L’organisme Canadian Parents for French (CPF) Alberta vient de fêter ses 40 ans. En tant qu’association à but non lucratif formée de parents, CPF fait la promotion du français auprès de la communauté anglophone et francophile. Un nouveau fonds vient d’être créé par l’organisme, visant à accorder des bourses d’études en français aux jeunes anglophones. Une façon inclusive d’assurer l’avenir de la langue en milieu minoritaire.

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Le 4 avril dernier, le président de l’ACFA, Marc Arnal, a rencontré plusieurs membres de CPF Alberta lors de leur annuel « petit déjeuner avec les MLA ». « L’ACFA est fière de collaborer avec CPF Alberta afin de promouvoir la dualité linguistique en Alberta », a commenté Marc Arnal.

Soutenir l’immersion

Lors de la rencontre, la création d’un fonds visant à soutenir l’apprentissage du français comme langue seconde a été annoncé : « une très bonne nouvelle pour le futur du français dans notre province », juge le président de l’ACFA. Ce fonds permettra d’accorder plusieurs bourses à des étudiants anglophones qui souhaitent poursuivre leurs études dans la langue de Molière.

Doté de 15 000 dollars pour le moment, qui proviennent de la fermeture de trois branches régionales de CPF, le fonds permet de combler un manque. « Les financements sont peu nombreux, confie Michael Tryon, directeur général de CPF Alberta. Nous sommes soutenus pour la plus grosse part par Patrimoine canadien, et nous demandons aussi des contributions de nos membres ». Les parents, les finissants et les organismes devront donc mettre la main à la poche si le fonds souhaite grossir.

Le déjeuner en présence de quelques membres de l’assemblée législative, dont Annie McKitrick, députée à Sherwood Park, tient lieu de rencontre informelle pour les acteurs de l’immersion. « C’est une opportunité pour nous d’avoir une rencontre dans un milieu plus social et donner un message de remerciement pour le soutien reçu, mais aussi faire part de nos défis en immersion française », indique Michael Tryon.

Parmi ces défis, la pénurie d’enseignants figure en tête. Le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023, annoncé le 28 mars, prévoit plus de 30 millions de dollars supplémentaires afin de recruter des professeurs en écoles. « Ça fait longtemps que nous attendons un plan comme ça », commente le responsable. En outre, le Plan accorde 12 millions de dollars de bourses pour les étudiants anglophones qui veulent poursuivre leurs études post-secondaires en français.

Si le fonds vise principalement à soutenir les élèves dans leurs frais scolaires, une partie sera aussi allouée à des projets spéciaux et à la recherche, notamment « pour une étude qui permettra d’évaluer le nombre de professeurs manquant ».

CPF Alberta 40 ansL’inclusion pour l’avenir

Après 40 ans d’engagement, CPF Alberta reconnaît ses alliés. D’après Michael Tryon, l’ACFA a toujours été du côté de l’immersion. « Il y a quelques mois, j’ai revisité des notes sur des réunions d’il y a 40 ans, et j’ai vu qu’une représentante de l’ACFA supportait déjà CPF », atteste-t-il.

Plus récemment, les deux organismes ont travaillé ensemble sur le projet ACCENT, un répertoire d’activités en français à destination des communautés scolaires. « On travaille de plus en plus ensemble ces dernières années, on a un accord pour se soutenir. J’aime la position de Marc Arnal. Nous ne sommes pas en compétition, nous sommes tous là pour supporter la culture et la langue françaises. C’est notre identité nationale », affirme le directeur de CPF Alberta.

Inclure les francophiles est essentiel pour Michael Tryon. « C’est un moyen d’assurer l’avenir du français en milieu minoritaire. La plupart des étudiants dans les programmes en français en Alberta sont des anciens étudiants de l’immersion, c’est le cas pour 60-70% des étudiants au Campus Saint-Jean », souligne-t-il.

Pour Marc Arnal, plusieurs facteurs entrent en jeu dans l’attractivité de l’immersion. « L’immersion permet d’ouvrir des possibilités d’emploi, notamment au gouvernement fédéral, mais aussi dans le privé, comme dans le commerce international. Il y a aussi de plus en plus d’études qui démontrent l’impact positif de l’apprentissage d’une deuxième langue. Le plurilinguisme devient une valeur sociale », analyse-t-il.

De plus, l’immersion est une arme indispensable dans la lutte pour le bilinguisme pour le président de l’ACFA, qui appelle toutefois à plus de concertation : « Le taux de bilinguisme actuel est ridiculement bas. L’immersion est un excellent moyen pour le soutenir. Mais j’aimerais voir plus de collaboration entre les écoles francophones et les écoles d’immersion, notamment sur la disponibilité des produits culturels ».

À cet égard, l’ACFA entreprendra dès l’automne prochain des consultations régionales afin d’explorer les possibilités de collaboration. « Il faut retoucher le système d’éducation pour mieux atteindre les enjeux de la dualité linguistique du Canada », ponctue le responsable.

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