Imprimer cette page

Collégial francophone au Canada : une éducation en mouvement

Les participants à une table ronde lors du congrès du RCCFC.Le Réseau des cégeps et des collèges francophones du Canada (RCCFC) tenait son 16e congrès annuel, sous le thème le rôle du collège comme agent de développement de sa communauté, du 3 au 5 novembre derniers, à Edmonton.

Cette année, les organisateurs ont mis sur pied une nouvelle formule sous forme de table ronde, plutôt que d’offrir des conférences. Plusieurs membres avaient signifié leur désir de favoriser les échanges lors des congrès, qui regroupent environ une soixantaine de collèges et cégeps à travers le Canada.


Trois grands points ont été abordés durant le congrès, soit : l’apport des collèges au développement économique, au développement culturel et au développement social et communautaire au sein de leur communauté. « Cela représente les trois grands pôles de l’économie, affirme la présidente du RCCFC et directrice du Cégep de Chicoutimi, Ginette Sirois. On a tendance à associer le développement économique à l’aspect financier, mais c’est beaucoup plus que ça. »

La présidente a d’ailleurs tenu à rappeler, lors du discours d’ouverture, qu’en périodes plus austères économiquement, la francophonie et son importance, et donc indirectement ses établissements scolaires, sont remis en questions.

« Les naissances d’institutions scolaires en milieu minoritaire sont parfois difficiles et une fois créées, ce n’est pas fini. Il faut se battre contre des préjugés. On nous pose souvent la question, pourquoi vous êtes-là? Et ça nous permet d’avancer », souligne Mme Sirois.

L’éducation au service des jeunes
Une conférence sur l’entreprenariat conscient ouvrait le congrès en donnant le ton aux discussions qui allaient suivre. Le partenaire et conseiller en entreprenariat conscientisé auprès du ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Rino Levesque, a soutenu que le système d’éducation tel qu’on le connait aujourd’hui continue à former des jeunes au service d’une vision industrielle, qui contribue à accélérer l’épuisement des ressources naturelles sur la planète.

« On ne veut pas juste produire des bons techniciens, mais des gens qui vont vouloir changer le monde », prône-t-il. Selon lui, le système d’éducation actuel se fait complice de la société de consommation et entretient un modèle néfaste pour le développement durable. Il fait état d’une éducation à valeur ajoutée.

Quelques intervenants ont toutefois fait savoir que les jeunes avaient tendance à délaisser les domaines qui sont reconnus pour manquer de responsabilité sociale et s’orienter vers des champs d’études qui favorisent le développement durable.

Un concept qui parle énormément à Leesa Hodgson, directrice de la formation aux entreprises au Cégep du Vieux-Montréal. « Ça me donne des idées où réinvestir les profits que le collège engendre avec la formation aux entreprises et la formation continue pour adultes. Cela pourrait être soit dans la recherche ou dans les projets étudiants qui sont souvent sous-financés », extrapole cette dernière.

Un constat établi par les différents intervenants lors du congrès est l’importance des collèges au niveau de l’éducation continue et l’éducation aux entreprises.

Avec la transformation de l’économie canadienne et la fermeture des usines de productions, de plus en plus de travailleurs doivent se réorienter en fin de carrière et se tournent vers l’éducation collégiale pour faciliter leur réinsertion sur un marché du travail en constant changement. 

Un réseau qui a sa raison d’être
Le directeur général du RCCFC, Laurier Thibault, soutient que le nombre d’inscriptions dans les collèges francophones a augmenté au pays à la suite de la création du réseau en 1995. Un phénomène qu’il dit directement relié aux efforts de l’instance qui œuvre, entre autres, à augmenter l’accessibilité aux collèges, en offrant plus de programmes et surtout plus de diversité dans les champs d’études.

« Si on n’offre pas plus de diversité et que l’on ne facilite pas l’accès aux études en français, le jeune va traverser la rue et aller vers les services anglophones. Les jeunes francophones en milieu minoritaire son bilingues. Donc, l’idée du continuum c’est d’avoir des instances francophones dès la petite enfance jusqu’à l’âge adulte », mentionne M. Thibault.

Les partenariats et échanges de compétences et d’expertises entre les établissements auront grandement contribué à augmenter la compétitivité des collèges francophones sur le marché de l’éducation.

Le congrès avait lieu à Edmonton cette année en raison de l’ouverture du nouveau centre collégial de l’Alberta à La Cité francophone le 4 novembre dernier. Il se tiendra à Montréal l’an prochain.

BDV : La présidente du RCCFC et directrice générale du Cégep de Chicoutimi, Ginette Sirois, la présidente-directrice générale du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, Liane Roy, la rectrice de l’Université de Saint-Boniface au Manitoba, Raymonde Gagné et le sous-ministre adjoint de la division de l’éducation en langue française, de l’éducation autochtone et de la recherche, Raymond Théberge, étaient les intervenants à une table ronde durant le congrès annuel du RCCFC.

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)