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Vente du patrimoine religieux francophone : la communauté se mobilise

Le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) conviait différents acteurs de la communauté francophone au Campus Saint-Jean, le 21 novembre dernier, pour mettre en lumière la vente prochaine des quatre couvents francophones dans le quartier de Bonnie Doon d’ici trois à cinq ans, dont un qui sera vendu d’ici le printemps prochain.

Le CDÉA venait proposer une solution alternative aux membres présents : un projet de coopérative.

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), la Fédération des ainés franco-albertains (FAFA), le Réseau santé albertain (RSA) et le Centre d’accueil et d’établissement du Nord de l’Alberta (CAÉ) assistaient à la conférence donnée par la directrice du développement du groupe de ressources techniques, Sosaco, Sylvie Naud, une spécialiste de la coopérative au Québec.


L’agent de développement du CDÉA, Patrice Gauthier, invitait la communauté à réagir et à s’exprimer sur l’option mise de l’avant par Mme Naud. « Le projet n’est pas décidé d’avance et on veut mobiliser les joueurs pour s’assurer qu’ils prennent conscience de la problématique et qu’ils évaluent bien les alternatives », affirme M. Gauthier.

Un besoin criant
La FAFA a démontré un intérêt marqué pour l’option d’habitation coopérative présentée par Mme Naud. « Notre nouveau club culturel des ainées Urugwiro, formé tout récemment par les dames rwandaises, veut explorer la coop pour ainés pour pallier aux manques de ressources financières des ainés de leur communauté qui n’ont pas cotisé au gouvernement pour avoir droit aux prestations supplémentaires. Il va falloir un tiers, un support de la communauté, envers eux », explique la présidente de la FAFA, Simone Demers.

Devant un tel engouement, des organismes présents face à ce projet, le directeur général du CAÉ, Georges Bahaya, sans contester pour autant, a cru pertinent de mettre en garde contre le revers de la médaille d’une coopérative d’habitation, ayant lui-même vécu dans l’une d’elles, selon ses dires.

Il soulève également la possibilité d’une coopérative d’habitation pour les groupes immigrants, afin d’amortir le choc culturel de ces derniers et faciliter leur intégration avec la société d’accueil.

Cependant, Sylvie Naud préconise la mixité sociale, dans de tels cas, assurant que l’expérience avait préalablement été tentée à Sherbrooke, au Québec, où une coopérative d’habitation pour Colombiens y avait été mise en place. « Ces situations sont délicates et elles créées d’autres difficultés. Cela créé des ghettos et beaucoup de familles sont parties de la coop parce qu’elles n’arrivaient pas à tisser des liens et s’intégrer dans la communauté d’accueil », assure-t-elle.

Circonstances opportunes
Voilà maintenant quelques mois que Patrice Gauthier travaille à faire venir Sylvie Naud afin qu’elle partage son expertise et offre des formations un peu partout en province sur le mouvement coopératif, extrêmement populaire au Québec. Cette dernière a également participé à un panel sur l’entreprise coopérative durant les Rendez-vous économiques du CDÉA les 18 et 19 novembre derniers à Edmonton.

« À ce moment, on ne connaissait pas l’histoire de la vente du patrimoine religieux francophone. Il y a vraiment un ensemble d’opportunités et tout converge. Il y a plein de coïncidences, c’est vraiment impressionnant », fait remarquer Patrice Gauthier.

La FAFA a pris en charge de rédiger une lettre d’appui aux communautés religieuses afin de leur laisser savoir que la communauté francophone était intéressée à transformer ces bâtisses en projet coopératif pour la collectivité. « C’est pour que ça reste dans la communauté. Si le gouvernement prend soin de ça, ça ne prend pas longtemps avant qu’on ne parle plus le français dans ces immeubles », laisse entendre Simone Demers.

Cette dernière ajoute qu’un lien fort existe déjà entre les ainés et les communautés religieuses francophones. « Lorsque nous avons des activités, comme Plaisir d’apprendre ou encore les Jeux Franco+, les gens de Calgary et des régions qui viennent à Edmonton demeurent dans ces immeubles. Je ne voudrais pas les voir disparaitre du paysage », s’exclame-t-elle.

« Pour l’instant, nous en sommes à l’étape de la concertation afin de savoir si nous avons besoin de développer une coop dans la communauté. La réponse a été plus que claire. Tout le monde qui était ici va retourner dans leurs conseils d’administration respectifs pour proposer l’alternative. Ensuite, on engagera des actions concrètes », indique Patrice Gauthier.

 

 

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