Défis des immigrants francophones dans l’Ouest canadien

L’avocat manitobain Paul Hesse était de passage en Alberta afin d’animer une conférence portant sur les défis qu’ont à surmonter les immigrants francophones dans l’Ouest canadien, le 7 mars devant une quinzaine de personnes à Calgary et le 8 mars à Edmonton où y ont assisté une vingtaine de personnes. Ces sessions ont eu lieu dans le cadre des miniconférences organisées par l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA).


Spécialisé dans la résolution de conflits civils et de l’immigration au sein du cabinet Pitblado, Me Hesse offrait un survol des difficultés que rencontrent les immigrants et des ressources qui s’offrent à eux afin de naviguer dans le système canadien.

Ce dernier mettait également en relief les limites de ces ressources et les changements récents survenus dans la Loi sur l’immigration comme ceux survenus le 9 mars 2012, soit, l’instauration de la résidence permanente conditionnelle accordée à un conjoint parrainé. Une loi qui vise à contrer les mariages frauduleux.

« Le manque d’information est une embuche très importante pour les immigrants. Souvent, on attend qu’ils arrivent ici pour les informer sur les marches à suivre pour travailler dans leur domaine par exemple, ou sur le droit de la famille, au divorce, à l’égalité des femmes, etc. On pourrait faire mieux avant qu’ils arrivent et éviter des difficultés devant la loi », déplore l’avocat.

L’information concernant le développement dans les lois relatives à l’immigration est disponible sur la page Internet du ministère fédéral de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, mais les intervenants œuvrant auprès des immigrants doivent s’assurer de se tenir à jour.

« Nous n’avons pas toujours un avocat spécialisé en immigration qui parle français disponible pour répondre à nos questions. Pour les demandeurs d’asile et l’aide juridique par exemple, il n’y a pas d’avocat francophone en Alberta. Cela complique les choses », explique la conseillère en établissement du Centre d’accueil et d’établissement du Nord de l’Alberta, Charity Lui.

Les immigrants peuvent, en effet, se heurter à des difficultés d’ordre technique lorsqu’ils tentent d’obtenir des services en français. Paul Hesse a expliqué qu’au Manitoba, les informations relatives à l’immigration au pays ont été mises à jour sur le site du gouvernement provincial, mais pas le nouveau formulaire.

Les deux paliers du gouvernement
Le Canada a reçu 248 660 résidents permanents en 2011, selon les chiffres avancés par le ministère de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme. Il s’agit, pour la grande majorité, d’immigrants de nature économique.

Ces immigrants reçoivent un permis de travail et le statut de résident permanent. « Mais on ne peut pas juste arrêter là. L’information est tellement importante », dénonce l’avocat qui est d’avis que le Canada aurait avantage à mieux gérer l’intégration des nouveaux arrivants.

La division des responsabilités gouvernementales pose également des embuches imprévues qui s’avèrent compliquées. « Souvent, on invite les immigrants parce que nous avons un déficit de travailleurs. C’est le fédéral qui les accepte et donne les permis de travail, mais ce sont les provinces et les organismes qui gèrent les professions », relève M. Hesse. Le ministère entend se pencher sur cette problématique.

Services en français
S’il est possible d’avoir accès à des services en français auprès du gouvernement fédéral, même si les délais sont parfois plus longs, la réalité est tout autre au niveau des paliers provinciaux. Une fois entrés au pays, les immigrants ont le droit de mobilité en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés. L’Alberta fait partie des provinces qui reçoivent de l’immigration interprovinciale.

« Les immigrants arrivent à Montréal, ils y restent deux ou trois ans, mais ne se trouvent pas d’emploi. Ils décident de venir à Edmonton parce qu’ils croient avoir plus d’opportunités et se rendent comptent qu’ici, il n’y a pas de services en français », relate Charity Lui.
 

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