Justin Trudeau rencontre la communauté francophone

L’aspirant-chef au Parti libéral du Canada Justin Trudeau a profité de son passage en Alberta afin de prendre le pouls de la communauté francophone d’Edmonton, lors d’une rencontre informelle dans les bureaux de la firme d’avocats Duncan & Craig, le 20 novembre dernier.

« Il est sous-entendu que j’ai beaucoup d’admiration pour ce que vous faites. Mais plutôt que de vous faire un long discours, parlez-moi, posez-moi vos questions », a-t-il demandé aux leadeurs communautaires réunis. Il s’est dit touché que les Franco-Albertains aient répondu en si grand nombre à l’appel.


Après avoir offert une allocution en anglais devant plus de 500 personnes au Citadel Theatre d’Edmonton, c’est dans une ambiance intime que M. Trudeau a demandé à la trentaine de représentants francophones de se présenter brièvement.

Les juristes, représentants du gouvernement, de la communauté, du milieu des affaires, enseignants et conseillers scolaires ont partagé leurs préoccupations quant aux enjeux vécus par les francophones en Alberta, particulièrement en ce qui a trait aux services offerts en français.

 

 

Établi dans la Charte canadienne des droits et libertés et la Loi sur les langues officielles, le Justin Trudeau a rappelé l’importance d’entretenir les opportunités et le fait français partout au pays. « Même au Québec, il faut rester vigilant. Je crois que pour que le Canada reste un pays bilingue, le Québec doit être français, mais ce n’est pas la seule option pour vivre en français en Amérique du Nord », a-t-il mis de l’avant.

La parole à la communauté
C’est la représentante provinciale au sein du Conseil d’administration de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Adèle Amyotte, qui a brisé la glace. « Comment définissez-vous un Franco-canadien? Quels sont les droits qui lui sont reconnus », a demandé Mme Amyotte.

Le représentant du Secrétariat francophone du gouvernement de l’Alberta, Denis Tardif, a mis de l’avant les statistiques du Recensement 2011 sur les langues officielles récemment rendues publiques. « La plus grande augmentation démographique des francophones au pays se trouve en Alberta. La question importante est : comment faciliter l’intégration des immigrants et des migrants », a-t-il soulevé.

Les juristes ont également fait valoir l’impossibilité de plaider des causes au civil en français en Alberta et le statut de langue étrangère que revêt le français au sein de la Cour du banc de la Reine.

La directrice d’Alberta Law Librairies, Sonia Poulin, affirme qu’elle sert parfois d’interprète pour les gens qui ont de la difficulté à s’exprimer dans la langue de Shakespeare. « Mais c’est fait par la porte d’en arrière, déplore-t-elle.  Nous avons des services bilingues garantis au gouvernement fédéral, mais c’est un problème au provincial. »

M. Tardif rappelle qu’une offre adéquate de service en français est souvent déterminante pour freiner l’assimilation des nouveaux arrivants francophones. « Pour l’instant, ce sont les organismes communautaires qui font le travail », affirme ce dernier.

Selon lui, l’offre du gouvernement est incomplète et surtout orientée vers les immigrants internationaux. « En Alberta, un migrant du Québec ne peut pas passer son permis de conduire en français », donne-t-il en exemple. 

Feuille de route
Avec la Feuille de route pour la dualité linguistique qui vient à échéance le 31 mars 2013, ces questions deviennent cruciales pour les communautés en situation minoritaires.

« Le gouvernement actuel n’est pas conscient de l’importance d’investir dans la dualité linguistique du pays », déplore Justin Trudeau. Ce dernier a tenu à ajouter qu’un gouvernement libéral sera toujours présent pour appuyer les minorités officielles au pays.

S’apprivoiser
Denis Tardif juge cette rencontre trop courte pour véritablement faire valoir les défis des francophones en Alberta. « C’était pour s’apprivoiser, avance celui-ci, mais il donne quand même un bon son de cloche pour ce qui est des valeurs d’inclusion et du respect des langues officielles. »   

Justin Trudeau s’est dit connecté avec les communautés linguistiques en situation minoritaire étant lui-même franco-ontarien.

Pour le député de Papineau, dans la région de Montréal, la richesse culturelle francophone est un atout pour le Canada, dont il faut non seulement assurer la survie, mais l’épanouissement. « Nous avons la capacité de célébrer notre culture, que les Canadiens anglais n’ont pas, car ils préfèrent souvent des artistes d’Hollywood. Il faut être fiers de notre culture française et la partager avec le reste du Canada », déclare Justin Trudeau.

Rappelons que la course à la direction du PLC se terminera en avril prochain.

 

 

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