8e Hivernant Rendez-vous de la Nation des Métis : un franc succès!

Lors des célébrations du Centenaire du Stampede de Calgary, en juillet dernier, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Calgary et ses partenaires se disaient heureux de renouveler des liens et amitiés de longue date avec Marlene Lanz, la présidente de la Nation Métis de l’Alberta (NMA), région 3, à Calgary.

« Nous (métis et francophones) avons tellement de choses en commun », déclarait alors la directrice générale de l’ACFA régionale de Calgary, Céline Bossé. « On se croirait en grande réunion de famille. C’est comme si on se connaissait depuis toujours », s’exclamait-elle à l’occasion du premier BBQ annuel communautaire, organisé en partenariat avec l’association communautaire Cliff Bungalow-Mission (anciennement Rouleauville).


Un mois plus tard à Big Valley, petit village situé à l’est de Red Deer, c’était avec enthousiasme que l’on participait au 8e Hivernant Rendez-vous annuel de la Nation Métis. Contrairement à ce que son nom laisse entendre, Big Valley n’est qu’un tout petit village qui compte à peine 350 habitants. Ce patelin pittoresque protège des trésors historiques prêts à être découverts, petit à petit, tels que le font des milliers de touristes à longueur d’année.

Quelques centaines de membres de la NMA s’ajoutaient à la scène au début aout. Sous un ciel bleu et soleil brulant, un tableau bien coloré se dessinait sur le site des cérémonies d’ouverture officielle, le matin du 4 aout. Drapeaux métis, ceintures fléchées, macarons perlés, violoneux énergétiques, parade communautaire; la fierté Métis s’affichait partout!

La foule s’étonnait de l’efficacité des jeunes Métis à ériger des tipis en un rien de temps. « Ces jeunes travaillent selon nos traditions, qui exigent la participation d’au moins une femme à la construction d’un tipi », de dire Toby Racette, vice-président de la Nation des Métis au niveau provincial. « Au fait, au tout début, ce ne sont que les femmes qui érigeaient les tipis », ajoute-t-il.

À l’arrière-plan, un tableau unique rappelle le passé. Un des rares silos de bois immenses du Alberta Wheat Pool conservés en Alberta domine le paysage. Côtoyés de charrettes historiques de la Rivière rouge, les tipis sont couronnés des drapeaux de la Nation Métis qui flottent fièrement à leur sommet.

À la suite de la prière de bénédiction de l’évènement et discours prononcés par Marlene Lanz, par M. Racette et quelques mots de félicitations de la part de votre correspondante, le groupe Black Powder, habillé en costumes d’époque, ravissait les spectateurs à coups de carabines à s’en boucher les oreilles, à la fin des cérémonies.

Puis, c’est le temps de la parade! On embarque sur une charrette tirée par deux chevaux magnifiques et on se promène le long de la rue principale de Big Valley. L’évènement attire tous les résidents du village, heureux de célébrer cette tradition annuelle.

Les activités offertes aux participants de la fin de semaine incluent concours de cuisson de bannock (des galettes écossaises); leçons de couture de capotes (manteaux à capuchon, uniques aux Métis, faites de couvertures de laine); finger weaving (leçons de tissage à la main); beading traditionnel et fabrication de tambours. Il y en a pour tous les âges et tous les gouts.

Dans la salle communautaire, on admire des créations d’artisanales, une exposition éducative impressionnante de Marcien LeBlanc, trappeur-ambassadeur de méthodes humaines de piégeage et Albertain de grande renommée, côtoyée d’un marchand de ventes de fourrures diverses.

En soirée, on se régale au ragout de bœuf maison délicieux, fèves au lard traditionnelles, petits pains et bannock, salades variées et, surprises, des tranches épaisses de baloney servi froid, de quoi rassasier jeunes et moins jeunes.

