Conférence sur les médias en contexte minoritaire : comment représenter les minorités?

La Faculté des arts de l’Université de l’Alberta a organisé, les 10 au 12 mai derniers, un dialogue sur les médias en contexte minoritaire. Une cinquantaine de personnes sont venues des quatre coins du monde afin de mieux comprendre les défis que doivent surmonter les médias minoritaires.

« Les participants, qui venaient d’un peu partout et qui émanaient de toutes les disciplines, ont particulièrement apprécié les tables rondes sur la francophonie », s’enthousiasme Sathya Rao, l’un des organisateurs de l’évènement. Lui qui aurait aimé accueillir davantage de participants se dit toutefois satisfait de la pertinence des discussions. 


L’évènement visait non seulement les professionnels des médias et de la communication, mais également, les étudiants des départements d’histoire, de sciences politiques et d’éducation de l’Université de l’Alberta.

« Nous voulons encourager les chercheurs à collaborer avec les praticiens pour qu’ils trouvent des solutions ensemble », explique celui qui enseigne au département des langues modernes et des sciences culturelles de l’Université de l’Alberta.

Pour poursuivre le dialogue, le comité organisateur a créé une page Facebook où les participants peuvent s’échanger des idées.

Lorsque Sathya Rao parle de praticiens, il fait référence aux journalistes et aux acteurs médiatiques. On veut qu’ensemble, ils puissent trouver une façon d’inclure les minorités dans les médias. Ce n’est pas toujours évident puisqu’elles sont complexes et diversifiées.

Médias sociaux à la rescousse
Selon M. Rao, les minorités ont des besoins et des droits semblables. « Elles ont le droit d’être représentées dans les médias », croit-il. Celui-ci explique que certains médias traditionnels comme TV5 ont misé sur les nouvelles technologies pour leur donner une tribune et connaitre leurs points de vue. 
 
« Grâce aux médias sociaux, on peut mieux comprendre leurs besoins. Les minorités participent ainsi à façonner la manière dont on les représente. Elles peuvent construire leur propre image », fait-il valoir.

Pas de place pour la compétition
Lors du congrès, les acteurs émergeant de médias concurrents ont pu se parler. Selon l’organisateur, même s’ils vivent les mêmes réalités, ils n’ont pas souvent la chance de discuter entre eux. 

Ce qui a le plus surpris Sathya Rao, c’est la présence de professionnels de Montréal venus assister à l’évènement. Dans l’est du Canada, on ne parle pas beaucoup des médias en contexte minoritaire.

Différences culturelles
L’un des conférenciers invités, le professeur titulaire à l’Université d’Ottawa Marc-François Bernier, dit s’être familiarisé avec une autre réalité. « Lorsqu’on parle de minorités au Canada, on fait référence à la langue. Pour les continents africain, européen et asiatique, par exemple, on parle d’ethnie. C’est très différent », explique celui qui a créé la Chaire de la recherche en journalisme (CREJ).

« Des rencontres comme celle-ci permettent de s’inspirer les uns des autres, de partager et de rencontrer des gens d’un peu partout dans le monde », témoigne le spécialiste en déontologie du journalisme.

Recycler ses recherches
Pour soumettre sa candidature à titre de conférencier, M. Bernier a repris des éléments de ses recherches qu’il n’avait pas exploités à son gout. « J’avais questionné des journalistes issus de milieux minoritaires dans l’une de mes recherches et je n’avais tiré aucune conclusion à partir de ces résultats. J’avais beaucoup d’information, il ne restait qu’à la traiter », a-t-il évoqué.

Ses nouvelles observations s’harmonisaient bien avec le thème de la conférence sur les médias en contexte minoritaire. Celui-ci a profité de la conférence pour comparer la réalité des médias minoritaires à celles des médias majoritaires du Québec.

 

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