Redford mise sur le progrès

La première ministre Alison Redford a présenté son nouveau cabinet, le 8 mai dernier. Un cabinet réduit à 18 ministres dans lequel, notamment, Doug Horner est passé du rôle de vice-premier ministre à ministre des Finances, Thomas Lukaszuk est devenu le bras droit de Mme Redford, Jeff Johnson a obtenu le portefeuille de l’Éducation et Heather Klimchuk a conservé la Culture, mais s’est également vu confier la responsabilité du Secrétariat francophone.

« Nous forgerons de nouvelles politiques et prendrons de nouvelles directions », a annoncé première ministre de l’Alberta, Alison Redford lors de l’annonce de son nouveau cabinet. L’un des objectifs des progressistes-conservateurs est de changer. Changer le rôle des assemblées législatives. Changer l’image de l’Alberta sur les scènes fédérale et internationale.


Ce vent de changement que veut apporter la première ministre est une bonne nouvelle pour la communauté francophone selon le professeur en sciences politiques du Campus Saint-Jean, Frédéric Boily. « Les dossiers francophones vont résonner davantage maintenant avec l’évolution qu’est en train de faire le parti. On veut mettre une nouvelle Alberta en place », analyse-t-il. D’après lui, le Parti progressiste-conservateur a fait preuve d’ouverture d’esprit en nommant une femme à la tête du Secrétariat francophone.

« Plusieurs Franco-Albertains sont ici depuis plusieurs années et contribuent à diversifier notre culture. La communauté francophone est vibrante en Alberta », croit Heather Klimchuk, la nouvelle ministre de la Culture et responsable du Secrétariat francophone. « L’une de mes forces est celle de rassembler les gens et de les écouter. Ce ministère est l’un des plus importants puisque la culture est partout et dans tout ce qu’on fait », poursuit-elle.

Alberta : ouverture d’esprit
« On ne voit plus l’urgence sur la scène fédérale de parler de séparation du Québec, le dossier se refroidit, précise le professeur Boily. En même temps, le fait français est aussi un élément qui montre le caractère ouvert de l’Alberta sur les scènes fédérale et internationale. »

La stratégie canadienne en matière d’énergie va en ce sens. « Cette stratégie lui permettra de faire un retour sur la scène canadienne. Elle doit briser l’image d’une Alberta repliée sur elle-même puisque la vente du pétrole concerne aussi les autres provinces », explique le spécialiste en politique canadienne.

Le véritable enjeu pour un gouvernement en place, c’est le système de taxation. « S’il y avait des difficultés avec les sables bitumineux et que les revenus du gouvernement étaient moins importants que prévus, fait valoir M. Boily, il faudrait revoir le système de taxation ».

L’économie en Alberta va bien pour le moment. C’est la clé de la réussite du gouvernement selon l’analyste politique. « L’Alberta est un des endroits en Amérique du Nord le plus instable au point de vue des finances publiques. Elle dépend du pétrole dont le prix varie constamment », clarifie-t-il.

Là où le gouvernement peut faire toute la différence, c’est dans la façon de prévoir. « C’est pour ça que j’évoquais le plan de taxation, pour aller piger dans les poches des contribuables si jamais on ne peut plus compter sur le pétrole », justifie-t-il.

Grands changements au cabinet
Ce qui étonne le plus le professeur Boily à propos de cette refonte ministérielle, c’est la nomination de Thomas Lukaszuk à titre de vice-premier ministre.

« C’est très étonnant parce qu’on ne lui confie pas d’autres responsabilités. On a l’impression que ce sera le chien de garde du gouvernement, celui qui s’assurera que les choses aillent rondement », analyse-t-il. Celui-ci avoue qu’il ne s’attendait pas à ce que quelqu’un occupe ce poste à temps plein.

Alison Redford a également aboli les comités du cabinet qui servaient, en théorie, à réfléchir aux grandes questions politiques et assurer un contact entre le caucus et le cabinet.

« En pratique, ça agissait plutôt comme une barrière. Ce que les députés disaient était intercepté par les comités du cabinet donc c’est pour ça qu’elle l’a aboli », croit le professeur en sciences politiques.

 

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