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Politique provinciale : les francophones s’y intéressent activement

Serge GingrasLe 5 décembre dernier, le Parti libéral de l’Alberta choisissait le représentant pour la circonscription d’Edmonton-Goldbar. Josipa Petrunic, qui a été candidate libérale dans Calgary-Est lors des élections fédérales de mai dernier, a été préférée par les membres du parti devant le Franco-Albertain Christian Villeneuve.

Mme Petrunic habite présentement au Royaume-Uni où elle y termine des projets de recherches, mais la jeune femme compte s’établir à Edmonton d’ici la fin 2011. Il s’agira d’un retour dans sa communauté pour la députée qui a déjà habité le quartier en 2000, lorsqu’elle était étudiante en immersion française au Campus Saint-Jean.


Le jeune avocat francophone, Christian Villeneuve, espérait pouvoir représenter le parti lors des prochaines élections provinciales. « Comme je suis francophone d’Edmonton, je connais les enjeux de la francophonie. Je pense qu’il est important qu’il y ait quelqu’un qui comprend les questions qui touchent les francophones qui siège à la législature et qui défende les intérêts de la communauté », affirme M. Villeneuve quelques heures avant le choix du candidat.

Selon lui, le Parti libéral est un parti qui, traditionnellement, trouve un équilibre entre les anglophones, les francophones et les autres cultures qui composent la mosaïque canadienne.

Partout en province
Plus au sud, le professeur de langues au collège de Red Deer, Serge Gingras, a eu plus de chance. Il est officiellement, depuis le mois dernier, candidat pour le Parti de l’Alberta pour les prochaines élections provinciales anticipées au printemps prochain, dans la région de Red Deer South.

M. Gingras est bien connu de la communauté franco-albertaine, étant impliqué depuis de nombreuses années au sein de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Red Deer. Il est aussi membre de l’Ordre des sages de la francophonie albertaine.

Le fait d’être francophone, selon lui, ne changerait rien à son entrée en politique, si ce n’est que quelques appuis supplémentaires dans la communauté.

« Beaucoup de francophones étaient surpris et contents de voir un francophone se présenter dans un grand centre. C’est un avantage pour moi de parler français et espagnol, mais ce n’est pas une raison pour m’appuyer ou pas », admet le professeur.

Dans sa circonscription, Serge Gingras devra battre son op-posant conservateur Cal Dallas, le nouveau ministre responsable du Secrétariat francophone. « C’est toujours un défi de se présenter contre quelqu’un qui a déjà été élu à l’Assemblée législative, surtout un conservateur », avance-t-il. Ce dernier se dit toutefois prêt à relever le défi.

Des services en français
Celui qui a été l’un des membres fondateurs de l’ACFA régionale de Red Deer affirme qu’il s’est fait de beaux progrès au niveau de l’accessibilité des services en français en Alberta et aimerait consolider ces acquis, voire, les bonifier.

Il souligne toutefois la tendance à desservir les grands centres comme Calgary et Edmonton, et à délaisser les autres régions. « C’est une critique qui se fait depuis longtemps, que ces deux villes soient mieux desservies, premièrement en raison du bassin de population qu’on y retrouve et ensuite par la présence du gouvernement dans ces agglomérations », explique M. Gingras.

Il cite en exemple les services en emploi en français dans la région de Red Deer, qui sont dispensés par l’ACFA. Il mentionne que l’association devient un point central où tout y est traité. « Le gouvernement provincial devrait jouer un plus grand rôle dans l’accès aux services en français qui sont très difficiles à obtenir, voire impossible. Si j’étais député, ce serait déjà une porte d’accès beaucoup plus grande que ce qu’on a présentement, pour la région du moins », laisse savoir l’aspirant député.

Le temps du changement
Unanimement, les deux hommes déplorent ce que Christian Villeneuve qualifie d’arrogan-ce du gouvernement conservateur envers les citoyens-électeurs.

« Les gens votent de moins en moins et sont de moins en moins impliqués dans le système politique parce que beaucoup de politiciens font de la politique dans leur propre intérêt. Le gouvernement n’écoute pas les gens », constate l’avocat.

Pour Serge Gingras, une des raisons qui l’a poussé en politique est justement cette détérioration de la représentation politique. « Avant, on votait pour quelqu’un qui allait représenter les besoins de la communauté devant la législature, maintenant, on élit quelqu’un qui va représenter le gouvernement devant les gens pour leur imposer ses volontés », fait-il observer.

Travailleur du secteur public, M. Gingras avoue que ce genre de comportement est de plus en plus fréquent.

« Je pense que les gens commencent à sentir qu’on a besoin d’un changement en politique, en Alberta », de dire Serge Gingras, confiant.
 

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