Étude sur les besoins des 50+ : une ressource précieuse

La Fédération des ainés franco-albertains (FAFA) a présenté une étude des besoins des adultes francophones de l’Alberta âgés de 50 et plus, lors d’un colloque tenu à La Cité francophone les 15 et 16 octobre derniers.

« Ce projet qui s’est échelonné sur 20 mois a été une véritable aventure humaine et représente une démarche unique », a affirmé le directeur général de la FAFA, Yannick Freychet, à la trentaine de personnes réunies pour l’occasion.


D’entrée de jeu, ce dernier affirme que les défis des ainés sont renforcés chez les francophones, car ils sont plus exposés à l’exclusion sociale et à la précarité financière. Dans son étude, M. Freychet a justement tenté de dégager les particularités propres à cette communauté.

L’une d’entre elles réside dans le fait que la population franco-albertaine est, de façon générale, plus âgée que la moyenne albertaine. Selon le recensement de 2006, 10,2 % de la population de la province est âgée de 65 ans et plus, alors que cette proportion grimpe jusqu’à 15,1 % au sein de la francophonie.

Cette population est également concentrée dans quatre grandes régions de l’Alberta : Calgary, Edmonton, le Centre-Est et le Nord-Ouest. C’est en tenant compte de cette géographie que M. Freychet a effectué des entrevues et tenu 16 consultations pour dégager les tendances.

L’étude gravite autour de cinq thèmes, soit le logement, le transport, la santé, l’emploi et la participation bénévole ainsi que l’inclusion sociale et l’épanouissement personnel.

Un panel avec des intervenants de divers horizons est venu compléter l’exercice. « Cela démontre la richesse de notre recherche puisque nous avons interrogé des gens des milieux urbains, ruraux, des immigrants, de jeunes ainés et des plus âgés », lance le directeur.

Résultats
Deux tendances se dégagent de cette analyse. Premièrement, il importe aux 50 ans et plus d’utiliser le français dans leur quotidien, spécialement en ce qui a trait aux services de santé et aux activités culturelles.

Ensuite, les discussions ont démontré que l’absence de services continus en français au niveau du logement, de la santé et de l’accès au transport freine leur liberté et leur indépendance.

L’importance de développer des stratégies qui permettraient aux ainés de vieillir à la maison afin de conserver leur autonomie a également été soulignée.

« Ces résultats proviennent de l’intérieur de notre communauté », a fait remarquer Yannick Freychet, indiquant du même coup, l’importance de développer des solutions au niveau local.

Participants engagés
Sans être membre de la FAFA, Louis-Charles Trempe a décidé de participer à l’étude pour contribuer à développer des solutions aux questions qui lui tiennent à cœur, tels le logement, le transport et le domaine de l’emploi.

« Les gens âgés de 50 ans et plus ont un emploi du temps chargé. Comme moi, je veux continuer à travailler pour générer un revenu. Aussi, je trouve que les logements pour personnes préretraitées ne sont pas adéquats et n’offrent pas une véritable qualité de vie », avance l’homme de 61 ans qui œuvre dans le domaine du théâtre et du multimédia.

M. Trempe dit observer un clivage important entre les besoins des ainés de 75 et plus et ceux de sa tranche d’âge.

Il espère voir des changements concrets d’ici les prochains 10 ans. Ce dernier croit que la solution réside dans les partenariats avec le réseau anglophone, pour lequel les services sont beaucoup plus développés.  Il voit, dans cette démarche, un bon départ pour approfondir d’autres pistes de réflexion.

Une étude utile
« Nous avons 22 ans et c’est notre premier portrait », a laissé savoir la présidente de la FAFA, Simone Demers. L’étude servira de guide à la FAFA afin d’élaborer un plan d’action qui permettra de mieux répondre aux besoins mis de l’avant par ses membres à travers la province.

En tant que porte-parole des ainés franco-albertains, l’organisme a l’intention de se faire entendre davantage sur les questions qui touchent le bienêtre des 50 ans et plus. « Cette étude s’avère une ressource précieuse pour appuyer nos demandes auprès des bailleurs de fonds », a souligné Mme Demers.

Des démarches ont été entreprises auprès du Secrétariat francophone pour évaluer la possibilité de collaborer pour une éventuelle traduction de l’étude.
 

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