Élections provinciales : vision de la francophonie albertaine

En cette période de course électorale, Le Franco a approché des candidats de chacun des partis afin d’obtenir leur point de vue sur la place de la communauté francophone au sein de la vie politique albertaine.

Parti libéral
La candidate libérale dans la circonscription d’Edmonton-Goldbar, Josipa Petrunic, affirme qu’elle aura une grande responsabilité envers les francophones si elle venait à être élue. Sa circonscription englobera désormais le quartier de Bonnie Doon que Mme Petrunic voit comme un microcosme de la francophonie albertaine.

« J’attends les derniers chiffres du Recensement de 2011, mais selon moi, la population franco-albertaine a non seulement augmentée, elle s’est aussi transformée avec l’immigration des familles franco-africaines et l’arrivée de Franco-canadiens venus s’établir en Alberta. Je suis excitée parce que cette transformation démographique change les comportements politiques et les votes », avance la députée libérale.


C’est pourquoi elle s’explique mal le choix d’Election Alberta de ne pas offrir de services ou documentation en français au bureau du directeur de scrutin. « C’est ironique et cela démontre un manque de respect des droits des francophones. C’est extrêmement bizarre puisque je peux obtenir de l’information dans ma langue maternelle, le Croate, afin que ma langue ne soit pas un obstacle à mon
droit de vote », souligne-t-elle.

Son parti s’engage à rendre tout documents et services publics disponibles en français, rejetant l’argument selon lequel les couts associés à un tel projet seraient trop élevés. « La traduction de ces documents dans les langues patrimoniales existe déjà », fait-elle remarquer.

Une plus grande autonomie des municipalités à créer leurs propres sources de revenus serait également un atout pour la communauté francophone, comme l’indique le Parti libéral de l’Alberta.

Alberta Party
Serge Gingras représente, quant à lui, l’Alberta Party pour la région de Red Deer South, la même circonscription que Cal Dallas, le ministre responsable du Secrétariat francophone lors de la dissolution de l’Assemblée législative.

Sans soutenir de politique spéciale envers les francophones, M. Gingras indique que son parti se veut inclusif et réserve une place importante à la francophonie albertaine, notamment avec sa politique d’apprentissage d’une langue seconde dès le primaire.
« Le français serait la langue la plus offerte en vertu du statut bilingue au pays. Cette mesure vise à préparer les gens au marché du travail en contexte canadien », affirme le professeur de langues au Red Deer College.

Élu ou pas, M. Gingras a l’intention de traduire la documentation offerte par son parti. Un projet qu’il a déjà partagé au sein de l’équipe. « Il y a une belle ouverture au parti envers les francophones, c’est quelque chose que les membres valorisent », assure-t-il.

Il cite en exemple la politique de santé pour les ainés, qui favorise les soins à domiciles. « Pour moi, ça inclut les services en français », mentionne Serge Gingras qui ajoute que certains centres de santé pourraient offrir plus de services en français.

Sans vouloir critiquer le travail de Cal Dallas, ancien ministre responsable du Secrétariat francophone, M. Gingras avoue avoir de la difficulté à comprendre pourquoi un dossier aussi important que la promotion des services en français revient à un député qui ne parle pas le français.

« En tant que francophone, le français en Alberta a toujours été important pour moi et il est certain que je défendrai ces dossiers pas seulement à Red Deer, mais pour tous les francophones de la province », termine Serge Gingras.

Parti progressiste-conservateur
Seul député franco-albertain dans la législature, le député de Dunvegan-Central-Peace, Hector Goudreau, affirme devoir sensibiliser ses collègues à la réalité franco-albertaine, surtout les nouveaux députés. Il insiste sur l’importance de bien représenter la communauté et continuer à travailler sur des projets qui auront un impact sur celle-ci.

« C’est difficile d’identifier un service en particulier qui représente une priorité. Il faut augmenter petit à petit tous les services offerts en français », témoigne M. Goudreau, tout en mettant en lumière les progrès apportés sous son gouvernement pour les services en français au niveau de la santé, de l’école, de la petite enfance et l’immigration depuis les dix dernières années.

« Dans tout ça, ma responsabilité reste ma circonscription, si je deviens ministre, alors mon mandat s’étend à la province », rappelle le député qui affirme sentir un appui soutenu de la part des francophones, une responsabilité parfois lourde à porter pour un seul homme.

« Comme je suis le seul francophone, les gens pensent parfois que je dois les sauver », témoigne-t-il.

Celui qui était ministre responsable du Secrétariat francophone lorsqu’Ed Stelmach était le premier ministre affirme que son parti continuera à appuyer le Campus Saint-Jean, ainsi que la communauté lors de différentes célébrations à travers la province.

En raison du congé de Pâques, les réactions des partis Wildrose et du Nouveau Parti démocratique seront publiées lors de la prochaine édition.


 

 

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