L’information juridique facilement accessible

C’est devant une quarantaine de personnes et une trentaine de jeunes que l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) a présenté une conférence sur l’accessibilité à l’information juridique en Alberta, à Edmonton le 8 février et à Calgary le 9 février dernier, au palais de justice des villes respectives.

La 2e rencontre de la série de miniconférences organisées par l’AJEFA pour la saison 2011-2012 mettait en vedette la directrice d’Alberta Law Libraries, Sonia Poulin, et le président de CanLII, Colin Lachance.


« J’offre un aperçu de l’histoire de la bibliothèque juridique de l’Alberta qui existe depuis une centaine d’années. C’est pour rendre accessible au public et aux juristes les ressources disponibles à la bibliothèque », explique Mme Poulin.

Colin Lachance, quant à lui, venait présenter l’organisation qui existe depuis 2000. CanLII offre un moteur de recherche gratuit, sur le web, qui comprend toutes les juridictions, statuts et règlements et décisions de cour au Canada. « Il est nécessaire de sensibiliser les gens au sens des lois, puisqu’ils doivent y obéir en tant que citoyens », rappelle-t-il.

M. Lachance a également évoqué l’importance de connaitre la provenance des sources de l’information utilisée, spécialement lorsque cette dernière se retrouve sur l’Internet. L’outil de recherche CanLII, pour sa part, a été créé par l’Association du Barreau canadien en partenariat avec le gouvernement canadien qui contribue à mettre à jour l’information. 

M. Lachance ne pourrait dire si les citoyens d’aujourd’hui sont assez au courant des lois qui les régissent puisqu’il n’est pas en mesure de déterminer qui étaient les sept millions d’utilisateurs de CanLII en 2011. Néanmoins, le président saisit chaque opportunité pour informer les citoyens sur leurs droits et devoirs.

« Les gens doivent savoir et c’est encore plus important aujourd’hui puisqu’il est facile de se retrouver lié à un contrat lorsqu’on navigue sur le web et qu’on accepte des conditions d’utilisation par exemple, surtout les jeunes », laisse savoir Colin Lachance.

Les citoyens de demain
Trente jeunes des écoles francophones Joseph-Moreau, Gabrielle-Roy et Alexandre-Taché ont également été conviés à la conférence. En plus de la visite de la bibliothèque juridique et d’un atelier sur l’utilisation de l’outil CanLII, les élèves ont pu assister à une conférence d’introduction au principe du droit, donnée par l’avocate au Centre for Public Legal Education Alberta, Carole Aippersbach.

« C’est la première fois que les élèves se déplacent et viennent sur les lieux et se retrouvent dans le contexte du Palais de justice, où ils doivent passer par les gardiens de sécurité et peuvent visiter la bibliothèque. D’habitude, les avocats vont présenter dans les écoles », affirme Mélanie Capton, coordonnatrice à l’AJEFA.

C’est Latifa Ben Malek, enseignante de métier au Maroc, aujourd’hui travailleuse en établissement à l’école Joseph-Moreau qui a entrepris les démarches afin de permettre aux élèves de participer à la conférence.

Les juristes de l’AJEFA auront donc mis les bouchées doubles pour organiser un programme plus adapté à des jeunes de 13 à 18 ans. Mme Ben Malek espère répéter l’expérience annuellement. « C’est important, pour les nouveaux arrivants surtout, de savoir comment chercher, où trouver et connaitre les lois. Cela renforce les acquis en études sociales aussi », explique-t-elle.

Cette dernière ajoute que cette activité cadre tout à fait avec l’intégration des jeunes dans leur nouvel environnement qu’est le Canada. Les élèves posaient des questions sur ce sujet complexe qu’est le droit au Canada durant la présentation où quelques notions étaient expliquées, pour ensuite les mettre en pratique lors d’ateliers qui confrontaient les jeunes à des questions de droit concrètes, qu’ils devaient résoudre.

Vahina Deoliveira fréquente l’École publique Gabrielle-Roy à Edmonton. La jeune fille affirme avoir aimé son expérience, bien qu’elle connaisse déjà quelques concepts appris en études sociales.

« Je me suis rendue compte qu’il y avait des ressources en français, c’est intéressant de voir les ouvrages de lois. Je croyais que tout était en anglais en Alberta », a-t-elle fait remarquer.
 

 

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