Dimanche matin, on célèbre la messe après un délicieux petit-déjeuner. Quelle façon mémorable de commencer mon 63e anniversaire de naissance! Les activités de la journée précédente se terminent, suivies du concours de talent et vente à l’encan silencieux qui font le plaisir de tous. En vedette et gagnante du concours de violoneux, Breann Denby, âgée de 10 ans, qui fait preuve de talents stupéfiants. La magie de sa musique anime la salle et on espère la recevoir bientôt à Calgary.

D’autre part, de jeunes danseurs de gigue à énergies remarquables font sourire leur professeur et mentor, nul autre que l’ainée Doreen Bergum (Dumont), descendante de Gabriel Dumont, bras droit de Louis Riel et elle-même gagnante du championnat canadien de la danse de gigue.

Drapeau métis
Selon les documents historiques de la NMA, le drapeau métis est le premier drapeau national créé au Canada. Facile à reconnaitre, parfois au fond bleu, parfois au fond rouge, le signe de l’infini en blanc proclame leur fierté et spiritualité. « Le drapeau métis a été créé 180 ans avant le drapeau canadien avec la feuille d’éra-ble rouge », indique Marlene Lanz. « Il porte le symbole du signe de l’infini qui représente l’union de deux cultures distinctes; celle des Français et celle de l’une des Premières Nations de l’Amérique du Nord. C’est ainsi que nous sommes devenus une nouvelle culture distincte, celle des Métis », précise-t-elle.

Selon les écrits, le bleu représente la couleur de l’espace universel et le blanc l’esprit des Métis, symbole spirituel. Le drapeau avec le fond rouge et le signe de l’infini en blanc était celui des Métis, dit Halfbreed Anglais Country Born, qui travaillaient principalement pour la compagnie de la Baie d’Hudson contrôlée par les anglais.

Le bleu est aussi la couleur traditionnelle des Français du Canada et le rouge, celle des Anglais du Canada.

La Nation Métis de l’Alberta a premièrement établi en 1932 sous le nom de l’Association Métis de l’Alberta. Son mandat? Agir à titre de corps politique et de voix officielle du peuple métis auprès du gouvernement. L’Alberta compte la population métisse la plus large de toutes les provinces du Canada et elle compte présentement six conseils régionaux.

Langue et culture en danger d’extinction
Michif est la langue parlée exclusivement par les Métis, parfois appelé peuple invisible ou ignoré. Ces derniers sont majoritairement les descendants d’hommes Français, coureurs des bois ou voyageurs et de femmes autochtones.

Le Michif est une langue composée de noms français et de verbes Cree, utilisée au Manitoba, en Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britanni-que, Ontario et dans la région sud des Territoires du Nord-Ouest. Le plus grand nombre de parlant Michif se trouve dans la région des Prairies.

En danger d’extinction, plusieurs initiatives sont en cours afin de préserver, protéger et enseigner la langue Michif en Alberta. « Je parlais plusieurs langues lorsque j’étais tout jeune, affirme Toby Racette, Michif, Cree, français, anglais et même un peu d’allemand. Maintenant je ne parle que l’anglais. » Du groupe de gens rencontrés, seul Marcien LeBlanc a échangé en français, et cela, avec grand plaisir et fierté.

La ceinture fléchée est la connexion spirituelle de tous les métis. Elle représente la colonne vertébrale de la Nation Métis et des clans familiaux qui la compose d’un océan à l’autre. On comprend donc leur éclatement de joie, lorsqu’ils ont vu le char allégorique de l’ACFA dont le thème Notre cadeau a reflété, entre autres, par de boites géantes décorées de photos historiques et de rubans et boucles fabriqués en style ceintures fléchées!

Nous sommes tous membres de la même grande famille canadienne et osons dire que nos différences sont bien moindres que nos points en communs et similarités. Célébrons ensemble nos acquis et tendons la main en amitié aux plus forts et aux plus faibles qui nous entourent. Nous ne pouvons faire autrement que de s’enrichir mutuellement, à tous les niveaux possibles.

 

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