Imprimer cette page

Services en français, une politique applaudie, malgré l’attente de concrétisation

En réponse à l’annonce faite le 14 juin par le gouvernement de l’Alberta sur la politique en matière de francophonie, plusieurs organismes et associations communautaires réagissent. L’ACFA de Calgary, la Cité des Rocheuses et la clinique francophone de Calgary saluent tous la nouvelle mais attendent encore plus de la part des responsables politiques.

Fichier 006

Nicole Buret, présidente de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) de Calgary, était sur place lors de l’annonce officielle du gouvernement ce 14 juin à la Government House. « C’était une belle cérémonie, c’est agréable de recevoir ce genre de nouvelles », témoigne-t-elle. Pour tous ceux qui se sont attelés depuis ces vingt dernières années au chantier de la politique de services en français, cette annonce marque sans aucun doute une victoire.

Ce qui intéresse le plus Mme Buret, c’est la mise en place du Conseil consultatif qui se rencontrera d’ici 2018 pour mettre en œuvre la nouvelle politique. « C’est vraiment la charnière qui va faire que la communauté et le gouvernement vont pouvoir mettre en pratique la politique », indique-t-elle.

Considéré comme un « cadre de travail de référence », l’ACFA régionale entend ainsi bien utiliser ce nouvel outil dans l’établissement de services en français, notamment « dans le cadre de la clinique francophone et du développement du centre de santé communautaire », précise la présidente.

Sophie Gentilini, psychotérapeute et coordinatrice des services en français à la clinique, confirme que « ce qui nous manquait, c’était la légitimité. On espère avoir plus de pouvoir sur le politique et plus de visibilité à l’avenir ». D’ici la formation de ce Conseil, il s’agira alors de « sensibiliser la communauté et les députés provinciaux » pour Mme Buret.

Pour Hervé Stéclebout, directeur général de la Cité des Rocheuses, la déclaration du gouvernement est « une initiative encourageante ». Il espère par ailleurs que le Conseil consultatif sera plus inclusif, contrairement aux consultations communautaires de l’an passé qui, selon lui, se composaient d’un panel « très resserré, beaucoup centralisé sur Edmonton », mettant ainsi de côté beaucoup d’organismes et d’associations porte-paroles, « qui se sont sentis exclus ».

D’une politique à une loi

Si la récente annonce du gouvernement est globalement fort appréciée, elle n’en reste pas moins qu’une politique, et non une loi. « En cas de changement de gouvernement, il est facile de changer de politique », met en garde Nicole Buret. Elle reste ainsi à l’affût et recommande de « garder son œil ouvert ». Le directeur de la Cité des Rocheuses appelle également à ce que « ça ne reste pas qu’une politique mais devienne une loi ».

Mme Gentilini, de la clinique francophone, peine à prendre la mesure de l’annonce et espère un suivi « pour concrétiser le symbolique ». Hervé Stéclebout souligne aussi le fait que derrière l’effet d’annonce, « tout ça reste relativement abstrait pour le moment ». En ce qui concerne la Cité, plus de détails sont attendus notamment en vue de l’ouverture d’un centre d’accueil pour les nouveaux arrivants. « Nous espérons que la politique permettra d’éclaircir les besoins ». Pragmatique, M. Stéclebout est dans l’attente de « concret » et relève ainsi que « si les symboles sont importants, les gens sont sensibles aux choses qui impactent leur vie réelle ».

« Si les symboles sont importants, les gens sont sensibles aux choses qui impactent leur vie réelle », Hervé Stéclebout, directeur de la Cité des Rocheuses à Calgary.

 

De gauche a droite - Bob Turner Piquet David Sheppherd Nicole Buret Ricardo Miranda Annie McKitrick Diane Boutin tresoriere Esdras directeur general Leo Piquet dans la Government House

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Éléments similaires (par tag)