edmonton.

Madeleine Mercier affirme qu’il est encore trop tôt pour mobiliser la communauté. « On ne sait pas où on s’en va avec ce dossier ni comment cela se fera. »

La FAFA interpelée
Le directeur général de la Fédération des ainés franco-albertains (FAFA), Yannick Freychet, admet avoir pris connaissance de l’enjeu à travers les points saillants de la rencontre du CE de l’ACFA, publiés dans l’édition du Franco du 29 novembre au 5 décembre dernier.

« Nous nous intéresserons à ce dossier à l’avenir pour une raison simple : le revenu des ainés en général augmente moins rapidement que le cout de la vie, donc nous suivons tout ce qui a trait aux programmes d’aides aux logements. Ce sont des dossiers qui nous tiennent à cœur », assure M. Freychet.

Un portrait des Franco-Albertains de 50 ans et plus effectué par la FAFA et rendu public en octobre dernier faisait état d’une hausse du prix du logement locatif de 25 % et de 60 % pour le logement en propriété, entre 2002 et 2012. Pour la même période, le prix des charges (eau, combustibles, électricité) a bondi de 80 %. Idéalement, l’ACFA aimerait le statuquo de la situation actuelle en ce qui concerne le logement autonome pour ainés.

« L’exemple qui nous fait peur est celui des soins intermédiaires qui est géré par l’autorité territoriale. Tout est bureaucratisé et on place les gens sans considération pour la langue et la culture », avance Denis Perreaux.

Yannick Freychet rappelle que les responsables du Centre de santé Saint-Thomas sont bien intentionnés et sensibles aux besoins de la communauté francophone.

« Mais ils ont face à eux une énorme machine administrative qui elle, ne prend pas en compte la spécificité des ainés francophones », déplore-t-il.

Le portrait révélait aussi le souhait des ainés de vieillir le plus longtemps possible dans une communauté qui leur est familière. Yannick Freychet se
préoccupe des conséquences si la responsabilité des placements des résidents échoue entre les mains des autorités régionales.

Denis Perreaux encourage les résidents actuels et futurs de ces établissements à se renseigner auprès des ministères sur les clauses linguistiques relatives à ces programmes. « Cela risque de devenir un dossier important avec le vieillissement de la population », anticipe le directeur général de l’ACFA.

L’ACFA assure avoir placé une demande de rencontre au ministère des Affaires municipales afin de faire valoir les besoins spécifiques des ainés francophones.

Notons qu’il a été impossible d’obtenir des commentaires de la SCHL.

 

 

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