Immigration francophone: Le temps est à l’action

Mercredi 21 mars, 155 personnes se sont rendues à la 12e Journée de réflexion sur l’immigration francophone, organisée par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), à Calgary. Enjeu crucial, le nombre de francophones établis hors Québec demeure décevant. Reportage.

Journee immigration

Le site est perdu au milieu des bâtiments du centre-ville de Calgary, mais l’endroit est bien indiqué et l’ambiance paraît chaleureuse. La FCFA a choisi l’hôtel Westin de Calgary pour organiser l’événement.

En prêtant une oreille attentive, on y discerne vite des accents pluriels et variés. On comprend très vite que chacune des communautés francophones, quelles que soient leurs origines, ne forment ici qu’une seule et même communauté. Ils viennent des quatre coins du pays pour écouter ou se faire entendre. Les absents pourront même profiter d’une retranscription web.

« Une centaine de personnes nous regardent, et pour en intéresser le plus grand nombre nous avons même une traduction en anglais », confie à 9 h du matin Serge Quinty, directeur des communications de la FCFA.

Journee immigration 2En ce début de journée, le ton des intervenants à la tribune est solennel, mais il se détendra au fur et à mesure. Tous écoutent attentivement, et comme il est de coutume de laisser la parole à l’assemblée en fin d’exposé, certains prennent déjà des notes.

À l’ordre du jour, il est question de discuter des enjeux entourant l’intégration et la participation des immigrants francophones à la vie communautaire et citoyenne. « C’est une belle occasion de se parler des défis et de ne pas rester dans l’isolement », nous dira un peu plus tard Jean Johnson, président de la FCFA. Selon lui, cette journée montre une attention grandissante du ministère mais le vrai problème serait ailleurs: « Nous n’avons pas encore trouvé la bonne formule pour augmenter le nombre d’immigrants francophones », révèle-t-il.  

« Avons-nous fini de tourner autour du pot »

Alors que la première cession avant la pause café prend fin, un homme au milieu de l’assemblée prend la parole au micro. Sa voix est imposante et le ton est confiant. Cet homme connu de toute la salle, c’est Marc Arnal, président de l’ACFA. Tel un musicien maîtrisant parfaitement ses notes, il déroule. Il plaide et dénonce. « Depuis 2002 nous n’avons pas avancé, la situation démographique est catastrophique ! Avons-nous fini de tourner autour du pot ? Il faut proposer des mesures concrètes », dit-il avant d'enchaîner sur deux exemples. « À l’époque nous avions créé des groupes d’experts et le résultat s'était avéré plus que positif, pourquoi ne pas les reconduire ». M. Arnal poursuit: « Il y a 40 ans, à Dauphin dans le Manitoba, était testé un revenu minimum garanti et les résultats étaient épatants, alors pourquoi ne pas l’essayer aussi » ?

Suite au dialogue pancanadien en 2002, la cible était d’avoir un taux minimum de 4% d’immigrés francophones dans le bassin d’immigrants hors Québec. Un objectif loin d’être atteint en 2018. « Les bottines ne suivent pas les babines comme on dit chez nous », déclare le président de l’ACFA. Selon lui, il y aurait une trop grande timidité du gouvernement à mettre des mesures en place. Convaincu du bénéfice de cette journée de réflexion, il estime tout de même plus urgent de trouver des mesures concrètes afin « de ne plus être dans l’aspect volatile ».

Cependant, Corinne Prince, directrice générale d’IRCC (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada) tient à souligner certains changements, « nous avons procédé à des modifications linguistiques et sur la mobilité francophone au programme Entrée Express ». Selon son collègue Yves Saint Germain, « celles-ci auraient permis de doubler le nombre d’immigrants francophones acceptés, qui serait passé de 2 % à 4 % ».

Journee immigration 3Les nouvelles vieilles mesures

Le ton est donné et les intervenants à la tribune sont désormais prévenus : plus de langue de bois. Les chercheurs, les représentants des organismes communautaires et les officiels du gouvernement se succèdent dans une atmosphère cordiale mais franche. Le gouvernement fédéral et les provinces ont annoncé un nouveau plan fédéral-provincial-territorial pour accroître l’immigration francophone, « mais aucune enveloppe budgétaire supplémentaire n’a été allouée », confie Jean Johnson.  

Pour ceux qui attendaient quelque chose de plus prometteur, il faudra attendre le rendez-vous du mercredi 28 mars. La ministre Mélanie Joly annoncera officiellement le plan d’action.

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