Garderies francophones: 303 places à 25 $ la journée

Bonne nouvelle pour quelques centaines de parents francophones : ils ne paieront plus que 25 $ la journée pour les services de garderie en petite enfance à compter du 1er juin. La mesure fait suite à l’annonce du 25 avril du Ministère provincial des services à l’enfance, d’étendre son programme de subventions à 100 établissements supplémentaires, dont neuf francophones. Décryptage.

La presidente de la FPFA Gillian Anderson sur la balancoire pose avec les enfants du CEPP dans le parc de lecole Gabrielle Roy

Des places en garderie à 25 $ la journée, tous les parents en rêvent. Pour Raja Ayouni, mère d’une petite fille de neuf mois, ce serait un gros soulagement. « Je suis dans la phase de recherche d’une garderie à Edmonton, explique-t-elle. Je considère celle de la Cité francophone, Les petits rayons de soleil, mais elle ne fait pas partie du programme et les prix vont passer de 1065 à 1150 dollars en septembre ».

Neuf Centres d’apprentissage et de garde de jeunes enfants, ou Early Learning and Child Care Centres (ELCC) en anglais, la dénomination officielle du gouvernement, pourront bénéficier de la subvention. Parmi eux : le Centre d’expérience préscolaire et parascolaire (CEPP) qui comprend la garderie de l’école Gabrielle-Roy à Edmonton et la garderie de l’école La Mission à St Albert, les trois établissements de la Société Pommes de Reinette Daycare à Calgary, Les petits oursons à St-Paul, et les trois nouvelles garderies des Petits explorateurs à Lloydminster, des Petits boucs à Grande Prairie, et de Red Deer.

Des signes encourageants...

Pour Mireille Péloquin, directrice générale de la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA), la nouvelle marque une intention louable du gouvernement de soutenir la minorité francophone. « Nous avons rencontré le Ministère des services à l’enfance à plusieurs reprises. On les a sensibilisés, on a mis dans leurs mains l’étude du Commissariat aux langues officielles sur l’impact des services de la petite enfance sur la vitalité des communautés francophones. On leur a expliqué que la petite enfance était un moment important dans la vie d’un individu pour transmettre la langue et la culture », détaille-t-elle.

Et le gouvernement a prêté une oreille attentive aux requêtes. En tout, 7200 places seront subventionnées à l’échelle de la province, dont 303 pour des établissements francophones, soit plus de 4% du total. « Quand on pense qu’on est une population de 3 à 4% de francophones en Alberta, on a des raisons d’être contents », fait remarquer Mireille Péloquin. Le gouvernement fédéral a de son côté investi 136 millions de dollars sur trois ans dans ce projet.

La ministre des services à l’enfance, Danielle Larivee, a choisi de répondre au problème de l’accessibilité économique, « ignoré pendant des décennies par les conservateurs ». La responsable souligne le « dynamisme de la communauté franco-albertaine » et estime que l’annonce récente constitue « un gros gain » pour les familles francophones.

La responsable reconnaît par ailleurs l’importance d’avoir accès à un tel service : « La grande majorité du développement cérébral survient avant la maternelle. Les parents francophones savent que ces premières années sont cruciales et façonneront les compétences linguistiques de leurs enfants pour le reste de leur vie ». Elle assure enfin que le gouvernement continuera d’évaluer de nouvelles demandes de subventions dans les centres en français.

Mais la route est encore longue

Malgré tout, certains parents ne sont pas satisfaits. Raja Ayouni est déçue du manque de choix. « Une seule école fait partie du programme subventionné à Edmonton et j’habite trop loin, regrette-t-elle. C’est bien beau de prôner le français, on me dit que je dois apprendre à ma fille à parler le français mais les services ne suivent pas. On entend qu’il y a beaucoup de subventions mais on n’en voit pas les répercussions ».

Mireille Péloquin comprend la déception. « Il n’y a pas assez de garderies francophones, reconnaît-elle. Le besoin actuel est de 1200 places, on n’est même pas à la moitié. On est contents de l’annonce mais ces parents ont raison d’être déçus ». Pour autant, la directrice de la FPFA reste optimiste : « On espère qu’avec le nouveau Plan d’action pour les langues officielles, on va avoir plus d’argent pour d’autres initiatives. On va continuer à travailler sur le dossier », assure-t-elle.

Calgary, heureuse gagnante

Sur les 303 places subventionnées dans les garderies francophones de la province, la Société Pommes de Reinette Daycare à Calgary tire son épingle du jeu avec près d’un tiers d’entre elles. « On est vraiment heureux, exprime Isabelle Leblond, directrice générale. On est fiers d’être reconnus officiellement comme Centres d’apprentissage et de garde de jeunes enfants. Et nous sommes contents de pouvoir offrir ce service aux familles francophones de Calgary ».

La garderie Pommes de Reinette obtient 20 nouvelles places à 25 $, s’ajoutant aux 110 déjà existantes. « Les parents ont eu une belle surprise quand ils ont reçu la nouvelle par courriel », commente Isabelle Leblond. Et pour cause : ils ne paieront plus que 550 $ par mois, contre 1 050 $ en moyenne auparavant.

En ce qui concerne les nouvelles places disponibles, la sélection dépendra du règlement de chaque établissement. « Présentement, on est pleins, informe la directrice de Pommes de Reinette. Pour les nouvelles places, on suivra la procédure de liste d’attente classique ». La priorité est donnée aux enfants d’employés, aux frères et sœurs d’enfants déjà inscrits, puis aux transferts d’enfants d’une installation à l’autre, aux familles francophones, et enfin à toute autre famille.

Ceux qui veulent profiter de ces places à bas tarifs devront s’armer de patience car la liste d’attente ne va faire que s’allonger. « Nous avons déjà une cinquantaine de personnes sur liste d’attente, indique Isabelle Leblond. Et à voir la quantité de courriels et d’appels qui arrivent depuis l’annonce, leur nombre sera doublé, voire triplé d’ici quelques semaines ».

Le financement de ces places à 25 $ par le gouvernement sera effectif pour une période de 3 ans, à compter du 1er juin 2018 et jusqu’au 31 mars 2021. Un renouvellement restera à confirmer.

Nombre de nouvelles places subventionnées dans les Centres d’apprentissage francophones:

  • Red Deer – 12 nouvelles places
  • Lloydminster – 12 nouvelles places
  • CEPP Edmonton – 88 places existantes
  • CEPP St Albert – 16 places existantes
  • Calgary – 110 places existantes + 20 nouvelles
  • Grande Prairie – 24 nouvelles places
  • Saint-Paul –  21 nouvelles places
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