Mettre la balle dans son camp

La journée du 27 juillet mettra fin aux deux camps d’été qu’a organisés le Centre d’accueil et d’établissement (CAÉ) du Nord de l’Alberta pour les immigrants de la 7e à la 12e année qui ont une faiblesse en anglais et en informatique.

 

 

Pour sa troisième année, le CAÉ comptait une quarantaine de participants. Les 15 jeunes inscrits au camp d’anglais langue seconde obtiendront, à la fin des quatre semaines de cours, cinq crédits dans leur école respective. Dès l’an prochain, ils pourront s’inscrire à un niveau plus élevé en anglais.

Quant aux 25 autres qui participent au camp d’anglais et informatique, ils le font pour s’améliorer et se faire de nouveaux amis.

Les camps d’été visent surtout les immigrants nouvellement arrivés en Alberta. Pour le CAÉ, ces derniers sont désavantagés par rapport aux Canadiens d’un point de vue technologique.

« Lorsque leurs enseignants leur demandent de faire une présentation PowerPoint, par exemple, ils ne sont pas capables de le faire, explique la coordonnatrice des ser-vices d’établissement, Valérie Lessard. C’est aussi ça que nous voulons améliorer. »

Durant l’après-midi, le travailleur en établissement dans les écoles au CAÉ, Ali-John Ngena, leur apprendra donc à se familiariser avec Excel, Word et PowerPoint. 

Abordables et fonctionnels
Pour s’assurer que beaucoup de jeunes participent à ces camps d’été, les couts liés à l’inscription sont très bas.

Le CAÉ s’occupe même du transport. Un autobus scolaire va chercher les jeunes devant leur porte, tôt le matin, pour les ramener au même endroit, à la fin de la journée.

« Notre grand défi pour le moment, c’est d’attirer les plus vieux. Souvent, ils veulent travailler durant l’été. Nous voulons leur faire prendre conscience qu’un bon niveau en anglais peut rapporter beaucoup à long terme », fait valoir Mme Lessard.
Pour l’élève de 18 ans Bimpe Mwilu, le camp d’été lui permet d’améliorer son anglais pour arriver à se trouver un emploi en Alberta.

Lui qui a déménagé du Québec en avril dernier compte s’inscrire dans une école anglophone où il lui sera impossible de parler en français. « C’est comme ça que j’apprendrai », croit-il.

Que les classes ne soient pas divisées par niveaux n’est pas un problème pour Bimpe Mwilu. Celui-ci dit avoir du plaisir avec ses collègues, même s’ils sont, pour la plupart, plus jeunes qui lui.

Anglais 2.0
Si le CAÉ a mis sur pied une telle initiative, c’est qu’il a senti le besoin des nouveaux arrivants de s’améliorer en anglais, de se familiariser avec l’informatique et de tisser des liens d’amitié entre eux.

« J’ai vu une grande amélioration chez les jeunes depuis que nous avons commencé les cours. Ils s’entraident beaucoup et moi, de mon côté, j’essaie de rendre la matière la plus intéressante possible avec du visuel. Je m’adapte à leurs différents niveaux », expose l’enseignante en anglais, Meghan Klettke.

L’une de ses priorités est de créer une atmosphère participative et détendue : « Je veux qu’ils arrivent à s’apprécier et à s’amuser, le but n’est pas de mettre sur pied une dictature où tout le monde se tait et écoute le magistrat. » 

Selon la superviseure des camps d’été, Latifa Ben Malek, le taux d’absentéisme est assez bas.

« Les élèves savent que s’ils s’absentent trop souvent, ils n’auront pas leurs crédits à la fin du mois de juillet. Nous essayons de les encourager au lieu de les réprimander, dit-elle. Nous sommes conscients que c’est l’été pour tout le monde. » 

 

 

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