Le chanvre industriel, un nouveau filon en Alberta ?

Le gouvernement provincial vient d’annoncer de gros financements afin de soutenir l’Initiative de Transformation du Chanvre pour le Nord de l’Alberta. Un montant de 200 000 dollars sera accordé au Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) afin de réaliser une étude de marché et la ville de Drayton Valley recevra 117 525 dollars pour développer un incubateur d’entreprises dans le secteur du chanvre.

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L’initiative de développement de l’industrie du chanvre a été lancée l’an dernier et se présente comme une grande opportunité de diversification économique pour le nord de la province. Cette région offre de nombreux avantages pour la culture du chanvre, notamment son taux d’ensoleillement record et sa grande superficie.

Il faut préciser d’emblée qu’il s’agit de chanvre industriel et non médical ou récréatif. La fibre de chanvre industriel est utilisée dans de nombreux secteurs pour fabriquer des matériaux comme le papier, le tissu, la corde, ou bien encore des matériaux de construction ou d’intérieurs de voitures et d’avions. Contrairement au cannabis, ces biocomposites ne contiennent qu’une dose infime de THC, la substance à l’origine des effets psychotropes.

Un projet d’envergure

Plusieurs organismes participent à la bonne conduite de cette initiative, entre le CDÉA, InnoTech Alberta, le Northeast Alberta Information HUB, l’Alliance Peace Region Economic Development, Community Futures Lac La Biche, l’Association Smoky Applied Research and Demonstration, Éco-Ouest, et l’Alliance Commerciale Canadienne du Chanvre.

Pour les producteurs agricoles du nord de la province, le chanvre constitue une stratégie de diversification de leurs revenus tandis que les municipalités, elles, veulent créer plus d’opportunités de développement économique.

C’est à cet égard que la ville de Drayton Valley recevra 117 52 dollars : « ces fonds permettront de comprendre ce qui se passe dans le marché, de créer des incubateurs d’entreprises, et éventuellement de faire en sorte que les fibres produites se retrouvent dans ces nouvelles entreprises pour être transformées à d’autres fins », précise François Catellier, consultant à Éco-Ouest, un organisme qui vise à encourager les municipalités de l’ouest du pays à « écologiser leurs économies ».

Quant au gouvernement de l’Alberta, sa participation financière s’inscrit dans le cadre de son programme CARES (Community and Regional Economic Support), qui aide les communautés rurales à créer des emplois et faire prospérer les économies locales.

Une initiative en deux temps

La première partie du projet consiste à analyser le marché du chanvre dans la région. « Nous avons déjà commencé à identifier plusieurs industries intéressées par les produits : l’industrie automobile, la construction, et l’aviation », indique M. Catellier. Cette étude s’étalera sur 16 mois et permettra d’identifier les potentiels d’investissements.

Puis, dans les 8 mois qui suivront l’étude de marché, les partenaires rencontreront les industriels des secteurs-clés en s’appuyant sur des échantillons produits par l’usine pilote de décortication de Vegreville. L’objectif sera d’établir des accords commerciaux qui permettront par la suite de justifier l’ouverture de nouvelles usines de décortication dans le nord de la province. « L’idée, c’est d’étendre le modèle de Vegreville dans des régions comme Grande Prairie, Saint-Paul, ou Bonnyville », indique le consultant. Cette usine est d’ailleurs capable de faire les « ajustements techniques nécessaires afin de rencontrer les besoins des acheteurs », d’après lui.

Il sera ensuite question d’identifier les sites possibles pour l’ouverture de ces usines. Ingénieurs et experts environnementaux seront à pied d’œuvre afin d’estimer les coûts de production. « Il faudra ensuite créer un plan d’affaires solide pour attirer des entreprises du secteur privé qui voudront aller de l’avant avec ce projet », souligne le consultant.

Une deuxième vague de financement issu du programme CARES pourrait venir soutenir cette initiative et pourrait même se voir complété par des subventions fédérales.

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